TERRA VINTAGE
TERRA HISTOIRE
TERRA ÉCOLOGIE
TERRA SCIENCES
TERRA PLUS
OXYGÈN' TÉLÉVISION
Pompeï
Le baptème de Clovis

LA UNE

© 2021 TERRA OXYGÈN' tous droits réservés.

Le siège d'Alésia est une bataille décisive de la guerre des Gaules qui voit la défaite d'une coalition de peuples gaulois menée par Vercingétorix face à l'armée romaine de Jules César en 52 av. J.-C.. Désireux d’accroître son propre prestige personnel, sa fortune et saisissant l'occasion d'étendre le territoire de la République romaine, Jules César intervient dans les affaires gauloises en 58 av. J.-C. et contrôle rapidement une grande partie de la Gaule.

POMPEÏ

LE BAPTÈME DE CLOVIS

MISE EN PAGE :

Laurent FORELLI

FONDATEURS :

Laurent FORELLI

Sébastien COLAU

Alexandre FORELLI

PROLOGUE

Pendant un mois en Septembre 52 avant Jésus Christ, dix légions de Jules CESAR creusent des fossés et dressent des palissades et des tours pour édifier un double front de fortifications devant Alesia, afin d’en finir avec Vercingétorix. Le premier front doit bloquer les 80 000 Galois assiégés, le second est destiné à parer l’arrivée de renforts. Le génie militaire romain va avoir raison de la résistance gauloise.


Dès la fin du IIe siècle avant l’ère chrétienne, Rome doit faire face aux incursions des peuples barbares sur son territoire. Considérant la Gaule comme un écran entre la République et ces derniers, elle entreprend de faire entrer dans sa dépendance les tribus celtes, dont les divisions mettent en péril le fragile équilibre de l’Europe de l’Ouest. Quand Jules César, désireux d’accéder au pouvoir suprême, cherche la meilleure manière de servir sa propre gloire, il se tourne tout naturellement vers la gaule. La rivalité qui oppose les Helvètes va offrir au général romain le prétexte pour intervenir. Les Helvètes ont décidé de quitter leur territoire, la Suisse actuelle, pour s’établir en Saintonge.

SEPT.

52

AV JC

Source :

DIVERS AUTEURS

Cliquez sur la couverture

pour commander

le livre au Furet du Nord

LA GAULE AU TEMPS DE VERCINGÉTORIX

Le pays que Jules CESAR envahit en 58 avant Jésus Christ est loin d’être sous-développé. La Gaule est très peuplée pour l’époque (de 9 à 10 millions d’habitants). La société est dominée par une noblesse guerrière. La population vit au sein de villages, mais certains habitent des Oppida, à la fois des centres administratifs, sites défensifs et refuges pour les paysans alentour, marchés, centre artisanaux et lieux de culte.

MARS 52

Jules CESAR se lance à la poursuite des troupes gauloise. Le choc à lieu à Gergovie, mais la bataille tourne au désastre pour les légions romaines, qui doivent se replier sur la Bourgogne pour reconstituer leurs forces. De son côté, Vercingétorix décide d’attirer les Romains sur les hauteurs d’Alésia, où il espère une victoire lui permettant afin d’apparaître comme un chef incontesté. Après son échec à Gergovie, Jules CESAR a regroupé son armée à Sens. Il a pour projet de gagner la Province romaine, c’est-à-dire le sud de la Gaule.

  

MARS 58 AVANT JÉSUS CHRIST

Jules CESAR remonte le Rhône et la Saône, et se porte au-devant de quelque 40 000 Helvètes qu’il contraint, après bataille, à rejoindre leurs terres d’origine. Mais un autre danger pèse sur la Gaule. Les Germains se sont installés en Alsace et menacent la vallée de la Saône. Jules CESAR les oblige à repasser le Rhin. Il apparaît ainsi comme le sauveur de la Gaule. Pour autant, les entreprises militaires du général romain inquiètent rapidement les tribus celtes, qui n’entendent pas accepter l’alliance que Jules CESAR veut leur imposer. Des révoltes éclatent. Elles sont impitoyablement réprimées. Fort de ses succès, Jules CESAR projette de faire de la Gaule une confédération liée à la puissance romaine. Mais c’est compter sans la résistance de nombreuses tribus qui, sensibles à l’appel des druides, veulent préserver la tradition celtique menacée par les agissements de Rome. La rébellion gagne rapidement l’Auvergne, et les peuples gaulois finissent par se donner un chef, un certain Vercingétorix.

