FICHES DESSINS ANIMÉS | Terra REPORTER
Capitaine Flam | Terra REPORTER

Le Tour du monde en quatre-vingts jours (La Vuelta al Mundo de Willy Fog) est une série télévisée d'animation nippo-espagnole en 26 épisodes de 24 minutes, créée en 1981 par Claudio Biern Boyd d'après le roman éponyme de Jules Verne. En France, la série a été diffusée à partir d'août 1983 sur Antenne 2 dans l'émission Récré A2 et rediffusée en 2005 et en 2007 sur France 5 dans l'émission Midi les Zouzous .

12

SEPTEMBRE

1984

CAPITAINE FLAM : DEUXIÈME PARTIE

PROCHAINEMENT UN NOUVEAU DESSIN-ANIMÉ 

A son arrivée le 12 septembre, ce dessin animé apporte fraicheur et renouveau. Si nous jouons les zappeurs, il est d’ailleurs possible que nous ayons découvert, deux petites heures auparavant, un feuilleton au concept similaire dans Vitamine : l’adaptation d’une œuvre classique avec des animaux anthropomorphes dans les rôle-titre. Ce n’est pas vraiment un hasard : I.D.D.H. est le fournisseur de ces deux nouveautés.


Nous sommes en présence d’un roman écrit par une fierté nationale, Jule Verne, et dont la trame est connue de tous. Nous avons pu voir d’autres interprétations, comme par exemple dans Récré A2 un an plus tôt, ou même sur FR3 fin 1980. Qu’a donc cette production pour tant nous plaire ? Premièrement, elle parvient à se situer à un niveau de narration qui fait qu’elle peut être suivie par des enfants de maturité différente, de 8 à 12 ans. Ce n’est pas une parodie comme la version australienne par exemple. Ensuite, elle tranche par le design des personnages et les décors sont soignés au point d’arriver à nous faire voyager par l’image. Enfin, le générique est très réussi, tant au niveau musical que pour le choix de l’interprète : la voix de Michel BAROUILLE est parfaite pour illustrer le positivisme qui se dégage de l’ensemble de l’œuvre.

Avec des ouvrages comme le canal de Suez et développement des nouvelles technologies, la face du monde a changé en 1887 ! Convaincu par les performances des trains et des bateaux à vapeur, le sage Phileas Fogg parie la moitié de sa fortune qu’il peut faire le tour du monde en 80 jours. Parmi tenu par les membres de son très sélect Reform Club… mais l’un d’entre eux, Sullivan, entend bien forcer le destin : il envoi son homme de main Transfert pour saboter le voyage. Accompagné par son nouveau majordome Passe-Partout et du fidèle Tico, Fogg quitte l’Angleterre, au moment où la Banque de Londres est dévalisée par un forban lui ressemblant étrangement… Fix et Bully de Scotland Yard n’auront de cesse de traquer le milliardaire au fil de son périple. Rendez-vous étant donné le 21 décembre à 20 heures…

  1. Le pari

  2. Le départ

  3. Un voyage plein d'imprévus

  4. Le passeport volé

  5. Le fantôme

  6. L'incident dans la pagode

  7. L'express de Calcutta

  8. La jungle

  9. Au secours de la princesse

  10. Un cadeau inattendu

  11. Le chapeau melon

  12. Tempête en mer de Chine

  13. Le piège

  14. Direction Yokohama

  15. Le cirque

  16. Fête à Hawaii

  17. Voyage en ballon

  18. Le chemin de fer du pacifique

  19. Les buffles

  20. Une décision risquée

  21. Un train très spécial

  22. Le traîneau

  23. Destination New York alias Destination Liverpool

  24. Mutinerie en pleine mer

  25. L'arrestation

  26. La décision finale

  

