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Le baptème de Clovis
La fin de ROBESPIERRE

LA UNE

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En cette fin Juillet 1794, l’artisan de la Grande Terreur, qui à entraîner des milliers d’exécutions, dont celle de Danton, est brutalement lâché par ses soutiens, qui redoutent désormais son intransigeance et de « dictature de la vertu ». Celui qui prônait une « justice prompte, sévère, inflexible » va ainsi connaître le même sort que ceux qu’il avait sans émoi envoyé à la guillotine.

LE BAPTÈME DE CLOVIS

PROCHAINEMENT : LE ROI SOLEIL

MISE EN PAGE :

Laurent FORELLI

FONDATEURS :

Laurent FORELLI

Sébastien COLAU

Alexandre FORELLI

INTRODUCTION

28

JUILLET

1794

Source :

DIVERS AUTEURS

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le livre au Furet du Nord

Au milieu de l’été 1794, l’étoile de Robespierre semble au zénith. Il a été élu président de la Convention le 04 Juin et, surtout, a présidé deux jours plus tard la fête de l’Être suprême (culte civique). L’affaire a fortement mécontenté les partisans du rationalisme et de l’athéisme, nombreux à la Convention. De plus, ses dérives autocratiques, appuyées sur la loi du 22 prairial (10 juin), responsable de la Grande Terreur, paraissent dangereuses et infondées. En effet, la victoire de Fleurus sur les Autrichiens, le 26 juin, a écarté la menace extérieure. A l’intérieur, l’insurrection vendéenne semble en passe d’être réduite. Aux yeux de ses ennemis, rien ne légitime donc le maintien de l’Incorruptible.

27 JUILLET 1794 [ LA RÉVOLTE ]

Il est 1 heure du matin, lorsque Jean-Marie Collot d’Herbois et Jacques Nicolas Billaud-Varenne font leur entrée dans la salle du comité de salut public, dont tous deux sont des membres influents. La veille, à la tribune de la Convention, Maximilien de Robespierre s’est lancé dans un long réquisitoire contre les « fripons » et les « scélérats ». Faute de désigner nommément ses adversaires, il a laissé planer la menace sur tous les députés. Ce qui n’a pas échappé à Collot et Billaud. Aussi s’emploient-ils à rallier à leur cause (la chute de Robespierre) les députés de la Plaine, faction le plus modérée de la Convention, mais jusqu’alors fidèle de l’incorruptible.

  

27 JUILLET 1794 [ 11 HEURES ]

S’ouvre la séance de la Convention sous la présidence de Collot d’Herbois. Les tribunes sont bondées, l’atmosphère électrique. Les adversaires de Robespierre (Lazare Carnot, Pierre-Joseph Cambon, Joseph Fouché et Jean-Lambert Tallien, notamment) ont eu le temps de se concerter. Aussi attendent-ils que Saint-Just prenne la parole.

27 JUILLET 1794 [ 13 HEURES ]

Saint-Just monte à la tribune. Il commence sur un ton conciliant : « Je ne suis d’aucun faction, déclare-t-il, je les combattrai toutes. » Aussitôt, il est interrompu par Tallien, qui l’accuse de précipiter la patrie dans l’abîme. Intervention qui soulève un tonnerre d’applaudissements. Décontenancé, Saint-Just retourne s’asseoir. Robespierre, peine a-t-il prononcé quelques mots qu’on entend : « A bas le tyran ! » L’incorruptible se cramponne à la tribune. Bertrand Barère, orateur réputé, le rejoint pour appeler l’assemblée au calme. Mais rien n’y fait. Des pierres pleuvent sous les deux hommes. Robespierre s’insurge : « Brigands, lâches, hypocrites ! » Mais sa voix est couverte par les cris de « Arrestation, arrestation ! ».

27 JUILLET 1794 [ 14 HEURES ]

C’est le vote. L’arrestation de Robespierre est décidée à l’unanimité. Le député Stanislas Fréron s’exclame : « La liberté et la République vont donc enfin sortir de leurs ruines ! » Robespierre lui rétorque : « Oui, car les brigands triomphent ! ». Une heure plus tard, la séance est suspendue.

27 JUILLET 1794 [ 18 HEURES ]

Lorsque le Conseil Général de la Commune de Paris, le gouvernement révolutionnaire de la capitale établi après la prise de la Bastille, apprend avec consternation l’arrestation de Robespierre à 18 heures. Aussitôt, le maire, Jean-Baptiste Fleuriot-Lescot, appelle au soulèvement contre la Convention et invite tous les citoyens à se réunir devant l’Hôtel de Ville pour délivrer les prisonniers.

