TERRA VINTAGE
TERRA HISTOIRE
TERRA ÉCOLOGIE
TERRA SCIENCES
TERRA PLUS
OXYGÈN' TÉLÉVISION
La bataille d'Alésia

LA UNE

© 2021 TERRA OXYGÈN' tous droits réservés.

Le Vésuve ou mont Vésuve (monte Vesuvio en italien, Vesuvius mons en latin) est un volcan italien d'une altitude de 1 281 mètres, bordant la baie de Naples, à l'est de la ville. Il s'agit du seul volcan d'Europe continentale à être entré en éruption durant les cent dernières années, même s'il est actuellement en sommeil ; sa dernière éruption date de 1944. Il est à l'origine de la destruction des villes de Pompéi, Herculanum, Oplontis et Stabies, ensevelies le 24 août 79 sous une pluie de cendres et de boue qui, ainsi, les a conservées jusqu'à nos jours dans leur état antique.

VOUS ÊTES SUR LA PREMIÈRE PAGE

LA BATAILLE D'ALESIA

MISE EN PAGE :

Laurent FORELLI

FONDATEURS :

Laurent FORELLI

Sébastien COLAU

Alexandre FORELLI

LA PETITE HISTOIRE DU VESUVE

Situé en bordure de la baie de Naples, le Vésuve entre en éruption du 24 au 25 octobre de l’an 79. La chronologie exacte de l’événement est connue grâce aux écrits d’un témoin direct, l’homme politique et auteur romain Pline le Jeune, alors âgé de 18 ans. Pour décrire ce que le volcan rejeta au moment de son éruption, Pline évoqua un nuage en forme de pin parasol. Depuis, les scientifiques ont baptisé « phase plinienne » cette étape d’une éruption volcanique dite « explosive ».


Selon les estimations, la catastrophe cause la mort de près de 20 000 personnes dans la région, dont plus de 2 000 dans la seule ville de Pompéi.


Le réveil du volcan aurait commencé dans la nuit du 23 au 24 octobre, quand le magma, remonté des profondeurs de la Terre, entra en contact avec l’eau contenue dans le sous-sol, libérant des gaz en quantité.

24

OCT.

79

Source :

DIVERS AUTEURS

Cliquez sur la couverture

pour commander

le livre au Furet du Nord

20 OCTOBRE 79

Quatre jours avant l’éruption, la terre tremble dans tout Pompéi. Le fait étant récurrent et sans conséquence, les habitants n’y prêtèrent pas grande attention. Nombre d’entre eux se réunissent comme à l’accoutumée au forum public, le cœur politique, religieux et commercial de la ville.

24 OCTOBRE 79 | 13H

Après plusieurs petites explosions annonciatrices de l’éruption dans la matinée le Vésuve entre dans la phase dire « plinienne » : du furieux déflagrations projettent à des dizaines de kilomètres d’altitude un bouchon de débris de magma, envoyant dans les airs une énorme colonne de lave et de cendres de plus de 20 km de hauteur. Le nuage bloque la lumière du Soleil et les séismes violents provoquent l’effondrement des bâtiments. Les habitants cherchent un secours vers la côte mais s’échapper par la mer est impossible tant celle-ci est agitée.

AVALANCHE

La pression, devenue très forte dans la cheminée volcanique, fit sauter le bouchon de lave qui fermait l’entrée du volcan. Des gaz, des cendres et des pierres ponces furent éjectés verticalement, avant de former un nuage noir à l’allure de champignon géant. Celui-ci s’élargit en suivant la direction des vents, jusqu’à mesurer près de 30 km de hauteur !


Pendant plus de sept heures, il plut sur la région des cendres et des pierres de plus en plus grosses. Le nuage mélange de gaz toxiques et de gros fragments de lave solide chauffé à environ 500°C, se répandit, zébré d’éclairs. Il retomba sur les pentes du volcan à près de 360 km/h, emportant et consumant tout sur son passage jusqu’à la mer. Pas moins de six avalanches secouèrent la zone, la plus forte, la quatrième ravageant la ville de Pompéi.

PRÉHISTORIQUE | ANTIQUE

La montagne s'est formée initialement il y a 25 000 ans, résultat de l'éruption plinienne de Codola. Bien que la région ait été sujette à une activité volcanique depuis au moins 400 000 ans, la plus basse couche de matériel éruptif provenant du mont Somma se retrouve au-dessus de l'ignimbrite campanienne datée de 34 000 ans et produite par les champs Phlégréens.