En voiture, en ballon, à dos d’éléphant, Fogg échappe toujours à ses poursuivants, et trouve l’amour avec la belle Romi qu’il sauve d’un bûcher en Inde. Une odyssée humaine qui trouve une solution à chaque mésaventure, un optimisme qui répond parfaitement à la fascination de Jules Verne pour les conséquences de la révolution industrielle. Fidèle, la conclusion reste un modeste du « twist final » : croyant avoir échoué une fois de retour à Londres, Fogg et ses amis découvrent en fait que, avec le jeu des décalages horaires, ils ont 24 heures d’avance…

Non contente d’être une adaptation véritablement fidèle du chef-d’œuvre de Jule Verne, cette série passionnante est aussi une référence de l’anthropomorphisme qui fit la gloire de Walt Disney. L’incarnation très symbolique des personnages par des animaux permet d’aborder nombre de sujets tout en les dédramatisant, l’adaptation intelligente profitant parfaitement de cette candeur particulièrement attachante pour tous les publics. Un succès qui repose sur un binôme espagnol et japonais parfaitement rodé à cet exercice : le réalisateur Fumio Kurokawa (Princesse Sarah, Le livre de la Jungle…) et le scénariste Claudio Biern Boyd (Sandokan, David le Gnome) ont déjà trouvé un accord exemplaire pour une autre perle du genre, Les trois Mousquetaires… Rappelons que sa « suite » diffusée en 2006, mais produite en Espagne en 1993, n’a aucun rapport ! De son vrai nom Willy Fogg 2, la supposée séquelle est en un fait une adaptation très libre de 20 000 lieues sous les mers et de Voyage au centre de la Terre…

L'œuvre est d'abord parue en feuilleton dans Le Temps du 6 novembre au 22 décembre 1872, puis reprise en volume l'année suivante chez Hetzel à Paris.


Londres, 2 octobre 1872. Comme tous les jours, Phileas Fogg se rend au Reform Club. En feuilletant le journal, il apprend qu'il est possible d'accomplir le tour du monde en quatre-vingts jours. En effet, un article du Morning-Chronicle affirme qu’avec l’ouverture d’une nouvelle section de chemin de fer en Inde, il est désormais possible de faire le tour de la Terre en quatre-vingts jours.


Une vive discussion s'engage à propos de cet article. Phileas Fogg parie 20 000 livres, la moitié de sa fortune, avec ses collègues du Reform Club qu'il réussira à achever ce tour du monde en quatre-vingts jours. Il part immédiatement, emmenant avec lui Jean Passepartout, son nouveau valet de chambre, un jeune Français débrouillard. Il quitte Londres à 20 h 45 le 2 octobre et doit donc être de retour à son club au plus tard à la même heure, quatre-vingts jours après, soit le 21 décembre 1872 à 20 h 45, heure locale.


Phileas Fogg est un maniaque de l'heure, qui aime agir de façon exacte et précise. Pour lui, « l'imprévu n'existe pas ». Mais le voyage va être semé d’embûches et de contretemps.


Le pari et le départ de Fogg font la une des journaux. La police se demande si Phileas Fogg est le fameux voleur qui vient de dévaliser la Banque d'Angleterre et qui chercherait à s'échapper. L'inspecteur Fix part à sa recherche et ne cessera de le poursuivre dans tous les pays traversés.


Phileas Fogg et Passepartout partent de Londres en train et utilisent ensuite différents moyens de transport, comme l'éléphant, une fois arrivés en Inde. En chemin, à travers les forêts indiennes, ils sauvent Mrs. Aouda, une jeune veuve qui devait être brûlée vive comme le veut la coutume de la sati, au cours d'une cérémonie dédiée à la déesse Kali.


À Hong Kong, Fogg manque le paquebot mais Passepartout embarque à son bord. Ils finissent par se retrouver quelques jours plus tard au Japon, à Yokohama, dans un cirque où Passepartout s'était engagé comme acrobate.