VERCINGÉTORIX

Les documents historiques témoignant de la vie de Vercingétorix sont peu nombreux et doivent être critiqués et interprétés, particulièrement à la lumière de l'archéologie. Ce sont essentiellement des écrits d'auteurs anciens, dont Strabon, Plutarque, Florus résumant Tite-Live, et Dion Cassius. Mais Vercingétorix est avant tout connu au travers des Commentaires sur la Guerre des Gaules, destinés au Sénat romain, que Jules César rédige tout au long de ses campagnes et compile après sa victoire finale d'Alésia sur les Gaulois. Les éléments relatifs à Vercingétorix sont tout entiers contenus dans le livre VII des Commentaires.


Cependant, les progrès importants de l'archéologie de la France gallo-romaine au cours des quarante dernières années ont livré de très nombreux éléments permettant de mieux cerner le personnage et son contexte.


Vercingétorix est probablement né en Auvergne, à Gergovie selon Strabon. Il est aussi possible de songer à la ville de Nemossos, mentionnée par Strabon8, qui est parfois assimilée à l'actuelle Clermont-Ferrand, mais les fouilles archéologiques les plus récentes semblent révéler la capitale des Arvernes non pas sous l'actuelle Clermont-Ferrand, mais plutôt à Corent. Les fouilles actuelles révèlent l'exceptionnelle urbanisation de cette zone de la Limagne et son développement polycentrique ; il semblerait qu'à l'époque de Jules César coexistaient là trois oppidums fortifiés, celui de Gergovie, celui de Gondole et l'agglomération de Corent. De nouvelles découvertes restent cependant possibles.


Sa date de naissance n'est pas non plus connue, si ce n'est par une déduction du texte de César qui fait référence à un adulescens en -529, soit, en droit romain, à un homme de moins de trente ans. On peut donc en déduire une naissance autour de l'an -8010, quoique l'on retienne la date de -72 par convention.


Il est le fils de Celtillos, chef d'un des principaux clans arvernes, un des peuples gaulois les plus puissants et qui fut opposé à Rome à la fin du iie siècle av. J.-C. Son père aurait été mis à mort par les familles aristocratiques arvernes pour avoir tenté de rétablir la royauté à son profit (principatus totus Galliae), abolie et remplacée par un régime aristocratique dans les années -120 par Rome, imposant ses conditions de vainqueur et emmenant en captivité Bituitos, le dernier roi vaincu près d'Orange. Ce rejet de la monarchie valait sans doute autant que la crainte d'une dénonciation du traité passé avec Rome, source de paix et de profit pour ce peuple depuis 60 ans.


Plutarque, dans ses Vies parallèles des hommes illustres, à propos de la biographie de César, estropie son nom en « Ουεργεντοριξ (Ouerguén'torix) » ; Strabon le cite sous une autre forme. Mais tant César lui-même que de nombreuses monnaies font état de ce nom, les monnaies précisant son onomastique exacte : VERCINGETORIXS. Pour l'historien romain Florus, son « nom même semblait fait pour engendrer l'épouvante ».


Pendant longtemps, après la « redécouverte » des Gaulois et de Vercingétorix au XIXe siècle, les auteurs se sont interrogés pour savoir si le mot « Vercingétorix » était un nom de personne, ou s'il voulait dire « le chef » en langue arverne. Ainsi Jules Michelet le nomme dans son Histoire de France : « le » Vercingétorix. Il y aurait alors plusieurs rois ainsi titrés dans l'histoire gauloise, ce qui expliquerait la relative abondance et la répartition des pièces de monnaie gauloises portant cette inscription. Mais la difficulté restait cependant que « le » Vercingétorix portait alors ce nom avant même que ne lui soit confié le titre de roi.


D'après des auteurs comme Pierre-Yves Lambert19, la lettre latine « X » correspond à un Chi grec et se prononce donc comme une jota espagnole adoucie, donc comme le χ grec oriental (l'alphabet grec étant certainement arrivé en Gaule grâce aux Phocéens, qui sont des Grecs orientaux).


Sa signification serait : « grand roi des fantassins » ou, mieux encore, « chef suprême des guerriers » (le terme de fantassin étant vraisemblablement générique), « Roi-suprême-des-Guerriers ».


Selon Serge Lewuillon, Vercingétorix avait dû probablement, comme de nombreux aristocrates gaulois du temps de César, frayer avec César, avant de prendre les armes contre lui ; il a pu lui adresser des rapports sur la situation de la Gaule ; ainsi s'expliquerait le fait que César attribue à Vercingétorix un caractère de fourberie. Pour Vincent Guichard, Vercingétorix serait un Gaulois tiraillé, un officier de César qui finit par se révolter. Commentant une tradition selon laquelle Vercingétorix espérait le pardon de César « parce qu'ils avaient été amis », Christian Goudineau explique que Vercingétorix avait dû être un chef allié des Romains, comme César en avait beaucoup ; mais il avait trahi, et fut donc exécuté.


