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LA SEMAINE LA CINQ

La Cinq était une chaîne de télévision en France qui était diffusée sur le canal 5 du 20 février 1986 au 12 avril 1992. Elle était la première chaîne privée et gratuite en France. Elle est aussi la deuxième chaîne de télévision à mourir en direct, 5 ans plus tard après TV6.

ÉDITION

2021

Source :

DIVERS AUTEURS

SEMAINE SERIES AB PRODUCTIONS

LES GENERIQUES CULTES

IL ETAIT UNE FOIS... LA 5 : PREMIÈRE PARTIE

En 1985, à un peu plus d'un an des élections législatives, le Parti socialiste redoute un échec et souhaite alors créer un espace nouveau, hors du domaine institutionnel de la télévision publique, susceptible de toucher un large public (contrairement à la chaîne privée à péage Canal+ cryptée) et de constituer un relais d'opinion à ses idées s'il venait à retourner dans l'opposition.


Le président de la République, François Mitterrand, lance alors le 16 janvier, lors d'un entretien télévisé, l'idée d'« un espace de liberté supplémentaire » et demande au gouvernement de Laurent Fabius d'étudier le projet. L'avocat Jean-Denis Bredin, chargé par le premier ministre de rédiger un rapport sur l'ouverture de « l'espace télévisuel à la télévision privée », le lui remet le 20 mai. Il préconise la création de deux chaînes nationales privées en clair financées par la publicité et dont les fréquences seront concédées par l'État conformément à l'article 79 de la loi du 29 juillet 1982 sur la Communication audiovisuelle. Le 31 juillet, Georges Fillioud, secrétaire d’État français chargé des Techniques de la communication, présente en Conseil des ministres une communication sur le développement de l’audiovisuel. Il y annonce un projet de loi définissant la création d'ici le printemps 1986 de deux nouvelles chaînes de télévision privées à diffusion nationale, l'une généraliste, l'autre à vocation musicale, ainsi que des chaînes de télévision locales, au capital desquelles se retrouveraient groupes de presse, sociétés de production et publicitaires. Un appel à candidature est lancé pour lequel postule de façon officieuse la CLT qui cherche à implanter RTL Télévision sur le territoire français. Le groupe Fininvest du magnat italien de la télévision commerciale Silvio Berlusconi y voit l'occasion de s'étendre en Europe afin d'offrir son catalogue de programmes très fourni. Silvio Berlusconi s'associe début novembre 1985 au groupe Chargeurs réunis de Jérôme Seydoux et à Christophe Riboud pour créer la société France 5 qui présente un projet de télévision commerciale pour l'obtention d'une concession sur le nouveau cinquième réseau hertzien. Berlusconi fait alors jouer ses relations politiques au plus haut niveau, dont celle du président socialiste du Conseil italien, Bettino Craxi, qui se charge de le recommander chaudement à François Mitterrand.


Au même moment, le gouvernement engage une bataille avec l'opposition à l'Assemblée nationale pour obtenir un amendement de la loi sur les télévisions privées permettant la libre installation d'émetteurs par TDF en haut de la Tour Eiffel sans avoir à obtenir l'autorisation de la ville de Paris, propriétaire du monument et dont le maire n'est autre que le président du RPR, Jacques Chirac. L'amendement Tour Eiffel est finalement voté par les députés de la majorité le 15 novembre 1985.


Le 20 novembre 1985, le gouvernement accorde une concession de service public de 18 ans à la société France 5 pour l'exploitation du cinquième réseau hertzien de télévision à diffusion nationale, malgré la désapprobation de certains ministres et conseillers du président français militant pour un programme culturel et de la Haute Autorité de la communication audiovisuelle qui n'approuve pas le cahier des charges de la chaîne mais n'a aucun pouvoir pour le modifier. Il accorde également une publicité à volonté et une protection contre la concurrence. Jérôme Seydoux et Silvio Berlusconi présentent les orientations et le style des émissions de la future cinquième chaîne de télévision lors d'une conférence de presse le 22 novembre 1985. À ses détracteurs qui l’accusent de vouloir fabriquer une télé « Coca-Cola », Silvio Berlusconi, qui bâtit les programmes de la Cinq à partir de ses catalogues, promet une télé plutôt « beaujolais » avec « champagne le samedi », ainsi que des stars de la télévision ou du cinéma qui ont la faveur du public.


Décidée à contrecarrer ce projet de nouvelles chaînes de télévision dont elle a cerné les enjeux politiques, l'opposition de droite fait annuler l'amendement Tour Eiffel par le Conseil constitutionnel le 13 décembre 1985, obligeant le gouvernement à passer en force via un nouveau projet de loi définitivement voté le 21 décembre par le Parlement. Le 31 décembre 1985, la société France 5 a été constituée sous la forme anonyme avec siège à Paris. Le 16 janvier 1986, la CLT dépose en vain un recours en annulation de l'accord de concession devant le Conseil d’État et n'obtient du gouvernement qu'un droit à utiliser l'un des deux canaux encore libres du futur satellite TDF 1. Le 20 janvier 1986, Silvio Berlusconi présente les programmes de sa future chaîne commerciale, officiellement baptisée La Cinq, petite sœur dérivée du Canale 5 italien, aux journalistes, industriels et publicitaires afin de convaincre ces derniers d'acheter du temps d'antenne publicitaire pour financer la chaîne. Le lendemain, les forces de l'ordre sont obligées d'intervenir pour permettre aux techniciens de TDF de venir installer les émetteurs de La Cinq en haut de la Tour Eiffel, à la suite du refus de la ville de Paris qui invoque des problèmes de sécurité.