Il a été ensuite agrandi par une série de coulées de lave, intercalées avec de plus petites éruptions explosives. Toutefois, le style d'explosion a changé il y a 19 000 ans environ vers une séquence de larges éruptions pliniennes explosives, celle de l'an 79 étant la dernière. Les éruptions sont nommées en fonction des dépôts d'éjecta produits :


Pomici di base (« ponce basique ») - Sarno : il y a 17 000 à 18 300 ans, 6 sur l'échelle VEI, probablement la plus violente des éruptions qui a vu la formation de la caldeira du Somma. Elle a été suivie par une période de bien moindre activité, avec des éruptions effusives ;

Pomici verdoline (« ponce verdâtre ») : il y a 15 500 à 16 000 ans, 5 sur l'échelle VEI ;

Pomici di Mercato ou Pomici Ottaviano ou Pomici Gemelle : il y a 7 900 à 8 000 ans, 6 sur l'échelle VEI, précédée d'une moindre éruption explosive il y a 11 400 ans (Lagno Amendolare, VEI 4) ;

Pomici di Avellino : il y a 3 750 à 3 800 ans (année -1660 ± 43 ans, selon une datation carbone), 6 sur l'échelle VEI, précédée de deux moindres éruptions explosives il y a 6 000 et 4 500 ans environ (Novelle, VEI 4). L'éruption d'Avellino s'est déroulée 2 kilomètres à l'ouest du cratère actuel et a détruit plusieurs colonies de l'âge du bronze ancien. De remarquables vestiges ont été découverts sur le site archéologique de la Croce del Papa en mai 2001, aux abords de Nola, surnommée la « Pompéi préhistorique » : cabanes, poteries, bétail et même des empreintes animales et humaines ainsi que des squelettes. La plupart des habitants ont fui en hâte, laissant le village enseveli sous les pierres ponces et la cendre, un destin similaire à celui de Pompéi. À titre de comparaison, cette éruption a été plus importante que celles de 79 (VEI 5) et 1631 (VEI 4), avec des retombées de nuées ardentes jusqu'à 15 kilomètres au nord-ouest du cratère et des dépôts de 3 mètres d'épaisseur dans la région actuellement occupée par Naples.

Ensuite, le volcan est entré dans une phase d'éruptions plus fréquentes mais moins violentes jusqu'à l'éruption plinienne la plus récente qui a détruit Pompéi.


La dernière de ces éruptions s'est probablement produite en -2178. Des tremblements de terre sont attestés en Italie durant cette année et le soleil a été signalé comme étant voilé par une brume ou un brouillard sec. Plutarque écrit que le ciel est en feu près de Naples et Silius Italicus mentionne dans son poème épique Punica que le Vésuve tonnait et produisait des flammes pire que l'Etna cette année-là, bien qu'ils soient contemporains d'environ 250 ans de l'événement rapporté. Des échantillons de carottes de glace du Groenland de cette période approximative montrent une acidité relativement élevée supposée avoir été provoquée par le sulfure d'hydrogène de l'atmosphère.


Le volcan a ensuite été calme durant des centaines d'années et était décrit par les écrivains romains comme étant couvert de jardins et vignobles, excepté au sommet qui était rocailleux. À l'intérieur d'un large cercle de falaises presque perpendiculaires se trouvait un espace plat assez large pour abriter le cantonnement de l'armée du rebelle Spartacus en -73. Cette zone était sans aucun doute un cratère. La montagne semble n'avoir eu qu'un seul sommet à cette époque, à en juger par une peinture murale, Bacchus et le Vésuve, découverte dans une habitation pompéienne, la « Maison du Centenaire » (Casa del Centenario).


