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LA BIBLE | TR Histoire
Comprendre la Bible| TR Histoire

Le jardin d'Éden (Jardin des délices) est le nom du jardin merveilleux où la Genèse (chapitres 2 et 3) place l'histoire d'Adam et Ève. Il est souvent comparé au Paradis.

ADAM ET ÈVE

LE JARDIN D'EDEN

02

ÉDITION

2020

  

L'origine du terme hébreu : עֵדֶן « Éden » — qui signifie « délice » en hébreu — pourrait être le terme akkadien « edinu », qui lui-même dérive du sumérien « e-din ». Ces deux mots désignent en akkadien « plaine » ou « steppe ».


Or le verbe akkadien namu — qui signifie « qui habite la steppe » — rend très plausible un usage littéraire figuré : l'écriture mésopotamienne du mot recourt à l'association NA-ME « homme-être » ou au signe NAM. Le sens propre de ce signe NAM(-TAR) renvoie « aux destins » qui, selon la mythologie mésopotamienne, sont inscrits par les dieux sur une tablette.


Cependant, la critique moderne pointe le fait que l'emploi de la tournure « à l'orient d'Éden » ou « à l'orient, en Éden » semble privilégier un usage géographique du terme plutôt que métaphorique.

L'HISTOIRE DE LA SECONDE CRÉATION |

L’histoire de la seconde création de la Bible, ou récit du « Jahwiste » (appellation dérivant de l’hébreu Yahvé, nom personnel de Dieu), commence avec la création « d’un homme » (ha-Adam) à partir de la poussière de la terre (ha-adamah). Dans Genèse 1, l’acte de la création de Dieu est décrit en des termes spécifiques à la créativité divine (le verbe intraduisible bara, qui insuffle le pouvoir de « fixer les destinées », est réservé uniquement à l’action de Dieu). En revanche, dans le récit du Jahwiste, le verbe yastar dans « Dieu modela l’homme » (Genèse 2.7) fait aussi l’allusion à un potier modelant un pot avec de la glaise. Dieu crée un jardin, appelé Éden (tirant son origine du mot signifiant « fertilité »), en Orient pour qu’Adam cultive le sol, il lui intime l’ordre formel de ne pas consommer le fruit de l’arbre de la connaissance du bien et du mal. Il s’emploie ensuite à créer une « aide » pour Adam et façonne les animaux que ce dernier nomme. Toutefois, aucun ne s’avère être un partenaire approprié, raison pour laquelle Dieu endort Adam avant de lui extraire une côte dont il fait « une femme ». L’histoire se termine par une défense du mariage monogame (l’homme et la femme sont réunis pour être une seule chair, nus et sans éprouver aucune honte. Toutefois, il est inquiétant de noter que leur nudité (arummim) fait allusion à la ruse (arum) du serpent qui sera présentée au chapitre suivant.

SERMON |

Dieu crée un jardin miraculeusement fertile pour qu’Adam le cultive et une femme pour lui tenir compagnie.

MÉDITER SUR L'HISTOIRE DE LA CRÉATION |

L’histoire tourne autour de la création d’Eve, façonnée à partir d’une côte d’Adam. En fait, elle n’est pas appelée Eve avant Genèse 3.20, elle est désignée Ishshah signifiant « femme », terme qui serait dérivé d’Ish, mot hébreu pour « Homme ». Toutefois, cette étymologie est constée par les études bibliques modernes. Deux noms sont attribués à Adam, chargé de désigner les animaux, exprimant ainsi son autorité au sein de la Création, à l’instar de Dieu qui, en nommant les éléments dans Genèse 1, exerce son autorité sur la création.

