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L'origine est au premier abord le moment initial de l'apparition d'une chose, c'est-à-dire la naissance historique de cette chose, le commencement de cette chose. Cependant, cette définition délaisse l'aspect logique et dynamique de ce mot.

ÉDITION

2020

02

A LA RECHERCHE DES ORIGINES | 1ÈRE PARTIE

L'archéologie est une discipline scientifique dont l'objectif est d'étudier l'Homme depuis la Préhistoire jusqu’à l'époque contemporaine à travers sa technique grâce à l'ensemble des vestiges matériels ayant subsisté et qu’il est parfois nécessaire de mettre au jour par la fouille (outils, ossements, poteries, armes, pièces de monnaie, bijoux, vêtements, empreintes, traces, peintures, bâtiments, infrastructures, etc.). L'ensemble des artéfacts et des écofacts relevant d'une période, d'une civilisation, d'une région, ou d'un peuplement donné, s'appelle culture archéologique. Cette culture matérielle est avant tout un concept basé sur l'assemblage de vestiges retrouvés dans des espaces et dans des chronologies contingentes, sur un même site, ou dans une même région, par exemple. On peut alors parler, pour désigner un ensemble cohérent, de culture archéologique (comme la culture de Hallstatt, ou la culture Jomon, par exemple).

FOUILLER LES RACINES |

« Tous les hommes désirent naturellement savoir », affirmait Aristote en ouverture de sa Métaphysique. Vingt-cinq siècles plus tard, Freud voyait le moteur de cette passion de connaître, cette libido sciendi, dans le désir infantile de dévoiler le secret de ses propres origines.


A l’origine de la science, il y aurait donc la recherche… de l’origine ! Parmi les grandes questions qui motivent l’enquête scientifique, « D’où venons-nous ? » figure en bonne place. Ce n’est pourtant qu’assez récemment que des éléments de réponse rationnels, basés sur les faits, ont remplacé les grands récits mythiques et religieux des origines. Avec la théorie darwinienne de l’évolution se sont ouverts deux grands chantiers de recherche à rebrousse-temps : celui des origines de l’Homme et celui des débuts de la vie même.

REMONTER LE FLEUVE TEMPS |

Que ce soit au niveau individuel, à l’échelle de l’espace ou à même à celle du monde vivant dans son entier, il ne fait pas toujours bon remonter le cours de notre mémoire. En affirmant l’origine simienne de l’homme, Darwin a remué les consciences de son temps, déchaînant les passions et s’attirant les foudres de toutes les Églises. Le séisme est loin d’être fini, et ses répliques agitent encore aujourd’hui notre société, qui a vu récemment un retour de l’antiévolutionnisme religieux : le créationnisme. Et la question de l’apparition de la vie, par exemple, lors des débats sur le génération spontanée, a aussi été chargée de tout un arrière-fond idéologique. Mais ces obstacles sont loin d’être les seuls dans la quête de nos origines. Il faut déployer des trésors d’imagination, de patience et de sagacité pour recréer le passé à partir de ce qui nous en est parvenu : quelques fossiles, incomplets et fragmentaires. Reste la possibilité d’expliquer le passé par le présent, en essayant de reconstituer les processus qui ont pu nous conduire là où nous en sommes.


Si la machine a remonter le temps nus fait toujours défaut, les outils dont nus disposons pour retracer nos origines sont devenus extrêmement pointus : méthodes de datation par les isotopes radioactifs, analyses génétiques appuyées sur un traitement informatique, et même les techniques de pointe de la médecine légale et de la police scientifique, qui permettent de traiter les chantiers de fouilles comme autant de scène de crime !

ORIGINES PLURIELLES |

Mais plus nous progressons dans la recherche de nos ancêtres et de notre passé lointain, plus cette origine tant convoitée se dérobe. C’est une recherche sans fin, où une question remplace une réponse (Si la vie est d’origine extraterrestre, où et comment est-elle apparue ailleurs ? ...). Première forme de vie, premiers hommes… alors que leur ancienneté semble régulièrement revue à la hausse, c’est aussi l’idée même d’une origine unique qui semble mise à mal. Tandis que l’on discute âprement de l’identité du premier homme qui se soit tenu debout, certains préfèrent parler d’une multiplicité de bipédie, apparues chez plusieurs espèces sans doute contemporaines. Quant à notre ancêtre à tous, la première forme de vie baptisée LUCA (en français DACU : « Dernier Ancêtre Commun Universel »), il apparaît de plus en plus comme un concept plutôt qu’une réalité. Ainsi la recherche des racines est de plus en plus appelée à déterrer des rhizomes, des origines multiples et entremêlées plutôt qu’un tronc commun plus simple à concevoir mais moins conforme à la réalité dévoilée peu à peu par la science. Et cette quête n’en est pas pour autant stérile, bien au contraire. La connaissance de nos origines, si complexes et déroutantes qu’elles puissent s’avérer, est plus que jamais un enjeu majeur, non seulement scientifique mais aussi philosophique, et même politique. Car savoir d’où l’on vient, c’est aussi ne pas oublier que l’on peut y retourner, ou que l’on risque de détruire notre berceau dans une consommation aveugle des ressources.

DEVENIR UN HOMME |

L’HOMINISATION désigne la suite des étapes qui ont conduit l’être humain à acquérir les caractéristiques le distinguant de l’animal, en particulier de ses ancêtres simiens. L’ensemble des espèces ayant pris part à ce processus constitue le groupe des hominidés. L’étude de ces espèces s’appelle paléoanthropologie.

