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Les grands ancêtres | TR Histoire

Alors, quand va-t-on les voir, nos grands ancêtres ? Quand et comment a-t-on découvert celui qui peut être considéré comme le « premier français » ? Quand parle-t-on de l’homme de Néandertal ? De l’homme de Cro-Magnon ??

NOS ANCÊTRES LES AÏEUX

PREMIÈRE PARTIE

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2 000 000

AVANT

J.C.

  

L'Homme de Néandertal, ou Néandertalien, est une espèce éteinte du genre Homo, qui a vécu en Europe, au Moyen-Orient et en Asie centrale, jusqu'à environ 30 000 ans avant le présent. Selon une étude génétique publiée en 2016, il partage avec l'Homme de Denisova un ancêtre commun remontant à environ 450 000 ans. Cet ancêtre partage lui-même avec Homo sapiens un ancêtre commun remontant à environ 660 000 ans. Les plus anciens Néandertaliens fossiles reconnus comme tels sont ceux de la Sima de los Huesos, datés de 430 000 ans.


Depuis sa découverte en 1856, son statut a varié : un temps considéré comme une sous-espèce d'Homo sapiens et nommé en conséquence Homo sapiens neanderthalensis, il est aujourd'hui considéré comme une espèce à part entière nommée Homo neanderthalensis.

LES PREMIERS FRANCAIS |

Résumons-nous : le passage de l’homme des premiers temps du Paléolithique inférieur se réduit à des traces interprétées. Mais possède-t-on des éléments palpables qui nous permettent de situer dans le temps (le mauvais temps surtout) le premier habitant de l’Hexagone dont la présence serait dûment constatée ? Oui : on a retrouvé, en juillet 1971, à Tautavel, près de Perpignan, de l’homme bien concret : un crâne, des mâchoires, des dents, des phalanges et des rotules, le tout daté de près de 400 000 ans (oui, oui, entre le Mindel et le Riss I) Et quelle était l’apparence de cet homme ? Il était un peu plus avenant que celui du précédent chapitre (c’est-à-dire il y a un million et demi d’année, juste avant le Günz…). Sa capacité cérébrale est de 1 100 cm3, ses arcades sourcilières sont moins prononcées, ses mâchoires moins prognathes (vous vous souvenez ?), bref, même si un complet veston lui irait comme une robe de mariée à un aurochs, il ressemble quand même davantage à l’homme d’aujourd’hui que son ancêtre de la Côte d’Azur !

L'HOMME EST NATURELLEMENT BON |

Faut-il vous le dire ? Faut-il prendre le risque de vous couper l’appétit (ou de vous donner faim, c’est selon…) ? Voulez-vous savoir ce que faisait cet homme dans la grotte de Tautavel ? Oui ? Vous l’aurez voulu : cet homme de Tautavel porte sur son fémur des traces de découpages, sa boîte crânienne a été éclatée comme une noix ! Et qui a fait ça ? Eh bien ses congénères ! Oui, l’homme de Tautavel a servi de repas à ses semblables, il a été mangé par d’autres hommes de Tautavel. Et tout porte à croire qu’il a constitué le plat de résistance, car autour de lui on a trouvé des os de lapins, de grives, de perdrix ou de canards (petits animaux qui ont sans doute servi à confectionner les petits canapés pour l’apéritif… Quoi qu’il en soit, cet homme, avant de rôtir, se tenait debout, bien droit, d’où son nom Homo erectus, il succède à l’Homo habilis.

DE NÉANDERTAL A CRO-MAGNON |

Sapiens est un adjectif latin qui signifie : « sage, intelligent, raisonnable ». Cet adjectif qualifiait jusqu’en 2003 les deux types d’hommes qui se sont succédé depuis plus de cent mille ans : il y eut d’abord l’homme de Néandertal, un homme point si rustre ou brutal qu’on a pu le dire, et qui mérite donc un « sapiens » (Homo sapiens), et puis est apparu l’homme de Cro-Magnon auquel on attribue deux « Sapiens » (Homo sapiens sapiens) supérieur a son prédécesseur en sagesse, intelligence, et raisonnement, homme duquel, évidemment nous sommes issus… Donc, en 2003, l’homme de Néandertal a perdu son étoile sapiens, il est devenu une espèce indépendante : l’Homo néanderthalis, apparu il y a au moins de 200 000 ans et disparu voilà environ 35 000 ans. Le Cro-Magnon conserve un seul « sapiens » et s’appelle désormais « Homme anatomiquement moderne ». Les traces du type Cro-Magnon, Homo sapiens, nous, datent d’environ 35 000 ans Europe, mais ses évaluations fluctuent, parfois de façon importante, étant donné les progrès constants des techniques de datation.