Lorsque Phileas Fogg arrive à San Francisco, il tombe en pleine effervescence électorale, se fait un ennemi, le colonel Stamp W. Proctor, prend le train, y retrouve le colonel avec lequel il s'apprête à se battre en duel, lorsque le train est attaqué par les Sioux. Passepartout réussit à stopper le train emballé (les mécaniciens ayant été neutralisés par les assaillants) mais est fait prisonnier. Fogg réussit cependant à le libérer, aidé par quelques autres passagers. Hélas, entre-temps, le train a quitté la gare. Fogg, Passepartout, Fix et Mrs. Aouda retiennent les services d'un traîneau à voile qui les conduit à toute vitesse, sur les étendues glacées, jusqu'à Omaha. De là, le groupe prend le train jusqu'à Chicago, puis New York d'où, malheureusement, le paquebot pour Liverpool vient à peine de partir.


Pressé par le temps, Phileas Fogg « emprunte » un bateau à vapeur pour arriver à temps en Angleterre du nord (le capitaine ne voulant pas le conduire à Liverpool, Phileas Fogg a acheté l'équipage). À court de charbon, Fogg achète le bâtiment et les matelots démontent tout ce qui est en bois pour l'utiliser comme combustible. Mais dès que Fogg débarque en Angleterre, Fix l’arrête, avant de le relâcher lorsqu'il découvre son erreur, le véritable voleur ayant été arrêté entre-temps. Ayant raté le train pour Londres, Fogg réquisitionne une locomotive et s'y fait conduire, mais y arrive cinq minutes trop tard. Pensant avoir perdu son pari, Phileas Fogg rentre chez lui, désormais ruiné. Le lendemain, lui et Mrs. Aouda se déclarent leur amour ; Fogg envoie alors son domestique prévenir le révérend pour que son mariage avec Mrs. Aouda ait lieu le lendemain. C'est chez le révérend que Passepartout se rend compte qu’ils ont en fait gagné vingt-quatre heures dans leur périple, en accumulant les décalages horaires ; ce qui fait qu'ils sont arrivés un jour en avance et qu'on est bien le 21 décembre. Il accourt prévenir son maître, qui se rend à toute vitesse au Reform Club et gagne finalement, de quelques secondes, son pari grâce à ce dernier imprévu.


L'idée d'un voyage autour du monde en temps limité s'inscrit fortement dans le contexte de l'époque et était déjà populaire avant la publication du livre en 1872. Même le titre Le Tour du monde en quatre-vingts jours n'est pas l'invention de Jules Verne. Plusieurs sources ont été évoquées au fil des études sur le livre :


Giovanni Francesco Gemelli Careri a rédigé un Giro Del Mondo en 1699, à l'issue de son tour du monde.


Le voyageur grec Pausanias (iie siècle apr. J.-C.) est l'auteur d'un récit traduit en français en 1797 sous le titre Voyage autour du monde.


Jacques Arago, ami de l'écrivain, écrivit un Voyage autour du monde en 1853.


En 1872, Thomas Cook organisa le premier voyage touristique autour du monde, qui dura sept mois à partir du 20 septembre 1872. Le voyage fut l'objet d'une série de lettres publiées en 1873 : Letter from the sea and from foreign lands : descriptive of a tour round the world. Des études ont montré les points communs entre les deux récits, même si le voyage de Thomas Cook semble trop tardif pour avoir réellement influencé le romancier.