Mi-février, le capital de la société France 5 créée pour gérer La Cinq (50 millions de francs) est bouclé, dont 40% sont détenus par la Fininvest (Berlusconi), et 60% par la S.E.P.C. (participations françaises). Après trois mois d'hostilités18 et un mois d'essais techniques, La Cinq peut enfin commencer à émettre le jeudi 20 février 1986 à 20 h 30 dans le cadre de l’émission de présentation de la chaîne Voilà la Cinq enregistrée dans les studios milanais du groupe Mediaset de Berlusconi. Jusqu’à minuit, Christian Morin, Roger Zabel, Amanda Lear, Élisabeth Tordjman et Alain Gillot-Pétré reçoivent les grandes vedettes de la variété française (Johnny Hallyday, Serge Gainsbourg, Mireille Mathieu, Charles Aznavour) et internationales, comme Ornella Muti, invitées par Silvio Berlusconi à parrainer un show dont les effets n’ont rien à envier aux divertissements de TF1 ou d’Antenne 2. Les premières semaines de programmes sont alors constituées de jeux et de shows (Pentathlon, C’est beau la vie, Cherchez la femme), mais aussi de quelques magazines comme Jonathan  et Mode, etc ("Nonsolomoda"), adaptés des formats à succès de Canale 5, la chaîne italienne de Silvio Berlusconi. Nouveauté dans le paysage audiovisuel français, les programmes sont rediffusés toutes les quatre à cinq heures et sont entrecoupés de plusieurs pages de publicité (jusqu’à trois au sein d’un même programme). Les premiers animateurs, qui gagnent quatre fois plus qu'en France, sont pour grande partie des transfuges de TF1 (Christian Morin) ou d'Antenne 2 (Alain Gillot-Pétré, Roger Zabel et Élisabeth Tordjman), ou encore des transfuges des chaînes italiennes de Berlusconi (Amanda Lear). La chaîne se dote également de speakerines pour présenter les programmes.


Dès février 1986, les séries télévisées américaines occupent toute la grille de la journée et de la seconde partie de soirée. Toutes ces séries sont issues du catalogue de la Fininvest. Certaines ne sont pas inconnues des téléspectateurs, car déjà diffusées dans les années 1960 et 1970 mais dont les droits ont été abandonnés ou raflés aux autres chaînes françaises : Arnold et Willy, Happy Days, Mission impossible, Star Trek, Shérif, fais-moi peur ou Wonder Woman. D'autres sont encore inconnues du public français, et doublées pour la circonstance comme La Cinquième Dimension. En 1985, TF1 s'intéresse à cette nouvelle série alors qu'elle n'a pas encore été diffusée par CBS. Cependant, aucun des responsables des achats de TF1 ne considère sérieusement qu'une jeune chaîne privée encore inexistante, puisse entrer en concurrence avec eux. C'est ainsi que la première chaîne rate cette acquisition au profit de La Cinq. Juste avant le film de 20 h 30, la case stratégique de 19 h 30 est occupée chaque jour de la semaine par l'émission À fond la caisse dans laquelle est diffusée une série à chaque fois visant un public jeune : Supercopter le lundi, K2000 le mardi, Riptide le mercredi, CHiPs le jeudi et Tonnerre mécanique le vendredi.


Alors que les trois chaînes françaises du moment ne diffusaient que rarement des films, La Cinq diffusera dès son ouverture plusieurs fois par semaine un film à gros budget à 20 h 30. Parmi les premiers films diffusés la première semaine figurent L'Africain (premier film, diffusé le dimanche 23 février 1986 à 20h30), La Fièvre du samedi soir (diffusé le lundi 24 février 1986 à 20h30) et La Féline (diffusé le mardi 25 février 1986 à 20h30). Les films représentent la plus forte audience de la chaîne31. Les professionnels du cinéma, invoquant un risque de baisse de fréquentation des salles, critiquent vigoureusement le fait que le cahier des charges de La Cinq l'autorise à diffuser des films deux ans après leur sortie en salles, contre trois pour les autres chaînes (excepté Canal Plus).


À la suite des élections législatives de mars 1986, la droite revient au pouvoir. Jacques Chirac, devenu Premier ministre, demande à son ministre de la Communication, François Léotard, de mettre en œuvre la politique audiovisuelle du gouvernement : privatisation de TF1 (FR3 était initialement prévue) et annulation des concessions des deux nouvelles chaînes privées, La Cinq et TV6, trop rapidement attribuées sur pression de l'Élysée sans réel appel d'offres. Par le décret no 86-901 du 30 juillet 1986, le gouvernement de Jacques Chirac décide de réattribuer cette chaîne avant la fin de sa concession.


Afin de ne pas laisser un écran noir, La Cinq est autorisée à continuer à émettre mais doit immédiatement cesser de diffuser des films de cinéma. Dès le dimanche 20 avril, un téléfilm remplace le film prévu, et les films programmés ultérieurement voient leur case réattribuée à des séries ou téléfilms. Pour palier ce manque de longs-métrages, la chaîne achète des mini-séries de prestige. En avril 1986, RTL Télévision récupère les droits de la série Dynastie pour la France et les transfère à FR3, afin d'empêcher le magnat des médias italien Silvio Berlusconi de diffuser la série sur La Cinq. En décembre de la même année, La Cinq est autorisée, de nouveau, à diffuser des films de cinéma : le premier sera Les Blues Brothers.


À la suite d'un recours de TV6, ce décret est annulé par arrêté du Conseil d'État le 2 février 1987, car le ministre n'a pas respecté l'échéance légale de la concession d'un an. Toutefois, la Commission nationale de la communication et des libertés (CNCL), qui a remplacé la Haute Autorité de la communication audiovisuelle depuis le 30 septembre 1986, fixe le 15 janvier 1987 les obligations générales et particulières des « télévisions hertziennes nationales privées en clair » par les décisions no 87-1 et 87-2. Le 2 février 1987, le décret no 87-50 résilie le contrat de concession de la cinquième chaîne qui s'achève le 28 février 1987 à minuit et ouvre par la même occasion l'appel à candidature pour la réattribution du réseau. Toutefois, pour éviter l'écran noir, la CNCL invite la Cinq et TV6 à poursuivre leur programmes le temps de réattribuer les 2 réseaux.