27 JUILLET 1794 [ 23 HEURES 45 ]

Robespierre pénètre dans la salle du Conseil Général de la Commune, rejoignant Saint-Just, son frère Augustin et le député Philippe Lebas. Sur la place de Grève, des hommes armés commencent à se rassembler.

28 JUILLET 1794 [ 01 HEURE ]

Porté par deux gendarmes (il est paralysé des jambes), Couthon arrive dans la salle du Conseil. Il estime que le vent à tourné en faveur de Robespierre. Pourtant, sur la place de Grève, les hommes en armes, fatigués d’attendre des ordres qui ne viennent pas, s’en vont un à un. De plus, la Convention a mis la Commune hors la loi : tous ceux qui sont présents peuvent donc être arrêtés. Lu dans la salle du Conseil, ce décret de la Convention y provoque une véritable panique dans l’assistance.

28 JUILLET 1794 [ 02 HEURES 30 ]

On entend un coup de pistolet : « Robespierre s’est tué ! » Suicide ou attentat ? On ne le sait pas. Un certain Merda, gendarme de son état, revendique « la gloire » d’avoir abattu l’Incorruptible. Mais celui-ci est vivant, même si la balle lui a emporté une partie de la mâchoire et qu’il souffre atrocement.

28 JUILLET 1794 [ 08 HEURES ]

Robespierre, son frère et Lebas sont transférés sur des charrettes aux Tuileries puis à la Conciergerie. Font également parti du « convoi » tous ceux qui étaient encore présents dans la salle du Conseil. La foule massée sur le parcours n’est qu’insultes et quolibets.

UNE FIN MISÉRABLE

Les 22 têtes des condamnés ayant été déposées dans un coffre en bois, les troncs furent rassemblés sur une charrette. Le tout fut jeté dans une fosse commune du cimetière des Errancis. On répandit ensuite de la chaux, afin qu’il ne reste plus aucune trace du corps de l’Incorruptible.

ROBESPIERRE ESPLIQUÉ AUX ENFANTS

27 JUILLET 1794 [ 16 HEURES 30 ]

Robespierre, Saint-Just et Georges Couthon, qui fut l’un des plus ardents partisans de la Terreur, sont arrêtés et conduits dans une des salles du Comité de sûreté générale, chargé de la police politique.

27 JUILLET 1794 [ 19 HEURES 30 ]

L’incorruptible est conduit à la prison du Luxembourg. Mais le concierge, acquis à la Commune de Paris, s’oppose à l’incarcération de ce prisonnier. On emmène alors Robespierre à l’Hôtel de Ville. Étrangement, il refuse de prendre la tête de l’insurrection.

28 JUILLET 1794 [ 20 HEURES ]

Le couperet de la guillotine s’abat sur Robespierre. Vingt et un autres hommes sont exécutés à sa suite. On dit que tous sont montés à l’échafaud sans un mot.


La chute de Robespierre marque la fin de la Terreur. Peu à peu, les prisons vont s’ouvrir. La disparition de l’Incorruptible ouvre la page de ce que l’on a appelé la « réaction thermidorienne ». Les ennemis de Robespierre mèneront une politique réactionnaire, c’est-à-dire de plus en plus éloignée de la ligné défendue par le Comité de salut public.

Fils de François de Robespierre (membre de la noblesse de robe) et de Jacqueline-Marguerite Carraut, fille d'un brasseur d'Arras. Maximilien est l'aîné d'une famille de cinq enfants, dont un frère Augustin Robespierre et deux sœurs Charlotte et Henriette.


Il fait de brillantes études au collège Louis-le-Grand où il eut pour camarades Camille Desmoulins et Louis-Marie Stanislas Fréron. Puis il étudie le Droit à la faculté de Droit de Paris.


Il a d'abord exercé la fonction d'avocat, comme son père et son grand-père. C'est un admirateur des idées des philosophes du XVIIIe siècle, notamment de Rousseau. Il participe à la vie intellectuelle d'Arras en particulier dans les académies, qui régulièrement organisent des concours sur des sujets concernant la société, la vue économique ou la politique.


En 1789 il est élu député du tiers état pour l'Artois aux États généraux convoqués à Versailles par le roi Louis XVI pour trouver les moyens de renflouer le trésor royal.


Aux États généraux, il s'exprime peu, mais noue beaucoup de contacts, notamment avec le ministre Necker (qui le déçoit très vite) et Mirabeau. Comme les autres députés du tiers-état, il vote le Serment du jeu de paume, qui prévoit que les représentants ne se quitteront pas tant qu'ils n'auront pas doté la France d'une Constitution.