Après la défaite des Allobroges à la bataille de Solonion en -61, la Narbonnaise est définitivement soumise, tandis que l'Aquitaine, la Belgique et la Celtique (catégorisation gréco-romaine complètement étrangère aux diverses nations gauloises) restent des territoires encore indépendants de Rome. César, qui est gouverneur de la Gaule cisalpine et de la transalpine (la Narbonnaise), en parle comme constituant les peuples de la Gaule chevelue.


« Gallia est omnis divisa in tres partes », dit César (« la Gaule est divisée en trois parties ») : les Aquitains, les Celtes et les Belges. Après la conquête du midi de la France, la transalpine, dans les années -125/-122, de nombreux traités commerciaux avaient ébauché des liens importants avec Rome. La Gaule comprend alors plus de soixante peuples, dont certains très connus, comme les Arvernes, les Éduens, les Séquanes, les Rèmes. Au total, ces territoires sont très peuplés et comptent de 9 à 10 millions d'habitants.


Depuis le milieu du IIe siècle av. J.-C. et surtout après la conquête romaine du sud, les Éduens ont fait allégeance à Rome et tissé avec elle des liens commerciaux, politiques et militaires très forts. Traditionnellement, les Arvernes, peuple puissant dominant le Massif central, s'y opposent et les conflits sporadiques s'enchaînent jusqu'à la défaite arverne de -121.


En -58, Vercingétorix est un jeune homme d'une vingtaine d'années, issu de l'aristocratie et en âge de se battre, lorsque Jules César, prenant prétexte de la migration vers la Saintonge des Helvètes forcés par la pression croissante des Germains d'Arioviste, envahit la Gaule à la tête de ses légions romaines et de contingents alliés gaulois pour venir en aide aux inféodés traditionnels de Rome, les Éduens, menacés à leur tour par les Germains. Il veut soumettre les peuples gaulois à l'autorité de Rome pour servir sa gloire et confisquer leurs légendaires richesses.


Celtillos, l'un des principaux chefs des tribus arvernes, tente alors de prendre la tête du « parti anti-romain » en Gaule, que les Séquanes (affaiblis par le récent affrontement avec Arioviste) avaient dirigé au cours du siècle précédent, mais il est exécuté par les familles nobles arvernes favorables au gouvernement aristocratique (l'oncle de Vercingétorix Gobannitio faisant partie de ceux-là) et qui refusent son autorité.


Son fils Vercingétorix est alors formé aux armes et comme beaucoup de fils d'aristocrates, entre probablement à ce moment dans l'entourage militaire de César, dont il devient l'un des contubernales (« compagnon de tente »). Il est probablement envoyé par les Arvernes auprès de César, librement, à la tête d'un escadron de cavalerie gauloise et non pas livré comme otage (pratique romaine courante pour s'assurer de la loyauté ou de la neutralité de la nation à qui l'on demande cet otage), comme le suggère Dion Cassius qui décrit leur amitié. Deux éminents historiens, Yann Le Bohec et Paul M.Martin César accréditent pour leur part la thèse d'un Vercingétorix ancien officier de cavalerie de Jules César. César le forme aux méthodes de guerres romaines en échange de sa coopération et de ses connaissances du pays et des pratiques de la Gaule chevelue. Il aurait été le commandant du corps de cavaliers arvernes, réquisitionné au titre des accords conclus en -120.


La guerre commence et va durer plus de six ans, César conduisant avec succès les aigles romaines au-delà du Rhin et en Bretagne (l'actuelle Grande-Bretagne). La guerre va s'échelonner en de nombreuses campagnes menées chaque année contre les tribus insoumises.


En -58, César décide d'intervenir pour empêcher les Germains d'Arioviste de menacer la paix en Gaule, le bat en Alsace, près de Mulhouse, et fixe pour des siècles la frontière entre Gaulois et Germains sur le Rhin. Ceux-ci ne peuvent plus franchir le fleuve pour s'établir en Gaule sans l'aval des Romains.


En -57, jouant sur la rapidité de déplacement de ses troupes, César se dirige vers le nord-est et décide d'affronter les Belges qui avaient assemblé des masses d'hommes sur les rives de l'Aisne. Il s'enferme dans les camps et attend de voir la désunion produire ses effets ; puis il affronte successivement et victorieusement les Nerviens de Boduognatos, puis les Bellovaques. Impressionnés, les peuples de l'Armorique se soumettent à leur tour. La Gaule est soumise, la guerre est finie et Rome célèbre le héros en octroyant dix jours de réjouissances.


Cependant, César reste en Gaule et doit affronter, à partir de -56, la montée des résistances, particulièrement à l'impôt, et la rébellion des puissants Vénètes du Morbihan et de leurs alliés d'Armorique et d'outre-Manche les Bretons. La punition des Vénètes est impitoyable, les élites supprimées et le peuple réduit en esclavage.