CITATION CLEF |

Yahvé Dieu planta un jardin en Eden, à l’Orient, et y mit l’homme qu’il avait modelé. Genèse 2.8

LE FRUIT DÉFENDU |

Adam et Eve sont autorisé à manger tous les fruits des arbres du jardin d’Eden, sauf un. Dieu prévient que s’il consomme le fruit de l’arbre de la connaissance du bien et du mal, il mourra assurément. Le serpent tente Eve pour qu’elle mange le fruit, lui certifiant qu’elle ne mourra pas, mais qu’au contraire, elle deviendra l’égale de Dieu. Elle y goûte et en donne un morceau à Adam. Les effets sont dramatiques. Adam et Eve prennent conscience de leur nudité, se font des habits en feuilles de figuier et se dérobent au regard de Dieu lorsqu’ils L’entendent marcher dans le jardin. Le jugement divin est immédiat et implacable : le serpent est condamné à ramper sur le ventre et à manger la poussière, les femmes sont condamnées à enfanter dans la douleur et à être soumises à leurs maris qui, à leur tour, sont condamnés à effectuer des travaux d’agricoles pénibles. Adam et Eve, privés des fruits de l’arbre de vie leur garantissant l’immortalité, sont bannis du jardin et une épée de feu leur en interdit l’accès. Selon la tradition chrétienne, ce passage est le fondement de la doctrine du péché originel, synonyme d’acte de désobéissance soulignant le caractère tragique de l’existence humaine.

SERMON |

Adam et Eve commentent le péché originel et sont bannis du jardin d’Eden.

MÉDITER LE JARDIN D'EDEN |

Ce passage est très ambigu. Alors que le serpent est généralement identifié comme étant le diable, le texte est énigmatique, faisant allusion à « la plus rusée » de toutes les créatures de Dieu. En outre, le sens de la phrase « connaissance du bien et du mal » est obscur, elle pourrait signifier connaissance de tout, prise de conscience morale ou éveil sexuel. Même si le fruit n’est pas identifié, il est traditionnellement représenté par une pomme, probablement en raison de la similitude en latin entre les mots pomme et diable (mâlum (son long) et malum (son court).

LE JARDIN D'EDEN | SOURCE BIBLIQUE

Les théologiens chrétiens indiquent souvent que ce jardin n'a jamais eu d'existence terrestre propre : en ce sens, le jardin d'Éden, ne peut être qu'une « image du paradis céleste sur Terre ».


Cela n'a pas empêché que quantité d'hypothèses soient avancées, parfois sans beaucoup de rapport (voire aucun) avec le texte biblique.


La plupart situent Éden dans le Moyen-Orient, près de l'ancienne Mésopotamie, même si le Livre de la Genèse ne livre que peu d'informations sur le jardin lui-même.


Éden abritait l'Arbre de la Vie, l'arbre de la connaissance du bien et du mal qui porte des fruits (des « pommes » selon la tradition orale, bien que le mot n'apparaisse à aucun endroit : poma signifie « fruits » de manière générale en latin), ainsi qu'une végétation luxuriante et variée, suffisant à pourvoir aux besoins d'Adam et Ève. Seuls les versets 2:10-14 semblent contenir un indice assez vague quant à la localisation :


« Un fleuve sortait d'Éden pour arroser le jardin, et, de là, il se divisait en quatre bras.


Le nom du premier est Pishôn ; c'est celui qui entoure tout le pays de Havilah, où se trouve l'or.


L'or de ce pays est pur ; on y trouve aussi le bdellium et la pierre d'onyx.


Le nom du second fleuve est Guihôn; c'est celui qui entoure tout le pays de Coush (Éthiopie ? Hindi Kush ?).


Le nom du troisième est Hiddèkel ; c'est celui qui coule à l'orient d'Ashour (l'Assyrie, donc le Tigre). Le quatrième fleuve, c'est l'Euphrate. »


Selon le Texte, le fleuve irrigue Éden puis se divise en quatre branches : Hiddekel, Euphrate, Pishon et Gihon. Si les deux premiers correspondent de l'avis général au Tigre et à l'Euphrate, l'identité des deux autres rivières n'est pas résolue à ce jour. Le jardin d'Éden, réputé proche des sources du Tigre et de l'Euphrate, devrait se situer selon des narrateurs originels établis dans la terre de Canaan (selon la tradition juive, Adam et Ève sont enterrés dans la caverne de Makhpela, à Hébron) dans les monts Taurus, en Anatolie.