  

PENTATHLON

Jeu télévisée créé par Mike Bongiorno

Nombre de saison 01 – 20 émissions

Présentation : Roger ZABEL, Elisabeth TORDJMAN, José Luis MORENO

Lieu de tournage : Italie

Première : 21 février 1986

Dernière : 18 juin 1986


Dans le générique d'ouverture, sous le logo du programme on peut lire « le spectacle de l'information », car toutes les questions, sont axées sur l'actualité de la semaine précédant l'enregistrement de l'émission. Les questions se basent sur une bonne connaissance des journaux et de l'actualité, et non sur une bonne culture encyclopédique. Le titre de l'émission fait référence au pentathlon olympique. Ici, chacune des cinq épreuves, est introduite par le tintement des trompettes olympiques. Les épreuves s'inspirent de jeux télévisés diffusés aux États-Unis à l'époque. On note aussi la participation du ventriloque italien José Luis Moreno également présent dans la version italienne.


Chaque jeu implique toujours 3 candidats, chacun d'eux choisit le thème des questions. Les 5 jeux dont s'inspire Pentathlon sont les suivants :


La Roue de la fortune ou Roue de la chance (Wheel of Fortune) :

C'est la première épreuve qui est intégrée à Pentathlon (Mike Bongiorno le producteur italien voulait acheter le format en Italie dès 1985, mais les exigences exorbitantes des concepteurs américains ont, pour une question de droits, réduit le jeu à une simple épreuve). Les candidats doivent trouver un titre qui a un rapport avec l'actualité de la semaine précédente. Le déroulement du jeu est relativement identique à la version que nous connaissons : on tourne la grande roue (qui apparaît de façon spectaculaire du sol ), divisée en segments représentants des sommes d'argent différentes. La case banqueroute est ici remplacée par la case patatrac. Le gagnant est celui qui remporte le plus de bonnes réponses. Tous les concurrents conservent leurs gains.


Le jeu des opinions ou L'opinion des Français :

La deuxième épreuve est inspirée par le programme américain Family Feud (Une famille en or) il concerne l'opinion des Français. Cette épreuve se base sur les résultats d'enquêtes réalisées auprès de la population. Le déroulement du jeu est identique à la version que nous connaissons : la tâche des candidats est d'identifier les 6 réponses qui ont le pourcentage le plus élevé. À la fin des trois manches du jeu des opinions, le candidat qui a la plus petite cagnotte est éliminé et remporte un prix de consolation.


Le jeu des 20 secondes :

Pendant que Roger Zabel interview une star du show-biz en compagnie de la marionnette-corbeau Rockfeller; la troisième épreuve voit s'affronter le candidat éliminé précédemment, et un candidat tiré au sort dans le public. Tous deux s'affrontent pour trouver les réponses les plus fréquemment données par les français sondés afin de gagner une voiture Peugeot.


Les dés sont jetés :

La quatrième épreuve pour les deux candidats toujours dans la course est le jeu de dés, qui a également été inspiré par un format américain. Une planche va spectaculairement apparaître des coulisses. Avant de commencer le jeu, le tableau électronique distribue aléatoirement les chiffres de 1 à 9 sur une grille 3x3. Puis Roger Zabel pose des questions d'actualité. Chaque fois qu'un candidat répond correctement, ou que son adversaire donne une mauvaise réponse, il doit décider s'il faut lancer les dés ou les la main à son adversaire. Celui qui lance les dés doit obtenir un total, qui permet de supprimer un ou plusieurs numéros inscrits sur la grille de départ. S'il réussit, on passe à une autre question, sinon il perd la manche et son adversaire gagne de l'argent. Le concurrent qui efface une colonne entière de 3 numéros de la grille gagne une partie de l'argent accumulé par son adversaire. À terme de l'épreuve, le candidat qui a la cagnotte la plus importante accède à la dernière épreuve.


Le doublé gagnant ou Coup double :

C'est la cinquième et dernière épreuve. Si le candidat choisit un questionnaire de culture générale, il s'assoit dans une cabine, Roger Zabel lit à haute voix 5 questions sur un thème de culture générale, après quoi, le candidat ouvre une enveloppe, qui contient le texte des questions, il a 30 secondes pour les relire, puis il doit refermer l'enveloppe et commencer à répondre en 1 minute à chaque question. Si le candidat choisit de faire confiance au hasard, il joue au jeu de dés, sans avoir à répondre à des questions, mais il doit arriver à effacer tous les chiffres de la grille grâce aux totaux obtenus par le lancer de dés. Au terme de cette dernière épreuve, si le candidat est déclaré gagnant, il remporte une forte somme d’argent ; s'il perd il a la possibilité de récupérer le double de la cagnotte de son adversaire précédemment éliminé. S'il perd à nouveau, il pourra participer d'office à l'émission de la semaine suivante.


Lors de la grande finale de l'émission le vainqueur et le second ont tous les deux gagnés une maison.

CHERCHEZ LA FEMME

CHERCHEZ LA FEMME

Jeu télévisée créé par Fatma RUFFINI

Nombre de saison 01

Présentation : Amanda LEAR et Christian MORIN

Lieu de tournage : Italie

Première : 22 février 1986

Dernière : 20 juin 1986


Le titre de l'émission fait référence à l'expression française « Cherchez la femme » qui sous-entend que l'homme se comporte d'une façon inexplicable parce qu'il essaie de dissimuler une aventure avec une femme, ou essaie d'impressionner ou de gagner les faveurs d'une femme.