L’HOMME DE NEANDERTAL : DE – 200 000 A – 35 000 |

En 1856, on découvre dans la vallée de Neander, près de Düsseldorf, en Allemagne, le premier squelette fossile humain que l’on considère différent de celui de l’homme actuel : on l’a nommé l’homme de Néandertal. Quel est son apparence (on ne sait jamais : peut-être que vous allez reconnaître en lui quelqu’un qui vous est proche…) : il mesure entre 1.55 mètre et 1.78 mètre, mais la moyenne se situe à 1.65 mètre. Il a le visage prognathe, ses pommettes s’inclinent vers l’arrière, son ossature et massive et supporte une masse musculaire importante, comme celle des bodybuilders. Il apparaît dans le paysage vers – 200 000, au lendemain d’une période de glaciation de cent mille ans ! Il est bien sûr présent sur le territoire de France qu’il parcourt de long en large, de grotte en grotte, fabriquant des racloirs, des grattoirs, des couteaux, des outils à encoches, des burins, autant d’éléments qu’on qualifie de « moustériens ». (Vous rappelez-vous ce que signifie cet adjectif ? Non ? On ne suit pas alors votre site ? Retournez lire l’encadré du Paléolithique ! dans le chapitre précédent) il chasse l’ours, le mammouth, enterre ses morts dans les grottes.

ILS N’EURENT JAMAIS D’ENFANTS, QUOIQUE… |

L’homme de Néandertal a disparu à tout jamais, et même si vous croyez parfois en apercevoir quelques-uns par-ci par-là, vous vous trompez, car jamais, d’après beaucoup de scientifiques, jamais l’homme de Néandertal et la femme de Cro-Magnon (anatomiquement moderne) n’eurent commerce de chair, ils vécurent peut-être heureux chacun de leur côté, mais n’eurent jamais d’enfant. Quoique… une récente étude publiée en 2010 dans une revue scientifique apporte les preuves que l’A.D.N humain comporterait un soupçon de Néandertal. Vous remarquerez le conditionnel « comporterait » … Il permet de rester prudent car d’autres études et recherches sont en cours qui prouveront peut-être le contraire, avant que le contraire du contraire revienne en force…

LA FIN DES NÉANDERTALIENS |

Et puis, voilà que, en cinq millénaires environ, entre – 40 000 et – 35 000 ? après avoir cohabité avec les Cro-Magnon, les Néandertaliens disparaissent ! Pourquoi ? Mystère ! On a avancé l’hypothèse d’un virus dévastateur, de la malnutrition, peut-être un ras-le-bol général de ne pas pouvoir dépasser le stade du racloir et du grattoir alors que, comme tout le monde, ils nourrissaient le projet de rouler vite, de voler et d’aller dans la Lune… peut-être, mais on le saura jamais !

L’HOMME DE CRO-MAGNON : DE – 35 000 A – 3 000 |

« L’homme de Cro, l’homme de Ma, l’homme de Gnon, l’homme de Cro-Magnon », chantaient les quatre barbus, comme pour saluer la survenue sur Terre de notre ancêtre direct. N’oublions pas que, lorsque apparaît cet homme nouveau en Europe, nous sommes encore au Paléolithique supérieur, il y a environ 35 000 ans. Le climat est encore très capricieux, et souvent il fait un froid de canard pendant mille ou deux mille ans. Une calotte glaciaire s’élève au nord de la France et constitue un étrange et gigantesque mur blanc qui borde une Manche n’existait pas : on va à pied de France en Angleterre. Le niveau de la mer est de 110 mètres inférieurs à ce qu’il est aujourd’hui. Ainsi, la Loire se jette dans l’océan à 150 kilomètres au sud-ouest de Saint-Nazaire ! Les îles sont rattachées au continent, et lorsqu’on habite l’emplacement de l’île d’Ouessant, il faut faire 50 km à pied vers l’ouest pour aller bronzer sur la plage, pendant une période de dégel ! La France de Nord et celle du froid, de -5° à -70°, celle du Sud est comme d’habitude favorisée par les températures : 15°