Dans l'hiver -54/-53, une nouvelle révolte d'un peuple de la Meuse, les Éburons, qui réussit à détruire une légion, oblige César à mobiliser une dizaine de légions et il n'hésite pas à pratiquement exterminer ce peuple. Des révoltes sporadiques, comme celle des Carnutes ou des Sénons éclatent au printemps -53. Les Carnutes massacrent à Orléans des négociants romains, le chef sénon Acco est supplicié et Labiénus, lieutenant de César, met au pas les Trévires.


L'hiver -53 arrivant, César rejoint la Gaule cisalpine (Italie du Nord), l'un de ses commandements militaires. Les Gaulois, connaissant l'anarchie politique qui règne à Rome, tentent un nouveau soulèvement. Vercingétorix se présente désormais en rival.


Voulant peut-être profiter de la situation très difficile que connaît Rome avec l'écrasement des légions de Crassus par les Parthes en -53, la fin du Premier triumvirat, et du mécontentement qui couve dans une Gaule lasse de ces années de guerre, Vercingétorix, révoquant l'alliance romaine, revendique à nouveau l'indépendance qui fut fatale à son père :


« Le ressentiment de l'indépendance perdue et l'ennui de la domination romaine faisaient dans la Gaule des progrès rapides, et devenaient chaque jour plus vifs, parce que chaque jour aussi, cette domination devenait plus oppressive. »


— Amédée Thierry, Histoire des Gaulois


Dans l'hiver de -53 à -52, des commerçants romains sont massacrés par les Carnutes à Orléans. À l'annonce du massacre, Vercingétorix prend le pouvoir chez les Arvernes et s'impose à la tête du parti anti-romain, notamment grâce à l'art du discours prisé chez les Gaulois comme chez les Romains qu'il a côtoyés. À la fin de -53 et au début de -52, plusieurs armées gauloises alliées traditionnelles des Romains font peu à peu défection et se rangent sous la bannière de Vercingétorix.


Selon César, le massacre d'Orléans fut précédé par des réunions tenues « au milieu des bois », bois dans lesquels on reconnaît souvent la forêt des Carnutes. Selon César, le plan du soulèvement général de la Gaule semblait déjà dressé. César toutefois ne nomme aucun des Gaulois présents à cette réunion. Selon C. Goudineau, « ces lignes doivent être lues avec beaucoup de circonspection » le récit de César organisant la mise en scène classique d'une conjuration semblable à celle de Catilina décrite par Salluste. Quoi qu'il en soit, l'annonce du massacre d'Orléans entraîne l'apparition de Vercingétorix dans le récit de César. Vercingétorix, on l'a vu, revendique une position politique forte, semblable sans doute à celle qu'avait eue son père. Selon César, il réunit ses inféodés qui s'arment :


« L'exemple y fut suivi : Vercingétorix, fils de Celtillos, Arverne, jeune homme qui était parmi les plus puissants du pays, dont le père avait eu l'empire de la Gaule et avait été tué par ses compatriotes parce qu'il aspirait à la royauté, convoqua ses partisans et n'eut pas de peine à les enflammer. »


— César, De Bello Gallico, livre VII


Mais Vercingétorix se heurte à l'oligarchie arverne, son oncle Gobannitio en tête, qui est peut-être responsable de l'exécution de son père, et le chasse de la ville. Cette opposition de l'oncle au neveu n'est pas fortuite : pour Serge Lewuillon elle est déterminée par le système de parenté gaulois où « la relation avunculaire met en jeu de préférence le côté de la mère, c'est-à-dire la partie la plus sophistiquée du système de la parenté, mais aussi celle qui produit les formules les plus souples et les plus efficaces de l'échange ». L'opposition de Gobannitio à Vercingétorix avait donc des causes politiques mais peut aussi s'expliquer à travers ce que l'anthropologie des systèmes de parenté révèle.


Chassé de Gergovie, Vercingétorix lève des troupes dans la campagne puis revient en force quelques jours plus tard, mobilisant le peuple et s'imposant comme le véritable commandant suprême : il est proclamé roi et envoie des ambassades aux principaux peuples de Gaule. Selon Robin Seager le vocabulaire employé par César dans ce récit de la prise de pouvoir est extrêmement connoté et très significatif pour son lectorat romain : les mots qu'il choisit sont à la fois très familiers mais engagent aussi de la part de ces lecteurs des réactions attendues : Vercingétorix est présenté comme un homme au pouvoir considérable, mais la phrase décrivant ses soutiens campagnards utilise des termes propres à le discréditer aux yeux des sénateurs romains, les termes de César sont en effet ceux, utilisés à la même époque pour qualifier les soutiens de Catilina ou Clodius : César dénie donc à Vercingétorix toute légitimité politique et le présente comme un homme dangereux.