L'expression vient du roman Les Mohicans de Paris de 1854 par Alexandre Dumas (père). La première utilisation dans le roman est :


« Cherchez la femme, pardieu ! Cherchez la femme ! »


La phrase est répétée à plusieurs reprises dans le roman. Dumas a également utilisé l'expression dans son adaptation théâtrale de 1864, où on peut lire :


« Il y a une femme dans toutes les affaires ; aussitôt qu'on me fait un rapport, je dis : « Cherchez la femme ! » »


L'expression correspond à un cliché de la littérature de gare policière : quel que soit le problème, une femme en est souvent la cause. Elle en est venue à désigner aussi les explications qui donnent automatiquement la même cause à tous les problèmes, quels qu'en soient les aspects spécifiques.


D'autres y voient une référence à la revue de Coccinelle, une femme trans française. Sur les planches de l'Olympia en 1963 - 1964, sa revue se nommait Chercher la Femme. Ce rapprochement appuie les rumeurs de la transidentité d'Amanda Lear.


L'émission Cherchez la femme est adaptée du concept italien W le donne, présenté par Amanda Lear et Andrea Giordana, et diffusé du 19 octobre 1984 au 25 mai 1986 sur Canale 5, puis Rete 4.


Pour les textes des deux présentateurs de la version française, on fera appel aux auteurs Didier Kaminka, et Pierre Aknine. Les reportages et caméras cachées seront tournés par Sygma télévision. Cependant en France, le divertissement sera un échec d'audience pour la chaîne qui retirera le jeu 4 mois plus tard, le 20 juin 1986.

Charlotte Gainsbourg, Eddy Mitchell, et Charlotte de Turckheim étaient les premiers invités vedettes de l'émission française. Au fil des semaines, d'autres artistes ont participé à cette émission comme : Jeanne Mas, Carlos, Sylvie Vartan, Mireille Mathieu, Thierry Lhermitte, Serge Gainsbourg, Herbert Léonard.


Quatre candidates vont tenter de séduire le public en utilisant l'improvisation et le charme sur le plateau, et au cours de caméras cachées. Finalement, ce n'est pas forcément la plus belle qui remportera la partie, mais celle qui aura su séduire les spectateurs. La gagnante élue femme de la semaine, remporte un manteau de fourrure et un voyage aux Maldives. Le générique de fin est la chanson Les femmes, interprétée par Amanda Lear ; adapté du générique de fin italien : Women.

C’EST BEAU LA VIE

Jeu télévisée créé par Mark GOODSON

Nombre de saison 01 – 90 émissions

Présentation : Alaint Gillot-Pétré

Lieu de tournage : Italie

Première : 21 février 1986

Dernière : 26 juin 1986


Une famille en or est une adaptation du concept des émissions américaines Family Feud et Family Fortunes (en). En France, le jeu arrive en deux temps. Tout d'abord sur La Cinq, sous le titre C'est beau la vie, adapté de la première version italienne C'est la vie (en français dans le texte) apparue un an plus tôt sur Canale 5. Cette première version sera diffusée tous les soirs à 19 h 30, du 21 février au 26 juin 1986.


« Deux équipes, face à face. Les candidats doivent donner leur opinion, sur des questions posées dans la rue à des français dans le but de se rapprocher le plus de l'opinion des français sondés. »


La notion de famille est absente. L'émission sera cependant un échec d'audience.


Le producteur Talbot Telegame (FremantleMedia) revoit sa copie et une nouvelle adaptation du jeu est confiée à Jacques Antoine, le créateur français de jeux à succès comme La Tête et les Jambes, La Chasse aux trésors ou Fort Boyard. L'émission revient sur TF1 sous le titre Une Famille en or dès le 9 juillet 1990 à 18 h 20. TF1 relance le jeu dans le but de concurrencer Questions pour un champion, lancé deux ans plus tôt. Il s'agit du même concept original, si ce n'est que la chaine réintroduit le thème de la famille. Le jeu est d'abord présenté par Patrick Roy et rassemble vite près de 7 000 000 de fidèles.

COLLARICOCOSHOW

Création : Stéphane COLLARO

Nombre de saison 01 – 20 émissions

Durée 60 Minutes

Première : 20 septembre 1987

Dernière : 26 janvier 1988


Cette émission, adaptée du Benny Hill's Show, était la suite de l'émission Cocoricocoboy (1984-1987) diffusée sur TF1 jusqu'en juin 1987 quand toute l'équipe part sur La Cinq à l'invitation de Robert Hersant.


Elle était présentée par Stéphane Collaro avec les Coco-girls (Nathy Tardivel, Fenella Masse Mathews, Fabienne, ....), Philippe Bruneau, Jean Roucas, Alain Scoff, Claire Nadeau, Jacques Brière, Pit et Rik, Baaron, Bernard Hommel, Carole Jacquinot, Rita Brantalou, Henry Blondin, ...


L'invité de l'émission participait systématiquement à un sketch. On retrouvait les mêmes sketchs que dans Cocoricocoboy comme le docteur Cynoque et madame Foldingue. Toutes les émissions comportaient un sketch parodiant la campagne de la Cinq invitant les téléspectateurs ne recevant pas la chaîne à appeler son standard.


L'émission n'a jamais trouvé son public, car les téléspectateurs n'ont pas suivi l'équipe de TF1 à la Cinq. De plus, le bassin de réception de la chaîne était peu développé : l'humour de l'émission, adapté à l'access prime-time de TF1 consacré à la détente, ne l'était pas au public des grandes villes qui captait majoritairement la chaîne, et ne permettait donc pas de rivaliser avec les programmes concurrents diffusés à 20 h 30. Conscient de cet échec, Hersant ne poursuit pas l'aventure et Stéphane Collaro et son équipe reviennent sur TF1 en 1988 avec Le Bébête show et Coco Paradise.


Paris Première rediffusa en 2006 du lundi au vendredi à 19 h 50 les meilleures séquences de cette émission et de Cocoricocoboy dans le cadre du Collaricocoboyrococoshow.