Plusieurs documents écrits durant les 200 années qui ont précédé l'éruption de 79 décrivent une nature volcanique de la montagne, bien que Pline l'Ancien ne la dépeigne pas de cette façon dans Naturalis Historia :


L’historien grec Strabon (vers -63 - vers 24), dans le livre V, chapitre 4 de Geographica décrit la montagne comme ayant un sommet principalement plat et stérile, couvert de suie et de roches couleur cendre, et suggère qu'il a pu un jour posséder des « cratères de feu ». Il suppose également que la fertilité des versants alentour pourrait être due à une activité volcanique, comme à l'Etna ;

L’architecte romain Vitruve (vers -80 - vers -25), dans le livre II de De Architectura rapporte que les feux ont un jour existé abondamment en dessous de la montagne et qu'elle a vomi la flamme sur les campagnes alentour. De cet embrasement seraient provenues les pierres ponces pompéiennes, auxquelles, le feu, en les cuisant, aurait ôté leur qualité première ;

L’écrivain grec Diodore de Sicile (vers -90 - vers -30), dans le livre IV de Bibliotheca Historica écrit que la plaine campanienne était appelée « Ardente » (Flegrei ou Phlégréen) en raison de la montagne, le Vésuve, qui avait craché des flammes comme l'Etna et montrait des signes de feu qui avaient brûlé dans des temps anciens.


En 79, la région est, comme aujourd’hui, densément peuplée avec des villages, des villes et de petites cités comme Pompéi, et les pentes du volcan sont couvertes de vignobles et de fermes.

24 OCTOBRE 79 | 21H

Des cendres et des roches volcaniques brûlantes pleuvent sur Pompéi, qui est sous le vent du volcan. Les habitants sont piégés dans leurs maisons par les débris bloquant les portes, et les toits commencent à s’effondrer sous le poids des cendres et des roches. De nombreuses personnes meurent asphyxiées par les gaz toxiques présents dans l’air.

25 OCTOBRE 79 | 00H

Le nuage de cendres atteint sa hauteur maximale (plus de 30 km) et commence à s’effondrer, déversant une nuée ardente de gaz et de roches sur la pente nord-ouest du volcan, en direction de la ville d’Herculanum, située à 6 km de là. A plus de 360 km/h et à une température de 400°C, la coulée tue instantanément tout ce qu’elle touche.

25 OCTOBRE 79 | 06H

A l’aube le nuage s’effondre complètement, recouvrant Pompéi d’une autre nuée ardente qui décime les derniers survivants. La ville située à 10 km du volcan est ensevelie sous 5 mètres de matière volcanique, Herculanum sous 20 mètres.

TERRA OXYGÈN' VOUS EN DIT PLUS

Du fait de son état de conservation remarquable, Pompéi constitue un témoignage inestimable sur la Rome antique.



Il est maintenant possible de remonter plus loin dans le temps, aux origines de la ville. Il a ainsi été retrouvé, en certains endroits, jusqu'à trois couches de sédiments correspondant à trois siècles bien distincts, les VIIIe, IVe et IIe siècle av. J.-C., fournissant des informations précieuses sur la colonisation de la Campanie avant l'ère romaine.



Les fouilles ont mis au jour une ville figée au moment exact de l'éruption, il y a plus de 1 900 ans. L'état de conservation du site provient de la couche de matériaux éruptifs — jusqu'à 7 mètres — qui a recouvert le site et l'a protégé des pillages et des intempéries. Les cendres ont également brûlé tous les tissus vivants, puis se sont déposées, créant à la fois une gaine protectrice et une image en creux de l'objet détruit. Grâce à l'ingénieuse technique de moulage développée par Giuseppe Fiorelli qui fait couler du plâtre au sein des poches de cendre (la décomposition des matières organiques crée un espace vide au sein de ces poches) avant de briser la coque de cendre durcie, on peut voir aujourd'hui les victimes dans l'attitude où la mort les a surpris. Certains tentèrent de fuir, de protéger leurs enfants ou de mettre leur magot à l'abri. D'autres sont restés terrés dans leur maison. Beaucoup d'habitants se sont sans doute enfuis tant qu'il en était encore temps. Au cours des fouilles effectuées depuis 1748, on a retrouvé quelque 1 100 corps à Pompéi, victimes des chutes de pierres ponces ou des nuées ardentes qui ont suivi. Même si l'on tient compte des corps qui pourraient encore se trouver dans les parties non dégagées de la ville et de ceux qui n'ont pas été recensés, ces chiffres sont relativement faibles.



Certains de ces moulages sont exposés à l'Antiquarium, aux thermes de Stabies. D'autres ont été laissés à l’endroit même de leur découverte.



