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L'origine est au premier abord le moment initial de l'apparition d'une chose, c'est-à-dire la naissance historique de cette chose, le commencement de cette chose. Cependant, cette définition délaisse l'aspect logique et dynamique de ce mot.

ÉDITION

2020

03

A LA RECHERCHE DES ORIGINES | 2ÈME PARTIE

ARRONDIR LES ANGLES |

Au paléolithique succède le néolithique, ou âge de la pierre polie, entre environ – 9 000 et – 3 300. C’est le préhistorien anglais John Lubbock qui établit en 1865 cette division entre les deux grandes périodes de l’âge de pierre » (séparées par une ère de transition, le mésolithique).  La technique du polissage des outils avait déjà commencé à développer au paléolithique supérieur (entre – 45 000 et – 12 000), mais elle ne se généralise qu’au néolithique, avec le développement de l’agriculture et la sédentarisation.

ENTERRER LES MORTS |

Les premières traces incontestables de sépultures, découvertes en Israël, ont été datées vers 100 000 ans avant notre ère et son le faut d’Homo sapiens. D’autres sites plus anciens, remontant à 300 ou 400 000 ans, ont été exhumés, mais leur nature de sépulture fait polémique. Il est en effet difficile de déterminer si les corps dont on retrouve les ossements ont été déposés intentionnellement. Le soin pris pour enterrer les défunts témoigne de l’apparition de la spiritualité et la prise de conscience par l’Homme de sa mortalité, étape décisive de développement intellectuel et culturel de notre espèce

CULTIVER LA TERRE |

Les premiers indices de l’agriculture, c’est-à-dire du contrôle de la germination de certains végétaux, remonteraient à environs 10 000 ans avant notre ère. Cette innovation marque le passage du normandisme des chasseurs-cueilleurs à la sédentarisation. C’est la révolution du néolithique !

DOMPTER L'ANIMAL |

Avec les débuts de l’agriculture, l’utilisation des animaux à des fins humaines se généralise. Le premier animal domestique fut un bovidé, l’Auroch, il y a 10 000 ans.

TRAVAILLER LES MÉTAUX |

ENTREZ DANS L'HISTOIRE |

L’invention de l’écriture marque le passage de la préhistoire à l’histoire. Les premières formes d’écriture apparaissent en Mésopotamie vers – 3 300 avant Jésus Christ.

La première utilisation des métaux remonte à la découverte et au travail du cuivre vers 4 000 avant Jésus Christ. Mais la découverte majeure, qui marque les véritables débuts de la métallurgie, est celle de la fusion des métaux et de la possibilité de les combiner dans les alliages. Le premier alliage connu est le bronze : à l’âge du cuivre succède l’âge du bronze, qui s’étend environs de – 2 500 à – 1 000 ans avant Jésus Christ, puis l’âge du fer.

LUCY | LA PLUS GRANDE DÉCOUVERTE ARCHÉOLOGIQUE

Lucy a été découverte le 24 novembre 1974 à Hadar, sur les bords de la rivière Awash, dans le cadre de l'International Afar Research Expedition fondée par Maurice Taieb, un projet regroupant une trentaine de chercheurs éthiopiens, américains et français, codirigé par Donald Johanson (paléoanthropologue), Maurice Taieb (géologue) et Yves Coppens (paléontologue). Le premier fragment du fossile a été repéré par Donald Johanson et Tom Gray, l'un de ses étudiants, sur le versant d'un ravin.


Lucy a été décrite une première fois en 1976 mais son rattachement à l'espèce Australopithecus afarensis n'a été proposé qu'en 1978.


Répertoriée sous le code AL 288-1, Lucy a été surnommée ainsi car les chercheurs écoutaient la chanson des Beatles Lucy in the Sky with Diamonds le soir sous la tente, en répertoriant les ossements qu'ils avaient découverts. Elle est appelée Dinqnesh en amharique (Éthiopie), ce qui signifie « tu es merveilleuse ».