N'ayant pu emmener sur la Cinq les marionnettes du Bébête show, propriétés de TF1, Stéphane Collaro s'est adressé au caricaturiste Jean-Jacques Loup pour dessiner une nouvelle série de personnages, et à Michel Soubeyrand pour les réaliser. Les marionnettes étaient appelées Les Vingt corruptibles2 et présentaient la vie politique en parodiant Les Incorruptibles, très à la mode à l'époque, à la suite du triomphe du film de Brian de Palma.


Kermitterrand, Black Jack, Marchie, Rocroa, Barzy, Valy, Pas-de-quoi, et Pencassine sont par conséquent remplacés par Papi Mitt, Jack Cherokee, Joe Marchy, Michael Rocky-Hard, Ray Barbatif, Oncle Valy, Charles Pasquoi, et Killer Le Pen. Du fait du peu d'audience de l'émission, ces marionnettes ne connurent pas le même succès que celles du "Bébête show".

LA PORTE MAGIQUE

LA PORTE MAGIQUE

Autre titre : ALI BABA

Création : Richard S KLINE

Présentation Michel ROBBE

Nombre de saison 01

Première diffusion : 14 septembre 1987

Dernière : 12 novembre 1988


La Porte magique est adaptée du format américain Break the Bank, créé par Ralph Andrews, présenté par Tom Kennedy et diffusé du 12 avril 1976 au 23 juillet 1976 sur ABC, puis du 18 septembre 1976 au 11 septembre 1977 en syndication.


Le jeu fait son retour présenté par Gene Rayburn et diffusé du 16 septembre 1985 au 23 mai 1986 en syndication. C'est cette dernière version de Break the Bank qui est adaptée en France.


La première partie du jeu voyait s'affronter deux équipes, chacune composée de deux candidats. L'animateur posait des questions devant faire trouver six réponses, chaque réponse étant un mot. À chaque mot trouvé, des secondes étaient gagnées, pouvant être utilisées dans la seconde partie du jeu. La totalité des six mots conduisait alors à trouver l'énigme. L'équipe trouvant deux énigmes remportait la partie (qui pouvait donc se dérouler en trois manches) et pouvait continuer le jeu, forte des secondes accumulées.


La deuxième partie du jeu commençait alors. Après l'ouverture de la porte magique, l'équipe gagnante trouvait derrière celle-ci un décor composé de multiples épreuves, chaque épreuve permettant de gagner le lot associé. Lors de l'évolution du jeu, un bonus temps fut ajouté : les candidats devaient alors presser un buzzer lorsque le signal retentissait pendant le jeu, pour gagner des secondes supplémentaires. Chaque épreuve remportée, en plus du cadeau, donnait droit à une carte numérotée. Après comptage des lots remportés, se déroulait la troisième et dernière partie, devant le coffre-fort.


Les candidats pouvaient alors introduire une à une les cartes remportées, l'une des cartes ayant en elle le code magique, permettant de remporter le gros lot de 50 000 francs.


L'animateur, durant cette dernière étape, pouvait proposer de racheter une ou plusieurs cartes contre de l'argent : les candidats avaient ainsi le choix entre un gain assuré mais plus faible (de l'ordre de 500 à 2 000 francs) et la possibilité de tenter le gros lot.


Une déclinaison de l'émission fut créée : En route pour l'aventure, diffusée à partir du 2 novembre 1988 le mercredi, animée également par Michel Robbe, les candidats étant des enfants, sponsorisée par la marque de jus de fruits Banga (le générique reprenant le thème musical de la publicité)


À partir du 14 novembre 1988, La Porte Magique fait peau-neuve et devient Ali Baba afin de donner un nouveau souffle au jeu et de réduire les coûts de productions de celui-ci. Le concept reste inchangé, le décor est inspiré des mille et une nuits, Michel Robbe est alors accompagné d'une présentatrice dont le pseudonyme est Harmony. L'émission est sponsorisée par les tapis Saint-Maclou.


Puis en 1989, le jeu disparaît de la grille des programmes. La case horaire revient à des séries américaines.


Les émissions étaient enregistrées aux studios VCF, sis à Boulogne-Billancourt, quartier du Point-du-Jour. Puis à la SFP aux studios des Buttes-Chaumont.

DIMANCHE : LA CINQ DEUXIEME PARTIE

La Cinq de Robert Hersant (1987-1990)

Le premier candidat sur les rangs pour répondre à l'appel à candidature de la CNCL est le groupe Socpresse (Le Figaro, France-Soir) de Robert Hersant qui, avec l'appui du gouvernement, cherche à s'implanter dans la télévision. Il s'allie aux anciens propriétaires de la chaîne, Silvio Berlusconi et Jérôme Seydoux, pour constituer dès le 10 février la Société d'exploitation de La Cinq, qui souhaite créer une chaîne pluraliste et informative. Les seuls concurrents sérieux lors de cet appel d'offres sont le groupe Occidentale media TV mené par Jimmy Goldsmith qui souhaite former une chaîne populaire, généraliste et familiale, et la CLT, qui renonce finalement à sa candidature sur ce réseau après avoir obtenu l'assurance du gouvernement de récupérer la sixième chaîne. Hachette, qui concourt pour le rachat de TF1 en cours de privatisation, ne présente aucun projet.


Le 23 février 1987, la CNCL attribue pour dix ans la concession de service public sur le cinquième réseau hertzien national à la société d'exploitation de La Cinq. Robert Hersant entre alors au capital de La Cinq en tant qu'opérateur principal de la chaîne et nomme Philippe Ramond directeur général. Les deux hommes misent sur l’information et engagent au printemps 1987 Patrice Duhamel comme directeur de l’information, le chargeant de constituer une rédaction placée sous l'autorité de Jacques Hébert. Cette toute nouvelle rédaction s’installe au 241, boulevard Pereire à Paris, dans un ancien garage Renault devenu le siège de la chaîne. Autour de figures déjà connues des téléspectateurs, comme Jean-Claude Bourret ou Marie-France Cubadda venus de TF1, une équipe de jeunes journalistes va s’efforcer de créer chaque jour, à partir du 14 septembre 1987, cinq éditions du journal télévisé au ton résolument direct et novateur.