POURQUOI L'HOMME DE CRO-MAGNON |

En 1868, aux Eyzies, des ouvriers travaillent sur le chantier d’une route qui va relier les Eyzies à Tayac en Dordogne. Ils donnent de la pioche dans une sorte de talus pour récupérer des pierres. Au-dessus de ce talus, dans le flanc de la paroi rocheuse, se situe un trou, un renfoncement, un creux, une grotte, un abri, un « cro » dans le langage du Périgord, et ce « cro », tout le monde le sait aux Eyzies, appartient à Monsieur Cro-Magnon. C’est donc le « Cro-Magnon ». Retournons près des ouvriers qui entament le talus. Surprise, stupeur : des ossements humains, oui, mais ils semblent si anciens qu’on décide de prévenir un spécialiste de la préhistoire, Louis Lartet. C’est lui qui va reconstituer le squelette de cet homme qui est le plus lointain ancêtre de notre lignée d’Homo sapiens, d’hommes anatomiquement modernes : l’homme de Cro-Magnon. Au fil des décennies, son âge est évalué à quarante ans environ, et son apparition dans le paysage a plus de trente mille ans. Près de lui d’autres squelettes sont découverts, ceux de plusieurs femmes et d’un enfant, ainsi que des parures en coquillages et divers petits objets. L’abri est ouvert à la visite dans les villages des Eyzies-de-Tayac, parmi les nombreux autres sites de la région, au cas où vous auriez envie de rendre visite à vos anciens cousins…

LA GROTTE DE LASCAUX |

Le 8 septembre 1940, quatre enfants se promenèrent dans la campagne de Montignac-sur-Vézère en Dordogne, dont Marcel Ravidat. Le chien de celui-ci, Robot, poursuit un lapin et s’engage dans un trou comportant un vaste prolongement pris d’abord pour un souterrain par les enfants qui ne s’y engagèrent pas. Quatre jours plus tard, le 12 septembre, Marcel Ravidat revient sur les lieux avec trois amis : Georges, Agnel, Jacques Marsal, et Simon Coencas. Ils explorent le « souterrain » qui est en réalité une longue grotte. Sur ses parois : le plus grand trésor pictural de la préhistoire ! Depuis 15 000 ans, personne n’avait fait face à ce qu’ils contemplent ! La grotte de Lascaux et ses secrets viennent de se livrer à l’imagination de l’homme moderne.

ALLER FAIRE LES COURSES |

Et à quoi les Cro-Magnon occupaient ils leur temps ?  Eh bien, ils l’occupaient comme nous le faisons aujourd’hui : par exemple, ils allaient faire leurs courses pour manger. Mais leur supermarché, c’était la vaste nature. Ils se réfugient dans les grottes sur les parois desquelles ils dessinent et peignent des animaux. En contemplant les dessins de la grotte de Lascaux, pompeusement baptisée « la chapelle Sixtine de l’histoire », et à propos de laquelle Picasso déclara : « On n’a jamais fait mieux depuis ! » (Ah bon ?), notre premier réflexe est de baptiser œuvres d’art ces dessins étranges. Œuvres d’art ? Pas si sûr !

REGARDER ARTE SUR LA PAROIS |

On a avancé récemment l’hypothèse suivante : les peintures rupestres seraient des « aide-mémoire » pour les chasseurs, des pages qui indiquent la valeur bouchère des espèces, et même des documentaires animaliers remplaçant ceux d’Arte, en attendant… Mais on ne peut mettre de côté la valeur esthétique des dessins de Lascaux, la splendeur étrange des représentations animales et humaines. On ne peut s’empêcher d’imaginer quelque chaman implorant, sous ces dessins illuminés et lumineux, quelque divinité de la chasse afin qu’elle révèle au groupe affamé les bons plans de bisons futés…

BELLIQUEUX, NOS ANCÊTRES |

On a longtemps cru que l’homme préhistorique, parce qu’il disposait de beaucoup d’espace et que le gibier était abondant, ne s’attaquait pas à ses semblables. On a imaginé des groupes pacifiques vivant de la cueillette, de la pêche et de la chasse dans une sorte béatitude bienheureuse que les temps modernes auraient gâtée, que la société aurait corrompue ! Eh bien, déchantons en chœurs : l’homme préhistorique, l’homme de Cro-Magnon, notre ancêtre, est aussi belliqueux que nous à travers nos siècles de guerres et de massacres. On a pu reconstituer le scénario d’attaques menées contre des groupes d’hommes, de femmes, de vieillards et d’enfants en train de dépecer tranquillement le produit de leur chasse dans une sorte de campement. Tout le monde sans distinction est passé au fil de la pointe du silex, de la lance ou d’autres armes (des casse-têtes) violemment manœuvrées. Et ce scénario se répète en de nombreux sites identifiés.

En 2006 en Allemagne, à Schöneck-Kilianstädten, des ossements humains vieux de sept mille ans témoignent d’un massacre de masse. Dans la fosse mise au jour, on a retrouvé vingt-six squelettes, dont ceux de dix enfants. Tous portaient des traces de blessures importantes, sans doute précédées de tortures. Les conclusions tirées de l’observation de ces restes humains ont été publiées le 17 aout 2015 par l’Académie nationale américaine des sciences.