La découverte de Lucy fut très importante pour l’étude des Australopithèques : il s’agit du premier fossile relativement complet qui ait été découvert pour une période aussi ancienne. Lucy compte en effet les fragments de 52 ossements (sur les 206 que compte un squelette complet) dont une mandibule, des éléments du crâne, mais surtout des éléments post-crâniens dont une partie du bassin et du fémur, un fragment de tibia et de fibula, ainsi que des phalanges et des fragments d'os du carpe.


Ces derniers éléments se sont révélés extrêmement importants pour reconstituer la locomotion de l’espèce Australopithecus afarensis. Si Lucy était incontestablement apte à la locomotion bipède, comme l’indiquent son port de tête, la courbure de sa colonne vertébrale, la forme de son bassin et de son fémur, elle devait être encore partiellement arboricole : pour preuve, ses membres supérieurs étaient un peu plus longs que ses membres inférieurs, ses phalanges étaient plates et courbées et l’articulation de son genou offrait une grande amplitude de rotation. Sa bipédie n’est donc pas exclusive et sa structure corporelle a été qualifiée de « bilocomotrice » puisqu’elle allie deux types de locomotion : une forme de bipédie et une aptitude à grimper. Cette hypothèse d'aptitudes arboricoles est soutenue par une analyse de la structure des os de ses bras, montrant une robustesse similaire aux chimpanzés, connus pour de telles capacités.


Elle présente une anatomie en mosaïque avec un cerveau petit comme un chimpanzé mais un bassin plus court et évasé que celui des grands singes, et l'inclinaison de son fémur par rapport au plan perpendiculaire à celui du genou comparable à celle que l'on observe chez l'homme moderne.


L'équipe de paléontologues qui a découvert Lucy a estimé que c'était un sujet féminin du fait de sa petite stature et de son type gracile. Cependant, depuis 1995, certains chercheurs estiment que Lucy serait un mâle d’après l’analyse de l’os pelvien, bien que son bassin soit plutôt en forme de bol, indiquant un sujet féminin. Les journalistes proposent avec cette controverse de la rebaptiser Lucien ou Lucifer tandis que certains paléoanthropologues préfèrent la nommer par son nom de code scientifique, AL 288-1. Elle était adulte d'après l'analyse de ses os et devait mesurer 1,10 m, et peser au maximum 30 kg.


Lucy est morte à environ 25 ans, et le fait que ses ossements n’aient pas été dispersés par un charognard indique un enfouissement rapide, peut-être à la suite d’une crue. D'après une étude de 2016, l'étude des fractures de ses os, notamment au niveau de l'humérus, conduit à penser que Lucy aurait chuté mortellement d'une hauteur de 12 mètres à au moins 56 km/h. Cette hypothèse est mise en doute par d'autres chercheurs, pour qui ces fractures seraient d'origine post mortem.


Découverte dans des terrains datés de 3,18 millions d'années, Lucy a longtemps été considérée comme la représentante d’une espèce à l’origine de la lignée humaine. Aujourd'hui, la majorité des chercheurs ne retiennent pas cette hypothèse, et estiment que Lucy n'est pas une ancêtre du genre Homo, mais seulement la représentante d'une branche collatérale.


Le genre Australopithèque fait partie de la famille des Hominidés et de la sous-tribu des Hominines, tout comme les genres Ardipithèque, Paranthrope, Homo, et quelques autres. Les relations de descendance entre ces différents genres ne sont pas encore réellement élucidées à ce jour.


Le fossile original de Lucy est conservé au musée national d'Éthiopie à Addis-Abeba, où on peut en voir une réplique. D'autres répliques sont exposées dans d'autres musées, comme celle sous vitrine qui se trouve au 1er étage de la galerie de Paléontologie et d'Anatomie comparée, au Jardin des plantes à Paris.


À l'occasion du quarantième anniversaire de sa découverte, le 3 décembre 2014, une nouvelle présentation a été mise en place au musée national d’Éthiopie à Addis-Abeba : Lucy et deux autres squelettes d'hominidés, Ardi et Selam, sont désormais présentés dans une nouvelle galerie, organisée avec la participation de chercheurs français.