Découverte du site : vers 1600



Peu après l'ensevelissement de la ville, des gens — qu'il s'agisse de propriétaires ayant survécu ou de voleurs — vinrent récupérer des matériaux ou des objets de valeur dans différents bâtiments, dont des statues de marbre. Ils ont laissé des traces de leur passage, comme dans une maison où les archéologues modernes retrouvèrent sur un mur le graffiti suivant : « Maison creusée ». Au cours des siècles suivants, le terrain de la ville fut occupé sporadiquement. Son nom et son emplacement furent progressivement oubliés, tombant dans l'anonymat du lieu-dit Cività, la cité.



En 1592, au cours des travaux de creusement d'un canal visant à dévier le fleuve Sarno pour alimenter le village de Torre Annunziata nouvellement édifié, l'architecte Domenico Fontana découvrit quelques plaques de marbre, des pièces de monnaies et des édifices antiques, aux murs recouverts d'inscriptions ou de peintures : voilà la première découverte, fortuite, des vestiges de Pompéi. Il mit notamment au jour une pierre portant l'inscription decurio pompeis (qu'il faut traduire par « décurion de Pompéi », c'est-à-dire un membre du sénat de Pompéi), mais on crut qu'il s'agissait d'une villa appartenant au général et homme d'État romain Pompée. Les travaux finis, Fontana fit recouvrir de terre la tranchée. Cet acte de recouvrir les peintures a été perçu à la fois comme de la censure (en raison de la teneur érotique de certaines peintures) ou une préservation volontaire dans le climat hostile de la Contre-Réforme.



En 1709, des fouilles furent menées dans la région à l'instigation du prince Emmanuel-Maurice de Lorraine, comte d'Elbeuf, amateur d'histoire. Ayant fait l'acquisition d'un champ où on avait découvert des débris de marbre, il fit creuser des puits et des galeries et mit au jour trois statues qu'il offrit au prince Eugène de Savoie. Il découvrit ensuite d'autres statues qui allèrent enrichir le cabinet de curiosités de sa villa de Portici. Cette villa fut acquise en 1734 par le nouveau roi de Naples, Charles III d'Espagne, qui s'intéressa aux objets qu'elle abritait. En 1738, il fit reprendre les fouilles et en confia la responsabilité à l'ingénieur-arpenteur Roque Joaquín de Alcubierre. La découverte d'une inscription permit alors d'identifier le site à l'ancienne cité d'Herculanum. En avril 1748, Alcubierre interrompit les fouilles d'Herculanum et entreprit de nouvelles fouilles dans la région de Torre Annunziata, au lieu-dit Civita, où il pensait découvrir le site de Stabies.



Ce qui fit la particularité de ce dernier site — que l'on ne connaissait pas encore sous le nom de Pompéi —, à savoir la facilité des travaux, s'explique par le fait que la couche de cendre y était bien plus facile à extraire que la coulée pyroclastique solidifiée, d'une épaisseur de plus de 20 m, qui avait recouvert Herculanum. Comme la moisson d'objets d'art déterminait les priorités, de nouvelles découvertes spectaculaires à Herculanum détournèrent pourtant Alcubierre du site de Cività. Les travaux n'y reprirent qu'en 1755. Les techniques de fouille étaient déplorables : on détruisait les pièces jugées indignes d'être exposées et on remblayait les édifices fouillés après les travaux. Lors de son séjour en Italie, l'érudit allemand Johann Joachim Winckelmann fut consterné par ces pratiques et les dénonça. Ses écrits contribuèrent à la célébrité d'Herculanum et de Pompéi.



Identification du site : 1763



L'identification du site fut confirmée avec la découverte d'une inscription faisant référence à Res Publica Pompeianorum puis sur le piédestal d'une statue brisée de marbre blanc : « Le tribun Titus Suedius Clemens, par ordre de l'empereur Vespasien Auguste, ayant pris connaissance des causes et fait relever les mesures, a restitué à la ville de Pompéi les terrains du domaine public qu'avaient envahis des particuliers ».