Les programmes jeunesse :

Dès le 7 mars 1987, la grille des programmes s'étoffera, en diffusant tous les jours de nouveaux dessins animés japonais inédits en matinée et fin d’après-midi : Princesse Sarah, King Arthur, Robotech, Cathy la petite fermière.


Les séries :

En avril 1987, les droits de la série Dallas sont acquis par La Cinq, Silvio Berlusconi proposant de payer 600 000 francs par épisode, au lieu de 280 000 francs pour TF1.


Les animateurs :

Dans sa volonté de s’affirmer comme une grande chaîne généraliste, la nouvelle Cinq débauche aussi les trois animateurs à succès de TF1 en cours de privatisation (Patrick Sébastien, Patrick Sabatier et Stéphane Collaro). Elle s’assure également les services de Philippe Bouvard (animateur d’une émission très populaire sur RTL, les Grosses Têtes, collaborateur de longue date du groupe Hersant) et de Michel Robbe (animateur sur TF1 de La Roue de la fortune). Afin de capter un public jeune et urbain, La Cinq ouvre son antenne à de nouveaux visages : Childéric Muller, venu de TV6 est responsable de divertissements « Pop », et Thierry Ardisson, qui lance ses interviews décalées dans Bain de Minuit.


À la rentrée 1987, la France se couvre d’affiches où les nouveaux animateurs, en photo, invitent le public à venir sur la chaîne, sous le slogan de « Cinq You La Cinq ! » (jeu de mots avec « Thank You La Cinq ! »).


Cependant, en cette période, la chaîne ne peut être reçue que sur une partie restreinte du territoire, surtout dans les villes, alors que les programmes de divertissement proposés correspondent à ce que l'on appelle pudiquement la « France profonde ». Par ailleurs, les nouvelles chaînes diffusent sur une variante plus moderne du SÉCAM compatible avec le télétexte, l'image apparaissant en noir et blanc sur des postes un peu anciens, ce qui nécessite une antenne large bande pour être captées.


Les animateurs-producteurs achetés à prix d'or (un budget de 3 millions de francs par émission, pour Collaro, 4 millions de francs environ pour Sébastien) ne suffiront pas à faire décoller l'audience et attirer les publicitaires. La chaîne est donc contrainte de revoir sa grille, et de baisser ses dépenses (150 millions de francs par mois) d'un tiers.


L'information :

L'apparition du satellite et la musique du générique des journaux télévisés, Ainsi parlait Zarathoustra, a été choisie par Robert Hersant lui-même. Quant aux incrustations illustrant les sujets de reportage et le décor sur fond de régie, bleutée ou fond noir, le journal permanent (idée importée du Japon) ils sont dus à Christian Guy, ancien journaliste, rédacteur en chef et producteur du journal de La Cinq.


Chaque journal télévisé fait appel au vote du public via un "téléquestionnaire", une méthode astucieuse pour habituer le téléspectateur à utiliser son Minitel, puis participer à des jeux et faire gagner de l'argent à la chaîne.


En octobre 1987, Marie-France Cubbada impute la faible audience du 20h aux techniciens de TDF qui freineraient l'extension du 5ème réseau. D'autres journalistes considérant que Boulevard Bouvard diffusé en access prime-time n'est pas une bonne locomotive pour le JT.


Les séries françaises produites :

La pauvreté de certaines séries françaises diffusées à l'époque sur La Cinq pour respecter ses obligations en termes de quotas de production française, tard le soir ou la nuit, comme Voisin, voisine, diffusée dès le 19 septembre 1988, a inspiré à Tonino Benacquista son roman Saga. Une autre série, également créée afin de satisfaire aux exigences légales susdites, était Tendresse et Passion. Diffusée à partir du 6 mars 1989, cette série placée dans le milieu hospitalier, mettait en vedette Pascale Roberts. Diffusés en matinée, dès 1991, les épisodes des deux séries rempliront ensuite les nuits, après Cas de divorce, le Journal de la Nuit et Le Club du Télé-Achat.


Le bilan des audiences :

Les émissions d'information de La Cinq rencontrent un certain succès, que ce soient l'édition de Jean-Claude Bourret dès 12 h 30, qui donne la parole aux téléspectateurs via un sondage par Minitel en fin de journal, ou remet le débat à l'honneur dans son Duel sur la Cinq d'avant journal, ou le Journal de 20 heures de Guillaume Durand, couronné par un 7 d'or du "Meilleur présentateur du journal télévisé" en 1989, l'émission de grand reportage de Patrick de Carolis Reporters, ou Childéric, l'émission musicale de Childéric Muller. A contrario, les autres émissions de la chaîne, y compris celles présentées par Patrick Sabatier, Stéphane Collaro ou Patrick Sébastien, ne réalisent pas l'audience escomptée et stagnent autour de 5 %. Les animateurs vedettes finissent par regagner TF1 courant 1988.


À la suite de ses bonnes audiences lors de la couverture de la révolution roumaine de 1989 et de la chute du mur de Berlin, La Cinq lance à partir du 5 février 1990 Le Turbo sur l'info. Le magazine Reporters est diffusé tous les jours à 19 h et le Journal est avancé à 19h45. La Cinq va innover et vivra alors deux années axées sur l'information, le sport (Paris-Dakar) et les films issus du catalogue Berlusconi, dont de nombreuses séries B à petit budget classées comme des téléfilms (« La Cinq, tous les soirs un film ! »), et des séries américaines.


Polémiques, amendes et mises en demeure

Définition d'un film : la CNCL veut traduire en justice La Cinq, après qu'elle a diffusé un samedi soir - le 30 avril 1988 - le long-métrage Commando Léopard. Ce film n'étant jamais sorti sur les écrans français, la chaîne considère qu'il ne peut être assimilé à la définition d'un film. La Cinq attaque la CNCL devant le Conseil d'Etat.