CEUX QUI MARCHENT DEBOUT |

L’acquisition de la BIPÉDIE est la première étape cruciale de l’évolution vers l’humain. De nombreux primates, et même d’autres animaux comme l’ours, peuvent se tenir debout sur leurs membres antérieurs pendant quelques temps ‘on parle de bipédie de locomotion, d’abord occasionnelle puis permanente, est la caractéristique humaine la plus ancienne. Les australopithèques furent les premiers parmi nos ancêtres à se tenir ainsi sur leurs deux pattes arrière. La plus ancienne trace de bipédie a été découverte en 1978 à Laetoli (Tanzanie) par la paléontologue Mary LEAKY : des empreintes de pas conservées dans la cendre volcanique, appartenant à trois hominidés différents, membres sans doute de l’espèce Australopithecus afarensis, comme Lucy. Mais la bipédie des australopithèques n’était probablement qu’occasionnelle : les paléoanthropologues supposent que leur mode de vie était encore en partie arboricole, comme celui des primates pré-hominiens.

LUCY |

Le novembre 1974, les ossements d’une femelle australopithèque sont déterrés à Hadar en Ethiopie par une équipe de chercheurs conduite par Maurice TAIEB (né en 1936), Donald JOHANSON (né en 1943) et Yves COPPENS (né en 1934). Appelée Dinqnesh (« tu es merveilleuse ») par les Éthiopiens, elle fut baptisée « Lucy » par les scientifiques de l’expédition, qui écoutaient la chanson des Beatles Lucy in the sky diamonds le soir sous leur tente. Lucy fut identifiée en 1978 comme appartenant à l’espèce Australopithecus afarensis. La datation de ses ossements a permis d’estimer son âge à 3.2 millions d’années.

LES GROSSES TÊTES |

Le développement du cerveau est un critère essentiel de l’hominisation. Il s’accompagne de profonds changements dans la forme du crâne. Alors que l’australopithèque n’avait qu’une capacité crânienne moyenne de 400 cm3, elle passe à 600 cm3 pour habilis, plus de 1 000 cm3 pour erectus, et atteint 1650 cm3 chez les premiers représentants de notre espèce, Homo sapiens, apparus il y a 200 000 ans. Mais la taille ne fait pas tout : le volume crânien de l’homme moderne a diminué depuis, passant à 1350 cm3 en moyenne. A moins que l’Homme ne soit tout bonnement devenu plus bête…

LA MAIN DE L'HOMME |

Libérés de son rôle locomoteur, les membres supérieurs des hominidés et leurs extrémités préhensiles, les mains, ont pu acquérir une souplesse et une agilité indispensables à l’invention et à l’emploi des outils, attribut essentiel de l’être humain. Si la structure de la main d’Australopithecus afarensis est déjà très proche de la nôtre, c’est Homo habilis (« l’homme habile »), qui vivait il y a 2.5 à 1.5 milliards d’années, qui commença à exploiter pleinement cet avantage. Le premier spécimen d’habilis a été découvert en 1961 à Olduvai (Tanzanie) par Jonathan LEAKY et ses parents Mary et Louis LEAKY. Ses ossements étaient accompagnés de vestiges d’outils rudimentaires.

TOUT LE MONDE SE REDRESSE |

Il ne suffit pas de marcher sur deux pattes, encore faut-il se tenir droit ! La posture verticale et le redressement de la colonne vertébrale ont permis de nombreux changements morphologiques et fonctionnels. Contrairement à ce qu son nom suggère, l’espèce homo erectus, « l’homme dressé » n’est pas la première à présenter ce caractère. Son nom dérive de celui donné en 1894par le Néerlandais Eugène DUBOIS à « l’homme de Java », dont il avait déterré les ossements en Indonésie en 1891 et qu’il considérait alors comme le « chaînon manquant » entre l’homme et le singe : Pithecanthropus erectus (« L’homme-singe qui se tient debout »)

LA CONQUÊTE DU VASTE MONDE |

Qui vécut entre 1.5 millions et 100 000 ans avant notre ère, est le premier hominidé dont on n’a pas retrouvé les ossements en Afrique (le « berceau de l’humanité ») mais en Asie et en Europe. Il marque le début des grandes migrations, qui ont conduit nos ancêtres à s’implanter dans toutes les zones habitables du globe.

DOMPTER LE FEU |

La maitrise du feu est sans doute la plus importante des techniques acquises par les hommes préhistoriques. Le premier hominidé à posséder ce savoir-faire est Homo erectus : les plus anciennes traces de foyers ont été retrouvées près d’ossements appartenant à cette espèce

PROLONGER LA MAIN |

L’emploi d’outils est souvent considéré comme l’apanage de l’Homme, bien que l’on connaisse maintenant de nombreux exemples de leur usage chez les animaux. Il est d’ailleurs difficile de dater les débuts de l’outil dans la préhistoire humaine. Les premiers éclats de pierre (« choppers »), utilisés par Homo habilis, datent de quelque 2.5 millions d’années.

LAISSER SON EMPREINTE |

Les premières peintures pariétales remontent à 35 000 ans avant notre ère. Elles ont été retrouvées dans la grotte Cosquer en 1991 par le plongeur Henri COSQUER sou les eaux dans une calanque marseillaise. Des gravures datant de – 33 000 à – 26 000 ornaient aussi la grotte Pair-Non-Pair, découverte en 1881 par François DALEAU.

TRANCHER DANS LA VIF |

Plus que l’outil dont on trouve maint exemples dans le règne animal, c’est la capacité à travailler la matière brute pour confectionner des instruments et des armes qui fait sortir l’homme du lot (même si là encore les animaux ne sont pas aussi empotés qu’on peut le croire !). La taille du silex est la première technique dont on ait retrouvé des traces. Homo erectus pratiquait déjà la taille du biface et de lames de hachettes. L’utilisation d’outils tranchants en silex marque le début du paléolithique, l’âge de la pierre taillée, qui s’étend de 3 millions d’années à 10 000 ans avant notre ère.