L'un des autres possibles inspirateurs du récit est l'homme d'affaires et voyageur américain George Francis Train., qui effectua quatre tours du monde, dont un en quatre-vingts jours en 1870. Tout comme le héros du roman, il loua un train entier et fut emprisonné. En 1890, il déclara ainsi lors d'une conférence : « J'ai fait quatre fois le tour du monde. Je suis le roi, l'argonaute du voyage rapide. Je suis le Phileas Fogg de Jules Verne : j'ai accompli le tour en quatre-vingts jours deux ans avant qu'il n'invente un héros réussissant cet exploit. »


Le premier tour du monde en moins de quatre-vingts jours est cependant postérieur au roman et est issu d'un concours entre deux journalistes (MM. Lucien Leroy et Henri Papillaud) lancé en 1889 : l'américaine Elizabeth Bisland boucle son tour du monde en soixante-treize jours, alors que Nellie Bly, autre américaine, porte le record à soixante-douze jours6. Cette dernière le raconte dans son livre Around the world in seventy-two days (Le tour du monde en soixante-douze jours) et Jules Verne la rencontre au cours de ce voyage en 1890. La même année, George Francis Train abaisse le record à soixante-sept jours.


Sur l'approche originale et argumentée d'un géographe universitaire suggérant une possible influence littéraire de L'Itinéraire de Paris à Jérusalem de Chateaubriand pour la construction psychologique du personnage de Phileas Fogg, lire Patrick Bilon, Chroniques du troisième monde - Tome 2 : Le retour de Dionysos. L'Itinéraire retrace le voyage en Orient du mémorialiste et de son domestique, Julien Potelin, en 1811 : « Pour nous résumer, alors que François-René de Chateaubriand suggéra à Jules Verne le caractère généreux d'un Phileas philobate, Julien Potelin lui inspira, selon moi, la part maniaco-dépressive d'un Fogg ocnophile. Il ne s'agissait pas là, dans cette singulière fusion, de partager le sceptre, mais de réunir les spectres, de fondre des caractères aussi dissemblables dans une seule chimère et de léguer à la postérité un extraordinaire Janus littéraire ».


Certaines péripéties trouvent aussi leur source dans le contexte de l'époque : voir plus bas, Edgar Poe aurait inspiré l'épisode final du « jour supplémentaire ». L'épisode du navire à vapeur Henrietta, qui brûle ses mâts et ses planches, faute de charbon, a un précédent réel : le navire Sirius avait fait de même en 1838, dans la course pour la première traversée de l'Atlantique entièrement à la vapeur.

  

Bernard Tiphaine : Philéas Fogg

Patrick Préjean : Passe Partout

Gérard Hernandez : Tico, Bully

Céline Monsarrat : Romi

Jacques Marin : Fix

Serge Lhorca : Transfert

Pierre Trabaud : Général Corne

Maurice Sarfati : John Sullivan

Claude DASSET : Voix off des titres

Ainsi que diverses voix additionnelles :

Jane Val

Albert Augier

Jacques Torrens

Georges Atlas

Au cours de ce voyage, Phileas Fogg et Passepartout vont employer « tous les moyens de transport, paquebots, railways, voitures, yachts, bâtiments de commerce, traîneaux, éléphant. »



Mais finalement, s'ils parviennent à tenir leur pari, c'est parce qu'en voyageant vers l'Est, ils ont gagné un jour sur leur calendrier, sans s'en apercevoir.



Dans sa relation de voyage sur la découverte de la Terre Adélie, le 20 janvier 1840, Dumont d'Urville avait également oublié de rajouter un jour en passant le méridien 180° par l'Est et antidata d'un jour les événements qui suivirent, ce qui inspira peut-être Jules Verne.



Edgar Poe avait déjà tiré parti de cette situation dans une nouvelle intitulée La Semaine de trois dimanches. Jules Verne la cite dans une communication sur le thème des méridiens et du calendrier, publiée en avril 1873 par la Société de géographie de Paris. La question était de savoir où se situait la ligne de changement de date, le méridien où, d'un côté, nous sommes aujourd'hui et, de l'autre, encore hier.



Au xxe siècle, l'écrivain italien Umberto Eco a également utilisé cette curiosité dans son roman L'Île du jour d'avant. Ce roman raconte l'histoire d'un homme qui fait naufrage sur une île du Pacifique située à la longitude exacte qui sépare hier d'aujourd'hui sur la Terre.

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