Nombre de films par semaine : après avoir obligé La Cinq à cesser de diffuser 4 films de cinéma par semaine, la CNCL refuse l'un des principaux slogans de la chaîne, La Cinq, tous les soirs un film, car les films diffusés les mercredi, vendredi et samedi sont, en raison de la législation, des téléfilms. Il fut retoqué et devint « Cinéma ou télévision, La Cinq, tous les soirs, un film ». Le 10 février 1989, le Conseil d'État inflige à la chaîne une amende de 12,17 millions de francs pour non-respect des quotas de diffusion d’œuvres audiovisuelles françaises et d'origine communautaire en 1988.

Dépassement de la durée de la publicité : la CNCL saisit le Conseil d'État car La Cinq a dépassé la limite maximum d'interruption dans un film et la durée autorisée des spots publicitaires. En conséquence, tout nouveau dépassement sera soumis à une astreinte financière de 6 000 francs par seconde.

Films érotiques : le 21 juillet 1988, le Conseil d'État ordonne à La Cinq de déprogrammer le film érotique Joy et Joan, initialement prévu à 20h30, pour le diffuser à 22h30 à la suite des protestations de Catherine Tasca et Jack Lang, ce qui n'empêchera par la chaîne de diffuser L'amant de Lady Chatterley, un autre film érotique, à 20h30 le 6 octobre 1988, ce qui permettra à la chaîne de faire 13 % d'audience, le meilleur score de toute son histoire.

Film colorisé : en 1986, Turner Entertainment acquiert les droits de Quand la ville dort, à la suite du rachat du studio Metro-Goldwyn-Mayer et de son catalogue. Turner Entertainment décide de coloriser le film et conclut un accord avec la chaîne française La Cinq afin de diffuser cette version colorisée. Les héritiers de John Huston s'y opposent, intentant un procès contre l'exploitation de cette version, mais sont déboutés aux États-Unis. Le 12 juin 1988, la Société des réalisateurs français proteste contre la diffusion du film, prévue le 26 juin 1988. Le 23 novembre 1988, Quand la ville dort est interdit de diffusion en France. Mais, le 6 juillet 1989, La Cinq gagne en appel, et diffuse le film le 6 août 1989 (le lendemain de l'anniversaire de la mort de Marilyn Monroe). Finalement, le 28 mai 1991, la cour de cassation casse et annule l'arrêt rendu le 6 juillet 1989, et donne raison aux héritiers du cinéaste, arguant que cette transformation de l'œuvre ne peut se faire, au nom du droit moral, sans l'accord de l'artiste ou de ses ayants droit. Finalement, la chaîne diffusera les deux versions le même soir, colorisée et originelle en noir et blanc, avec pour slogan "Quand la ville dort... et rêve en couleurs".

Le 4 octobre 1989, le Conseil supérieur de l'audiovisuel déplore la diffusion d'un reportage sur le "Prince noir du périphérique" dans l'émission Reporters les 29 et 30 septembre 1989.

Dépassement de diffusion de films : le 24 novembre 1989, la chaîne est mise en demeure par le CSA, La Cinq ayant dépassé le plafond de 104 diffusions d'œuvres cinématographiques entre 20h30 et 22h30 pour l'année 1989. Ne pouvant plus diffuser de films jusqu'au 31 décembre 1989, elle rediffuse les mini-séries V et V, la Bataille finale à partir du 25 novembre 1989 en prime time.

Horaire des programmes violents : le 21 décembre 1989, le CSA condamne La Cinq a une amende de 5 millions de francs pour avoir diffusé un épisode du Voyageur le 27 juin 1989 à 16 h 30 et le téléfilm Les Voix de la nuit, le 10 juillet 1989 à 20 h 30, les deux programmes étant trop violents pour être diffusés avant 22h30. Le Conseil d’État annule la condamnation pour l'épisode "Vidéomania", mais la confirme pour Les Voix de la nuit, en réduisant l'amende à 3 millions de francs. Le groupe Hersant met "au placard" son stock de programmes américains acquis par les Italiens, jugés "trop hard" (basés sur le sexe et la violence), et se charge d'acheter directement des téléfilms plus politiquement corrects. Conséquence : le public est moins présent.

Ouverture de deux informations judiciaires après deux enquêtes de la Cinq : Le Canard enchaîné met en cause des journalistes du magazine Reporters, ayant filmé des scènes de tabassage réalisées par le groupe extrémiste Tagar diffusées le 18 mai 199089, ainsi que l'agression de Karim Diallo à Paris90,91 par les Jeunesses nationalistes révolutionnaires le 22 avril 1990, sans avoir porté secours aux victimes.

La Cinq version Hachette (1990-1992)

Sous le poids des dettes accumulées depuis 1987 causées par l'échec d'une grande partie des programmes créés, Robert Hersant reproche à Berlusconi de vendre ses fictions américaines trop cher. Ce dernier désapprouve la trop grande place qu'Hersant accorde à l'information, la jugeant coûteuse et non rentable. Hersant, après une bataille judiciaire, se rend compte que le poids des dettes de la Cinq menace d’écraser son groupe de presse ; il cède alors sa part dans La Cinq au groupe Hachette alors dirigé par Jean-Luc Lagardère, candidat malheureux au rachat de TF1 en 1987 et qui rêve d'acquérir une chaîne de télévision nationale. À la faveur d'une augmentation de capital, Hachette augmente sa participation dans la Cinq de 22 à 25 % tandis qu'Hersant la réduit de 25 à 10 %. Le 23 octobre 1990, le Conseil supérieur de l'audiovisuel accorde la chaîne à Hachette, qui promet de « sauver La Cinq ».


L'année 1991 commence avec la guerre du Golfe, permettant aux journaux télévisés d'atteindre plus de 9 % de parts de marché.