Vercingétorix, tout au long de cette année -53, va montrer un réel talent militaire et politique et donner du souci à l'un des stratèges romains les plus talentueux. Son action prend deux formes : il organise la résistance sous forme de guerre de harcèlement (à laquelle la géographie gauloise se prête excellemment) en recourant à la politique de la terre brûlée, ayant compris que l'armée romaine était très dépendante de la logistique de son ravitaillement et il s'emploie à fédérer le plus grand nombre possible de tribus de Gaule contre Jules César.


En janvier -52, il lance de multiples ambassades auprès de peuples gaulois pour tenter de les rallier, n'hésitant pas à garantir l'alliance par l'échange d'otages. Il tente de s'imposer aux Éduens (dans l'actuelle Saône-et-Loire), alliés des Romains ou, à tout le moins, de les neutraliser. Il envoie un de ses alliés, le cadurque Luctérios, vers le sud, au contact de la province narbonnaise et réussit à retourner les Rutènes et leurs alliés. La Narbonnaise est ainsi directement menacée. Vercingétorix réussit lui-même à gagner à sa cause les Bituriges, normalement membres de la confédération éduenne. Il inspire rapidement une union des peuples du centre et de l'ouest de la Gaule contre le proconsul.


César, sentant le danger imminent d'une insurrection générale de la Gaule, interrompt son séjour en Cisalpine et rejoint fin janvier Narbonne pour rétablir la confiance. Dans un geste tactique audacieux, il traverse la Cévenne enneigée, menaçant le pays arverne, et de là, rapidement, rejoint Agedincum (Sens) plus au nord. Il y retrouve en février six légions cantonnées pour l'hiver pour lutter contre la sédition qui se répand au centre de la Gaule, quatre autres légions restant réparties sur la frontière avec les Trévires et celle avec les Germains.


Vercingétorix met en œuvre sa stratégie : éviter l'affrontement direct avec les légions, épuiser l'armée romaine par une course poursuite en créant des « abcès de fixation successifs » et en lui supprimant toute capacité à se nourrir sur l'habitant grâce à la politique de la terre brûlée.


Voyant César concentrer ses forces, il reprend l'offensive et affronte les Boïens un peuple allié de Rome et surtout membre de la confédération éduenne, testant ainsi sa solidité et défiant le seul peuple gaulois qui lui résiste. Il met le siège devant l'oppidum de Gorgobina (près de Sancerre). Mais le talent et l'intelligence stratégiques de Jules César permettent à ce dernier de bénéficier de l'aide logistique des Boïens, les Rèmes (région de Reims), et surtout les Éduens, en passant des pactes avec tous ceux longtemps réticents à rejoindre les troupes arvernes et la coalition gauloise.


Ainsi, Jules César, après un passage au travers de la Brie ravagée, parvient à prendre la ville de Cenabum (Orléans) qu'il pille et livre aux flammes, puis traverse la Sologne à son tour désertée et assiège Avaricum (Bourges) qui n'a pas brûlé. On s'interroge sur la raison de cette préservation de la ville par les Gaulois, alors que plus de vingt villes des Bituriges avaient brûlé peu avant. César dit que Vercingétorix s'est laissé fléchir par les notables Bituriges qui veulent préserver la ville. Christian Goudineau, résumant les débats historiographiques, penche pour une tactique délibérée de Vercingétorix qui veut « fixer » les légions : les exposer à la guerre d'usure des Gaulois dans un siège long d'une place réputée inexpugnable, pour mieux les détruire lorsqu'elles seront suffisamment affaiblies.


La tactique a échoué grâce à l'art remarquable de César en matière de siège qui n'hésite pas à créer un camp retranché par ses légionnaires malgré un climat peu agréable et réussit après de longues semaines à investir la ville. Des dizaines de milliers de défenseurs sont exterminés.


« Vercingétorix demande aux différents peuples de lui fournir des soldats […] De semblables mesures lui permettent de combler les pertes d'Avaricum. Teutomatos, roi des Nitiobroges (près d'Agen), dont le père avait reçu du Sénat le titre d'ami vint le rejoindre avec une forte troupe de cavaliers et des mercenaires recrutés en Aquitaine »


— César, De Bello Gallico, VII,


Si la chute d'Avaricum est incontestablement un revers pour Vercingétorix, une partie de sa stratégie est en passe de réussir : les légions souffrent et surtout les alliés de Rome commencent à changer de camp. Encore plus menaçants pour César, les Éduens semblent sur le point de rejoindre la coalition gauloise. En effet, le parti pro-romain mené par Cotos perd le pouvoir au profit de Convictolitavis, d'une famille puissante, comme Dumnorix l'ancien chef éduen que César avait fait mettre à mort en -55. En quelques semaines, les Éduens, hésitants, basculent en faveur de Vercingétorix.


