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La fin de ROBESPIERRE

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Louis XIV, dit « le Grand » ou « le Roi-Soleil », né le 5 septembre 1638 au château Neuf de Saint-Germain-en-Laye et mort le 1ᵉʳ septembre 1715 à Versailles, est un roi de France et de Navarre. Son règne s'étend du 14 mai 1643 — sous la régence de sa mère Anne d'Autriche jusqu'au 7 septembre 1651 — à sa mort en 1715.

LA FIN DE ROBESPIERRE

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MISE EN PAGE :

Laurent FORELLI

FONDATEURS :

Laurent FORELLI

Sébastien COLAU

Alexandre FORELLI

INTRODUCTION

La longévité de Louis XIV (dont la durée du règne ne fut jamais égalée) tient bien entendu en premier lieu à une constitution d’une robustesse sans pareille. À une époque où l’espérance de vie à la naissance tourne autour de trente ans, il incarne donc, plus que tout autre, l’exception à la règle. Au cours d’une existence qui ne lui aura épargné ni la maladie ni les soucis de santé, le Roi-Soleil, pour avoir perdu quelques « rayons », conserve encore, dans sa septième décennie, cette vitalité que des milliers de purges, de saignées et d’émétiques (substances vomitives) n’ont pas réussi à entamer. En dépit également des nombreuses dents que les chirurgiens lui ont enlevées, non sans lui briser çà et là la mâchoire, il fait toujours montre d’un fort solide appétait, venaisons épicées et énormes sorbets figurant en bonne place aux menus quotidiens. Certes, des ennuis digestifs et la goutte le diminuent par moments, mais il faudra attendre les dernières semaines pour qu’il succombe à a gangrène des membres inférieurs.

01

SEPT.

1715

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le livre au Furet du Nord

DANS LA SOIRÉE DU 10 AOUT 1715

Le roi ressent de grandes difficultés à marcher. Son état s’aggrave le lendemain. Il lui faut recouvrir à la chaise à porteurs pour se rendre à la chapelle où se tient la messe.

  

L'APRES-MIDI DU 13 AOUT 1715

On le trouve en proie à une vive douleur à la jambe gauche. Son médecin, Guy CRESCENT FAGON, diagnostique une sciatique. L’homme de l’art ne s’émeut pas davantage lorsque, les jours suivants, il s’aperçoit que le roi fait montre d’une extrême faiblesse. Lez trouble ne le saisit pas non plus quand le chirurgien, un dénommé Georges MAESCHAL, découvre une petite noirceur au pied. Un bandage à la jambe devrait selon lui suffire de travailler en posant son membre bandé sur un petit coussin.

LE MATIN DU 22 AOUT 1715

Louis XIV s’évanouit alors qu’il prend un bain d’herbes. Encore une fois, l’entourage du monarque se veut rassurant. Il suffit de changer de traitement. Aussi les dix sommités que Fagon a fait mander de Paris prescrivent-elles des soins au lait d’ânesse.

24 AOUT 1715

La jambe du roi est noire, depuis le pied jusqu’à la cuisse. Cette fois, les médecins ne peuvent se voiler la face : ils comprennent que les jours du roi sont comptés. Le lendemain, jour de la Saint-Louis, Louis XIV trouve la force de prendre son repas en public. « J’ai vécu parmi les gens de la Cour, dit-il, je veux mourir parmi eux. Ils ont suivi tout le cours de ma vie. Il est juste qu’ils me voient finir. »

  

DANS LA SOIRÉE DU 25 AOUT 1715

L’état du roi est jugé si dégradé que l’on fait venir en procession le saint sacrement. Après la communion, Louis s’entretient brièvement avec le contrôleur général Nicolas DESMARETS, le maréchal de VILLEROY et son neveu Philippe d’Orléans. Å tous, il dit notamment souhaiter que princes et bâtards vivent en bonne harmonie. Le lendemain, le chirurgien constate que la gangrène a gagné l’os. Le roi fait de nouveau venir les siens et déclare au Petit Dauphin (Futur Louis XV), un enfant de 5 ans que la duchesse de VENTADOUR tient par la main : « Mon cher enfant, vous allez être le plus grand roi du monde, n’oubliez jamais les obligations que vous avez à Dieu. Ne m’m’imitez pas dans les guerres, tâchez de maintenir toujours la paix avec vos voisins, de soulager votre peuple autant que vous le pourrez, ce que j’ai eu le malheur de ne pouvoir faire. »

  

27 AOUT 1715

lors que l’état de sa jambe ne cesse de s’aggraver, Louis XIV brûle de nombreux papiers en présence de Mme de Maintenon, qu’il a épousée en secret. Le jour suivant, un nouveau médecin (dont le nom reste inconnu) est appelé à son chevet. Le soulagement est de courte durée.

30 AOUT 1715

Madame de Maintenon se retire à Saint-Cyr, dans la Maison royale de Saint-Louis, le pensionnat chargé de l’éducation des jeunes filles nobles désargentées qu’elle a fondé en 1686. Elle y reçoit le tsar de Russie, Pierre le Grand, « venu voir tout ce qui en valait la peine en France ».

1ER SEPTEMBRE : « Ô MON DIEU, VENEZ A MON AIDE »

Madame de Maintenon se retire à Saint-Cyr, dans la A 8h15, Louis XIV rend son dernier souffle. La veille, alors qu’il était à demi conscient, il a récité, entouré de moines et de prêtres, la prière des agonisants. Chacun a compris qu’il ne lui restait plus qu’un tout petit pas à accomplir. Ses derniers mots, murmurés dans un souffle ultime, auront été les suivants : « Ô mon Dieu, venez à mon aide, hâtez-vous de me secourir. » La mort l’aura saisi dans sa soixante-dix-septième année.


Le décès du vieux roi ne soulève guère de réactions dans la population. Sa disparition est même accueillie avec indifférence. Sans doute la misère, les difficultés financières, une certaine lassitude face à un long règne en fournissent-elles l’explication. Si des fortunes se sont édifiées dans la manufacture et le négoce, la masse laborieuse n’en aura guère bénéficié. Au mieux, on ne meurt pas de faim sous le règne de Louis XIV, sauf en cas de disette. Dans les campagnes, les jacqueries ont été nombreuses. Le temps aidant, la figure de Louis XIV retrouvera des « couleurs ». On conviendra volontiers que ce fut un habile politique, un excellent diplomate, un homme animé par un sens du devoir et du rayonnement de la France. Grand Roi ? Grand Règne ? Grand Siècle ? À l’évidence, les livres d’histoire ont, globalement répondu par l’affirmative. Pour autant, il ne faut pas oublier qu’il a commis aussi bien des erreurs, dont la guerre contre la Hollande (1672-1678), la révocation de l’édit de Nantes (1685), le sac de Palatinat (1688-1689), durant lequel l’armée du Rhin, sous l’autorité du ministre de la Guerre Louvois, fera preuve d’une rare sauvagerie, rasant tout sur son passage, ou encore la défense de la bulle Unigenitus, promue en 1713 par le Pape Clément XI pour lutter contre les jansénistes.

Maison royale de Saint-Louis, le pensionnat chargé de l’éducation des jeunes filles nobles désargentées qu’elle a fondé en 1686. Elle y reçoit le tsar de Russie, Pierre le Grand, « venu voir tout ce qui en valait la peine en France ».