Karl Weber, qui succéda à Alcubierre, mit un terme aux pratiques consistant à détruire tout ce qui n'était pas intéressant. Il fut également le premier à dresser un plan des fouilles. À sa mort, un officier du génie espagnol, Francesco La Vega lui succéda en 1764. Les autorisations de visiter le site étaient accordées avec parcimonie et ceux qui les obtenaient n'étaient pas autorisés à prendre de notes ou à faire de dessins ou de plans. Winckelmann écrivit : « On pousse la sotte jalousie si loin, qu'on ne m'a pas permis de marcher d'un pas régulier, parce qu'on soupçonnait que je voulais prendre les dimensions des lieux, comme je l'ai aussi fait en effet ». À cette époque, tout individu cultivé se devait d'effectuer ce que l'on appelait le Grand Tour : un voyage à travers l'Europe, dont un séjour en Italie constituait une étape indispensable pour se forger une culture classique, et les sites de Pompéi et d'Herculanum firent bientôt partie de ce circuit. Mozart visita Pompéi en 1770, Goethe en 1787.



En 1765, la découverte de l'Odéon entraîna l'arrêt des fouilles à Herculanum. Désormais tous les efforts se porteraient sur Pompéi. La découverte du Temple d'Isis au mois de juin de la même année suscita une immense curiosité et fut un des déclencheurs de l'égyptomanie. En 1769, l'empereur Joseph II, dont la sœur avait épousé le roi de Naples, rendit à Pompéi une visite qui ne fut pas sans conséquence. On avait mis en scène à son intention la « découverte » d'objets dans une maison, qui porte depuis le nom de maison de l'Empereur Joseph II (VIII). L'empereur ne fut pas dupe, mais s'enthousiasma pour les fouilles et suggéra à son beau-frère d'augmenter l'effectif des ouvriers du chantier et d'accélérer les travaux. En 1771, la découverte de dix-huit squelettes lors de l'exhumation de la villa de Diomède, suscita une vive émotion. Après l'éruption de 1779, il fut jugé plus prudent de transférer les collections de la villa de Portici à Naples. Au cours des années 1780, La Vega s'efforça de conserver certaines peintures sur place, plutôt que de les enlever, ce qui constituait un nouveau progrès. On commença également à reconstituer des éléments des structures supérieures des habitations. Il s'agissait de conserver, avec beaucoup de précautions, la décoration des murs et les mosaïques, ainsi que les objets d'art ou de la vie de tous les jours, afin de procurer au visiteur une sensation de vie au fort impact émotif.



En 1799, après l'entrée des troupes françaises à Naples et la proclamation de la République parthénopéenne, le Général Championnet ordonna des fouilles partielles confiées à l'abbé Zarilli. Une maison découverte à cette époque porte le nom du général. En 1808, l'arrivée de Joachim Murat comme roi de Naples, avec sa femme Caroline, relança l'enthousiasme archéologique pour le site. Sous son règne, l'architecte François Mazois publia les deux premiers volumes de son œuvre, Les ruines de Pompéi. Au cours de cette période, la direction des fouilles fut confiée à deux hommes compétents et dévoués, Michele Arditi et Pietro La Vega.



Le retour des Bourbons fut marqué par un recul de l'activité sur le site, par manque de moyens financiers. On alla jusqu'à revendre des terrains qui couvraient Pompéi, achetés sous Murat. Les visiteurs de marque continuèrent à affluer sur le chantier, où on persistait à mettre en scène des « découvertes » à leur intention. Pire, maintenant que des peintures étaient laissées en place, pour l'agrément des visiteurs, on les arrosait pour aviver leurs couleurs. Le roi, qui souhaitait que ses hôtes puissent visiter Pompéi en tout confort, fit même enlever certaines des pierres qui permettaient de traverser les rues dans l'Antiquité, de façon que les calèches puissent y circuler40. En 1822, une nouvelle éruption du Vésuve déposa sur les ruines une couche de cendre qu'il fallut déblayer. En 1840, on créa une ligne de chemin de fer entre Naples et la porte Marine pour faciliter l'accès au site.