Dans le même temps, d'autre peuples de la confédération comme les Parisii et les Sénons se révoltent, obligeant César à envoyer Labiénus avec deux légions pour ramener l'ordre.


Vercingétorix remonte alors la rive droite de l'Allier ; César le poursuit rive gauche.


Vercingétorix, fidèle à sa tactique, s'enferme dans Gergovie, près de l'actuel Clermont-Ferrand. César, dans ses Commentaires, prétend qu'il atteint son but de « rabattre la jactance gauloise et redonner du courage aux siens », tout en ayant limité ses pertes à 700 légionnaires, alors que les autres auteurs font état d'un revers inquiétant de César : Plutarque précise que tout allait bien « jusqu'au moment où le peuple éduen entra à son tour dans la guerre. En se joignant aux rebelles, ils provoquèrent un profond découragement dans l'armée de César. C'est pourquoi, celui-ci leva le camp ».


César prend la route du nord-ouest pour faire sa jonction avec les troupes de Labiénus et réprimer la révolte des Sénons. Pendant ce temps, l'insurrection se généralise. Vercingétorix parvient à reprendre son titre de chef des Arvernes et à rallier les Éduens à sa cause. Il s'efforce de les lancer contre la province romaine pour achever de déstabiliser César. Mais il n'y réussit pas.


Vercingétorix s'impose définitivement comme chef de guerre de la coalition gauloise à Bibracte. Une grande partie des peuples gaulois est alors unifiée pour la première fois de son histoire. Il veut probablement défaire César de manière définitive, et croit en sa supériorité, bien que la moitié de ses troupes potentielles ne lui soient pas encore parvenues (elles constitueront l'armée de secours à Alésia).


Jules César a regroupé ses troupes qui forment douze nouvelles légions, soit plus de 50 000 légionnaires, mais il a perdu tous ses auxiliaires gaulois. Il s'efforce de regagner la province, puis l'Italie du Nord. Vercingétorix ne veut pas le laisser échapper et envoie donc sa cavalerie affronter les cavaliers germains de César, à quelques kilomètres d'Alésia : la bataille tourne à l'avantage des Germains.


Vercingétorix regroupe les forces gauloises (80 000 combattants selon César) à Alésia, oppidum des Mandubiens. Il demande à tous les peuples gaulois de fournir des renforts. Ce sera l'armée de secours, qui atteint plus de 250 000 cavaliers et soldats selon César.


Pendant ce temps, César déploie ses dix légions dans des camps placés tout autour et se met en position de siège en faisant construire une énorme double fortification réalisée autour de la place forte, pour empêcher les Gaulois de sortir et se ravitailler, et pour se protéger des attaques des troupes gauloises extérieures.


Vercingétorix est défait au bout d'une quarantaine de jours de siège, ses troupes mourant de faim. Les armées de renfort gauloises, enfin arrivées, lancent une série d'attaques menées par les chefs lémovices ou éduens : les Romains ne sont pas loin de céder, mais le siège n'est pas brisé. Après que le chef gaulois a envoyé des négociateurs pour traiter de la reddition et que César a répondu en exigeant la livraison des armes et des chefs, le lendemain de la retraite de ses troupes, soit le 27 septembre -52 selon plusieurs auteurs, Vercingetorix lui est livré (Vercingetorix deditur, arma proiciuntur, « on livre Vercingétorix [autre traduction possible : Vercingétorix se livre], on jette les armes ») et selon la mythologie offre sa vie en échange de celle des survivants d'Alésia dans un acte de devotio. Les Gaulois sont désarmés, sortent de la citadelle et sont emmenés en captivité. Selon Plutarque, le chef arverne tourne rituellement autour de l'estrade où se tient le vainqueur sur sa sella curulis (siège curule proconsulaire) puis met pied à terre et sans un mot, il jette ses armes (épée, javelot et casque) et ornements (phalère, torque) à ses pieds. Selon Dion Cassius, le chef gaulois tombe aux genoux de César, et le supplie en lui pressant les mains. Selon Florus, Vercingétorix s'agenouille et tend les deux mains en disant « Tiens, dit-il, tu as vaincu, toi, le plus valeureux des hommes, un homme valeureux ! », citation probablement apocryphe. La scène est ainsi présentée comme un rituel d’oblation, assez bien attesté chez les peuples celtiques et germaniques.


L'historiographie française nationaliste du xixe siècle, avec à sa tête Henri Martin, s'est appuyée sur la version brodée de Plutarque pour faire de ce rituel classique de reddition le sacrifice d'un jeune chef gaulois héroïque au destin tragique tout en écornant l’image du vainqueur César rancunier et impitoyable : le chef gaulois sortant d'Alésia sur son cheval blanc, traversant les lignes romaines et le camp romain avec ses cohortes de légionnaires alignées, se présentant devant César et jetant avec dédain (ultime défi) ses armes au pied du vainqueur, est devenue une image d'Épinal.