Après le 9 juillet 1789 les États généraux se transforment en assemblée nationale constituante Robespierre participe activement aux débats où l'on discute des réformes à mettre en place. Il contribue notamment à la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen, et milite pour l'abolition de l'esclavage dans les colonies françaises (en particulier dans les Antilles), l'égalité ou encore le droit de vote des gens de couleur. Il est contre l'institution du système censitaire qui réserve le droit de vote aux citoyens fortunés et surtout le droit d'être élus députés aux plus riches : système qui, de fait, prive de droits politiques près de 2 millions de Français (les femmes étant par ailleurs exclues).


Caricature montrant le débat sur la guerre au club des Jacobins en janvier 1792 (Bibliothèque nationale de France, Paris.


Comme tous les députés de la Constituante, Robespierre, ne peut être élu député de la nouvelle assemblée connue sous le nom d'assemblée législative de 1791.


Cependant il ne quitte pas pour autant la vie politique. Il participe aux débats du club des Jacobins dont il devient le président le 31 mars 1790. Il commence à s'opposer à d'autres députés de tendance républicaines mais plus modérés, les Girondins appelés alors les Brissotins.


En particulier, en avril 1792, il dénonce la déclaration de guerre de la France à l’Autriche qui est voulue aussi bien par les Girondins que par le roi. Il pense que de la guerre naîtra la dictature militaire (il pense alors à La Fayette).


Robespierre, Danton, et Marat, peinture d'Alfred Loudet (1882). Robespierre est représenté avec son chien danois (dogue allemand) « Brount », qu'il avait ramené de son voyage en Artois en 1791.


Le 21 septembre 1792, l'Assemblée législative est remplacée par un nouvel organe, la Convention. Robespierre, élu député de Paris, y siège. Il est l'une des principales figures de la Montagne, avec Danton et Marat.


Robespierre, comme beaucoup de ses contemporains, ne devient républicain qu'en 1792. Cette année-là il participe à la Commune insurrectionnelle de Paris qui va provoquer la chute de la monarchie le 10 août 1792. Il joue alors un rôle politique de premier plan. Il est à l'origine de la Convention nationale, élue au suffrage universel. Il est élu à la nouvelle assemblée et siège avec les Montagnards.


Il combat violemment les Girondins hostiles au procès puis à l'exécution de Louis XVI. Robespierre contribue à l'éviction des Girondins après la trahison de Charles-François Dumouriez (journée du 2 juin 1793). Il entre au Comité de Salut public le 9 Thermidor an I (27 juillet 1793). Il devint l'âme de la "dictature jacobine". Avec ses amis, il impose des mesures d'exception jugées indispensables pour sauver la République gravement menacée à l'intérieur (guerre de Vendée) comme à l'extérieur avec l'invasion du territoire français par les armées des puissances monarchiques européennes. D'après les Montagnards seules de telles mesures pouvaient rallier les Sans-Culottes à la défense de la Révolution, pour laquelle ils fourniraient les soldats nécessaires.


Après l'élimination des Ultra-révolutionnaires (Hébertistes et Enragés) (24 mars 1794) jugés "démagogiques", puis des "Indulgents" groupés autour de Georges Danton (5 avril 1794), Maximilien de Robespierre tenta d'imposer son idéal de république démocratique et vertueuse, constituées de petits propriétaires libres et égaux en droit. Robespierre est hostile à la déchristianisation, mais il a des idées déistes. Il veut remplacer les anciennes religions par le Culte de l'Être suprême. On lui donne le surnom d'Incorruptible, tant ses convictions et son mode de vie austère incitent au respect. Mirabeau dira de lui en 1789 : « Cet homme est dangereux, il croit tout ce qu'il dit ».


Souvent malade (dépressif) et absent des réunions du comité, il inquiète ses collègues aussi bien les plus terroristes des conventionnels (Fouché, Barras) que les députés du Marais, après l'instauration de la Grande Terreur (loi de prairial an II - 10 juin 1794) jugée inutile après les victoires militaires (Fleurus 26 juin 1794).


Robespierre est victime d'un complot mené par une partie des conventionnels. Il est arrêté le 9 Thermidor an II (27 juillet 1794). Il est exécuté le lendemain sans procès ainsi que vingt et un de ses amis politiques dont Saint-Just et Couthon. Les vingt-deux têtes furent placées dans un coffre en bois, et les troncs rassemblés sur une charrette se dirigeant vers le cimetière des Errancis. On jeta le tout dans une fosse commune et l'on répandit de la chaux afin que le corps du "tyran" (Maximilien de Robespierre) ne laisse aucune trace.