Des photos prises par satellite de ces régions montrent deux lits de rivière asséchés dont l'embouchure devait aboutir dans le golfe Persique, où se déversent également le Tigre et l'Euphrate. Toutefois, ce point ne serait que la « bouche » de ces rivières, non leur « source ».

LE JARDIN D'EDEN | LOCALISATION

Liban

Le prophète Ézéchiel mentionne que les arbres dans le jardin d'Éden viennent du Liban (Ez 31,15-18). Basé sur une analyse de ce chapitre, Terje Stordalen a suggéré « une identification apparente de l'Éden et le Liban dans Ézéchiel  » et des relations symboliques entre Éden et le Liban. John Pairman Brown a écrit « il semble que le Liban est un placement alternatif dans le mythe phénicien (comme dans Ez 28,13, III.) du jardin d'Éden » et Paul Swarup aborde également les connexions entre le Paradis, le jardin d'Éden et les forêts du Liban (éventuellement utilisé symboliquement) au sein d'écrits prophétiques9. Edward Lipinski et Peter Kyle McCarter ont suggéré que le Jardin des dieux, l'équivalent sumérien du jardin d'Éden, se rapporte à un sanctuaire de montagnes dans le Liban et l'Anti-Liban.


L'épopée de Gilgamesh

David Bensoussan propose de situer le jardin d'Éden dans les monts Ararat, en établissant des rapprochements entre le récit de la Genèse et le mythe sumérien de Gilgamesh.


Sumer et Dilmun

Les premiers Sumériens vécurent dans les plaines, situées dans le Sud de l'actuel Irak. Certains historiens, travaillant à partir des horizons culturels du Sud de Sumer, où l'on retrouve la source la plus précoce de légendes extra-bibliques, portent leur attention sur l'entrepôt datant de l'âge de bronze, situé dans l'île de Dilmun (l'actuel Bahreïn) au sein du golfe Persique. Cette île est décrite comme « l'endroit où se lève le soleil » et « la Terre des Vivants ».


Le récit babylonien de la Création, Enûma Elish, présente des parallèles marqués avec le récit de la Genèse. Après son déclin, vers 1500 av. J.-C., l'île de Dilmun fut dotée d'une réputation de paradis perdu, si emplie de perfections que cela aurait pu, selon ces historiens, influencer l'histoire du jardin d'Éden et conduire certains exégètes à situer le jardin d'Éden dans le centre de commerce de Dilmun.


AUTRES LOCALISATIONS

  • L'archéologue David Rohl a récemment estimé la localisation d'Éden dans le nord-ouest de l'Iran : selon lui, le jardin est une vallée située à l'orient du mont Sahand, près de Tabriz. Il énumère plusieurs similitudes géologiques entre cet endroit et les descriptions bibliques, ainsi que des parallèles linguistiques lui semblant décisifs. Cet endroit fut ensuite colonisé par les Mèdes avant qu'ils ne fondent l'Empire perse ;

     
  • Des auteurs littéralistes estiment que le monde du temps d'Éden a été détruit et remanié par le Déluge, qu'il est donc impossible de localiser Éden dans une géographie post-diluvienne ;


     
  • D'autres voient l'Éden en Éthiopie, à Java, au Sri Lanka, dans les Seychelles, dans le Brabant (selon l'humaniste Bécan12), voire à Bristol en Floride, ou encore au Yémen (et sa capitale Aden), appelé l'Arabie heureuse dans l'Antiquité, où seraient enterrés selon des traditions orales Caïn et Abel ;

     
  • Certains tentent d'établir un lien avec la cité engloutie d'Atlantis :



Le Sundaland, en mer de Chine méridionale est souvent cité. Cependant, si c'est le cas, il ne peut y avoir identité entre le Tigre et l'Euphrate de la Genèse et les cours d'eau actuels. Dans cette vision des choses, ces derniers auraient été renommés d'après ces premiers par les descendants de Noé revenus au Moyen-Orient. Cette solution peut sembler séduisante, mais elle est en contradiction avec la Bible elle-même, qui décrit les pays traversés par ces fleuves comme des pays du Croissant fertile.