Christian Goudineau est fortement opposé à ce scénario qu'il juge irréaliste. En mettant en parallèle, le récit de la reddition d'Alésia et celui de la reddition des Atuatuques en 57 av. J.C., il émet l'hypothèse que Vercingétorix est livré désarmé après un échange diplomatique — mentionné par César. Alors que celui-ci quitte l’oppidum, ses troupes jettent leurs armes par-dessus le rempart, afin que Jules César puisse constater, de visu, la réalité de leur désarmement. Jean-Louis Brunaux considère qu'il n'est probablement pas arrivé seul, mais enchaîné, encadré par des centurions.


Cette défaite est due aussi bien à la supériorité logistique de son ennemi qu'au manque d'entente entre les peuples et divers chefs gaulois, peu habitués à se battre ensemble, et aux retards pris par la mobilisation des troupes de secours.


Ce qu'il reste de l'alliance gauloise est d'abord emmené par le chef de l'armée de secours Lucterius et résiste jusqu'à la prise d'Uxellodunum en -51, où elle connaît un terrible châtiment : les mains qui se sont dressées contre Rome sont amputées.


Jules César exhibe Vercingétorix comme trophée, symbole de sa longue campagne militaire en Gaule, en vue de son triomphe à Rome, cette mode d'exposer à la foule les captifs illustres datant du général Paul Émile. Il est maintenu prisonnier vraisemblablement dans les geôles du Tullianum, jusqu'au triomphe de Jules César, entre août et septembre -466. Il faut cependant considérer cette version avec prudence, Rome n'avait pas pour habitude de maltraiter les chefs vaincus, il était en effet important de les présenter riches et en bonne santé afin que le triomphe de l'armée romaine n'en soit que plus grand.


Lors du défilé d'un triomphe romain, les chefs vaincus par le général célébré défilaient à la suite des membres du Sénat et il était d'usage de les exécuter à l'issue de ce triomphe. Vercingétorix est donc exhibé à cette occasion, traîné enchaîné derrière le char de César. Aucun historien contemporain de César n'ayant mentionné l'exécution de l'Arverne, on a peut-être douté dès l'Antiquité de sa mise à mort et pensé que Vercingétorix a bénéficié, comme son prédécesseur le roi des Arvernes Bituitos, d'un régime de liberté. Il aurait vécu ses dernières années dans une villa et non pas un cachot, pour finir exécuté sous la pression du Sénat contre la volonté de Jules César. En effet, il est important de rappeler la culture et la clairvoyance dont faisaient preuves ces deux hommes qui s'admiraient mutuellement, d’où leur probable amitié. Jean-Louis Brunaux considère que la nécessité politique a pris le pas sur tout autre considération : César aurait fait de son ennemi emblématique une victime expiatoire en laissant les geôliers de Vercingétorix l'étrangler dans sa prison, par pitié (lui évitant la multitude de tortures cruelles que subissait les prisonniers de condition inférieure), peut-être dans les heures qui ont suivi le triomphe. Par cette mort discrète, il aurait effacé le destin héroïque de l'Arverne. La version classique telle qu'enseignée jadis dans les manuels scolaires reprend quant à elle la théorie d'une lente agonie ou d'une mort de faim dans un cul de basse-fosse, son corps étant par la suite exposé publiquement dans l'escalier des Gémonies avant d’être jeté dans le Tibre.

DÉBUT AOUT

En cours de chemin, il subit une attaque des Gaulois, sans doute à proximité de la ville actuelle de Montbard. Vercingétorix compte sur la supériorité de sa cavalerie pour s’imposer. C’est oublier la discipline et l’habilité des légions romaines. Pour échapper à la destruction, le chef gaulois décide de se retrancher dans l’Oppidum (place fortifiée) d’Alésia. La position se présente comme un plateau d’environ 97 hectares, isolé entre deux vallées dont les versants aux pentes très raides sont dominés par une falaise de calcaire infranchissable.

MI AOUT

Arrivé devant la place, Jules CESAR se rend compte qu’elle ne pourra être réduite qu’en affamant les défenseurs par un blocus hermétique. Après avoir disposé ses troupes dans des camps fortifiés, il fait entreprendre des travaux de grande envergure, lesquels vont s’étendre sur un immense territoire : cinq collines et une plaine longue de plusieurs kilomètres. Deux lignes fortifiées sont aménagées :  une tranchée dite contrevallation, première ligne de défense longue de 15 kilomètres, est tournée vers l’oppidum, pour interdire toute sortie aux assiégés, une seconde dite circonvallation, s’étendant sur 21 kilomètres, est destinée à empêcher l’arrivée d’éventuels renforts.