Hachette va tout changer en commençant par l'identité de la chaîne. Jean-Luc Lagardère donne carte blanche à son directeur des programmes, Pascal Josèphe, qu'il vient de débaucher d'Antenne 2, pour lancer de nouvelles émissions concoctées par Hachette et qui doivent faire de La Cinq une grande chaîne familiale généraliste capable de concurrencer TF1. En fait, la chaîne est aussi dans l'obligation de produire des émissions nouvelles parce que le stock de séries américaines se raréfie. A partir d'avril 1991, Pascal Josèphe met à l'antenne la grille d'access prime time qu'il destinait à Antenne 2 et qu'il a remaniée.


Au lieu d'essayer de réduire les frais et de combler le déficit existant, Hachette multiplie les dépenses (nouvel habillage, réfection de tous les locaux, création de trop nombreux nouveaux programmes). La Cinq s'est complètement transformée. Pascal Josèphe souhaite miser sur le public féminin et sur la famille100. Guillaume Durand est remplacé au 20h afin de débloquer l'audience101. La place consacrée à l'information est amoindrie. Patrice Duhamel donne consignes aux journalistes de réduire les sujets et reportages consacrés à l'international au profit des sujets nationaux.


22 nouveaux programmes sont donc mis à l'antenne dès avril 1991, mais ils s'arrêtent tous au bout de quelques semaines ou quelques mois, sans parvenir à augmenter significativement les parts de marché à l'exception des sports mécaniques, avec 40 % de parts de marché, pour la Formule 1 arrachée à TF1, le Paris-Dakar, le Grand Prix de Pau, les Soirées Walt Disney cinéma du mardi soir, la série Mystères à Twin Peaks, et l'information, qui ont du succès. La Cinq ne progresse qu'en milieu urbain.


Non seulement ses nouveaux programmes n'attirent pas de nouveaux téléspectateurs, mais ces bouleversements déboussolent quelque peu certains fidèles, à tel point que la chaîne reprogramme la série Kojak pour sauver l'acces prime time.


L'audience reste stable et la chaîne reste la troisième chaîne nationale en termes d'audience ; cependant, si l'on considère que de nouveaux émetteurs diffusent alors le programme de La Cinq, on peut considérer que l'audience s'est tassée à cette époque. Elle se situe en l'occurrence aux alentours de 11 à 14 %. De plus, Lagardère ne réussit pas à assouplir les contraintes que le gouvernement impose par voie réglementaire, si bien qu'il reste soumis au bon vouloir du pouvoir politique.


Un an après sa reprise par Hachette, le déficit annuel de la chaîne s'élève à 1,1 milliard de francs, les pertes cumulées depuis la création de la chaîne s'élevant à 3,5 milliards de francs. Le 17 décembre 1991, son PDG, Yves Sabouret, doit alors se contraindre à licencier 576 salariés, soit les trois quarts du personnel de la chaîne. Le soir de l'annonce, Béatrice Schönberg et Gilles Schneider annoncent le triste événement dans leur Journal de 20 heures, dont l'ancien générique historique (la Terre, le satellite, la musique de Ainsi parlait Zarathoustra et l'ancien logo) fut diffusé à la fin. Quelques jours plus tard, interviewé par Jean-Claude Bourret lors du Journal de 20 heures, le PDG s'entendra répondre par le présentateur que l'action entreprise « ressemble à une écurie de course de Formule 1 qui vendrait les pneus pour acheter l'essence ». À l'écran, le logo « 5 » est affiché en noir pendant 24 heures tandis qu'une banderole indiquant que « la 5 ne sera pas le Matra-Racing » est brandie dans les locaux de la rédaction. Les drapeaux de la chaîne, qui arboraient le nouveau logo sur l'immeuble du boulevard Pereire, sont arrachés par le personnel. Le 31 décembre 1991, La Cinq dépose le bilan. Elle est déclarée en cessation de paiement le 2 janvier 1992 et placée en redressement judiciaire le 3 janvier.


Disparition de la chaîne (1992)

Le 3 janvier 1992, l'association de défense de La Cinq est créée par Jean-Claude Bourret.


Le 16, Silvio Berlusconi propose un plan de sauvetage de La Cinq, mais le retire le 24 mars à cause des pressions du gouvernement, de l'influence de certains hommes politiques, et de l'hostilité des autres chaînes privées (TF1, Canal+ et M6) montées en coalition, qui proposent de créer ensemble une chaîne d'information qui prendrait la place de La Cinq. L'objectif est double : chasser Silvio Berlusconi de France et faire en sorte qu'aucune chaîne commerciale ne renaisse sur le cinquième réseau. Ce projet n'est pas accepté, mais la coalition l'emporte tout de même.


Le tribunal de commerce de Paris prononce la liquidation judiciaire le 3 avril 1992, et La Cinq cesse d'émettre le dimanche 12 avril 1992 à minuit. Le 23 avril, l'État préempte le cinquième réseau hertzien pour y installer Arte, qui y est diffusé en soirée dès le 28 septembre 1992, rejoint en journée par La Cinquième (devenue France 5 en janvier 2002) à partir du 13 décembre 1994, rendant un retour de La Cinq impossible sous son ancienne forme.


Le groupe Hachette indemnisera AB productions (Animage) à hauteur de 41 millions de francs.


Le 20 février 2016, La Cinq fête ses 30 années de lancement et pour l'occasion, sur internet, plusieurs articles sont consacrés à la chaîne. Parmi ces articles, des extraits d'émissions ou encore la vidéo de la fin de La Cinq où il y a l'éclipse.


Le retour de la chaîne: Télé 55

Jusqu'en 1997, l'association de défense de La Cinq (actuellement TV Liberté) laissait un petit espoir de revoir renaître la chaîne soit sur le câble, soit à partir d'une diffusion depuis la principauté d'Andorre, mais ce ne fut pas le cas. Ensuite, le président Jean-Claude Bourret a semblé abandonner en attendant de prendre la décision finale, mais l'association existe encore.