FIN AOUT

Dans l’Oppidum d’Alésia, la situation devient intenable. Vercingétorix espère que l’armée de secours enfoncera les Romains. Mais les jours passent sans qu’il ne voie rien venir, sinon le spectre de la famine. Contre elle, il lutte pied à pied, réquisitionne toutes les denrées existantes, rationne ses soldats. Mais il ne pet se résoudre à faire abattre les chevaux auxquels les fourrage manque cruellement : la viande de cheval est pour les Celtes un tabou inviolable. Pour n’avoir pas de bouches inutiles à nourrir, il a expulsé les femmes, les enfants, les vieillards. Jules CESAR, lui aussi économe de ses vivres, les repousse, la mort les trouvera, décharnés, entre les deux dispositifs fortifiés.

FIN SEPTEMBRE

Les Gaulois tentent une première sortie. C’est un échec. Les secours attendus paraissent enfin, mais trop tard. De plus, ils ne parviennent pas à coordonner leurs mouvements sous la conduite désordonné de leurs chefs. Ce combat de cavalerie tourne à l’avantage des Romains. Au cours de la nuit suivante, les renforts et les assiégés essaient de prendre les forces de Jules CESAR en tenaille. Nouvel échec. Une troisième tentative ne rencontre pas plus de succès, et l’armée de secours prend la fuite. Les troupes victorieuses de Gergovie, affamées et prisonnières dans Alésia, n’ont plus qu’à périr ou à capituler. Après six mois de siège, Vercingétorix choisit finalement de se rendre, pour épargner ses hommes.


Envoyé à Rome, Vercingétorix y sera gardé prisonnier pendant six ans, jusqu’au jour du triomphe de Jules CESAR, en 46 avant Jésus Christ, qui le fait exécuter. Il a 26 ans. En dépit de la résistance des Bituriges, des Carnutes, des Bellovaques et des Cadurques, tous les peuples gaulois finissent par se soumettre à Jules CESAR. La Gaule devient Romaine pour cinq siècles.

LA BATAILLE D'ALÉSIA RACONTÉE AUX ENFANTS

Alésia est le lieu de la bataille finale de la Guerre des Gaules. Elle opposa en 52 av. J.-C. le général romain Jules César au chef gaulois Vercingétorix. Le lieu de cette bataille est habituellement identifié à la commune d'Alise-Sainte-Reine, dans l'actuel département de la Côte-d'Or.


Après la victoire de Vercingétorix contre César à Gergovie, les légions romaines se replient vers le nord pour rejoindre leurs renforts. Les Gaulois se lancent à leur poursuite, mais la cavalerie gauloise est battue par les Romains à Dijon. Vercingétorix se réfugie à Alésia.


Alésia est un oppidum gaulois, c'est-à-dire un lieu situé sur une hauteur, aménagé pour se protéger des attaques ennemies. C'est la capitale de la tribu gauloise des Mandubiens. Vercingétorix garde auprès de lui 80 000 hommes et renvoie les 10 000 hommes de sa cavalerie devenus inutiles. Il dispose de vivres pour tenir un mois de siège. Des émissaires sont envoyés dans l'objectif de provoquer un soulèvement de la Gaule entière, qui forcerait les Romains à disperser leurs forces à travers le territoire.


Avec ses alliés gaulois, César assiège la ville. Au lieu de la prendre d'assaut, il fait construire deux lignes de fortifications autour d'Alésia. La première ligne empêche les Gaulois de sortir d'Alésia et la seconde les prive de l'arrivée de renforts. Dix légions romaines parviennent en cinq semaines à bâtir la double enceinte, dont l'une a une quinzaine de kilomètres de périmètre.


Les tribus gauloises, au lieu de se soulever, dirigent vers Alésia une armée de secours forte de près de 250 000 hommes, dont 8 000 cavaliers. Elle ne parvient pas à briser l'encerclement. Après une journée de combats, elle est vaincue et s'éparpille, poursuivie par la cavalerie romaine.


Le siège d'Alésia dure environ deux mois. Les vivres étant quasiment épuisés, Vercingétorix fait sortir les femmes et les enfants d'Alésia. Les Romains leur interdisant le passage, les expulsés mourront de faim entre les deux lignes. Les Gaulois, privés d'eau et de nourriture, se rendent aux Romains. Vercingétorix est fait prisonnier.


Les soldats prisonniers sont donnés aux soldats romains ou vendus comme esclaves. Les importantes tribus gauloises des Arvernes et des Éduens se soumettent. Vercingétorix est emmené captif à Rome. Il fait partie du cortège des vaincus exhibés au peuple romain au cours du triomphe de César. Il sera exécuté après sept ans de détention.


Les tribus gauloises sont soumises une à une. La dernière sera celle des Cadurques, assiégée et vaincue à Uxellodunum (dans le nord du département du Lot) en 51 av. J.-C. par un lieutenant de César.