Vers une approche scientifique : 1860



Une nouvelle phase commença en 1860, avec le directeur des fouilles nommé par Victor-Emmanuel II, Giuseppe Fiorelli, directeur du musée national de Naples et directeur des fouilles à Pompéi et à Herculanum, à qui l'on doit l'ingénieuse méthode de moulages 4 grâce à laquelle furent reconstituées — en versant du plâtre liquide dans les espaces vides laissés dans les couches de pierre ponce et de cendres par quelque 1 150 corps humains, sans compter les animaux, les arbres et les objets en bois — les formes de tous les corps organiques demeurés emprisonnés dans les coulées de l'éruption. On peut voir des habitants de Pompéi dans l'attitude où la mort les surprit. Il y en a qui tentent de s'enfuir, de protéger leurs enfants… ou de mettre leur magot à l'abri. Certains de ces moulages furent exposés dans l'Antiquarium de Pompéi, détruit au cours de la Seconde Guerre mondialenote. D'autres ont été laissés à l'endroit même où les corps furent autrefois découverts. Dans les années 2000, les études d'archéoanthropologie menées par Estelle Lazer (en) sur 300 corps pétrifiés montrent que contrairement aux idées reçues, les victimes n'étaient pas majoritairement des personnes âgées, des femmes et des enfants, mais un échantillonnage très disparate, représentatif de la population hétérogène (Osques, Étrusques, Pélasges, Samnites, Romains, Grecs, Juifs). Suite à l'examen des os, la taille moyenne estimée est de 1,54 mètre pour les femmes, 1,64 mètre pour les hommes et 10 % des squelettes montrent des signes d'arthrose.



Giuseppe Fiorelli publia un ouvrage qui retraçait l'histoire des fouilles sous les Bourbons (Pompeianorum Antiquitatum Historia publié de 1860 à 1864 en trois volumes) et fit dégager les maisons par le haut plutôt que de dégager d'abord les rues et de pénétrer dans les maisons par le bas. On lui doit un plan des rues de Pompéi, qu'il divisa en neuf « régions ». Ces fouilles scientifiques n'empêchèrent pas des propriétaires de terrains voisins de revendre leurs propres découvertess. Après Fiorelli, la direction des fouilles fut assurée par deux de ses disciples, qui poursuivirent les travaux dans son esprit : Michele Ruggiero (1875-1883) et Giulio De Petra (1893-1901).



XXe siècle



La nouvelle méthode de fouille connut une vigoureuse impulsion au XXe siècle, d'abord sous la direction de Vittorio Spinazzola (1910-1923) qui entreprit de dégager la rue de l'Abondance sur une longueur de 600 m, de manière à relier le secteur occidental des fouilles à l'amphithéâtre, situé à l'extrémité orientale de la ville. Ces fouilles permirent de mieux connaître la vie économique de la cité, en dégageant sa principale artère commerciale. Spinazzola s'est également attaché à reconstituer les maisons en élévation, chose qui avait été négligée par ses prédécesseurs. La direction des fouilles fut ensuite confiée à Amedeo Maiuri (1924-1961), chercheur qui étudia, inlassablement pendant trente-sept ans, l'archéologie pompéienne et campanienne. Sous sa direction, les régions I et II furent presque complètement dégagées.



Au cours de la Seconde Guerre mondiale, le 24 août 1943 et du 13 au 26 septembre, l'aviation alliée bombarda le site, croyant qu'il était occupé par des troupes allemandes. Plusieurs édifices furent endommagés.



Le 23 novembre 1980, Pompéi a connu un tremblement de terre qui a fait peu de dégâts, mais a fragilisé de nombreux édifices. Une restauration a lieu dans les années 1980 et 1990, des piliers en bois remplaçant le béton armé des années 1950 et les poutrelles en acier des années 1970 mais leur choix se révélant tout aussi contestable.



XXIe siècle



Le début du xxie siècle voit surgir de nouveaux doutes sur l'état de conservation du site (en) et la qualité du travail de restauration des autorités, qui ont utilisé des matériaux modernes (béton) bien trop lourds. En 2008, Pompéi est placé sous la responsabilité de la Protection civile en vertu d’une déclaration d’état d’urgence, ce qui a pour effet de déposséder la surintendance du site et de permettre aux entreprises de restauration de déroger aux procédures des marchés publics, source de corruption et d'incompétences. À la suite de l'effondrement de la Schola Armaturarum (et non de la casernes ou de la maisons  des gladiateurs, comme de nombreux médias l'ont erronément affirmé), également connue sous le nom de Schola Iuventutis (III) en novembre 2010, l'UNESCO a en décembre de la même année envoyé des experts chargés de vérifier l'état de délabrement des vestiges alors qu'en 2012, plus que 10 % des maisons sont ouvertes aux visites et que seules cinq zones sont ouvertes contre cinquante dans les années 1960.



Depuis, d'autres effondrements ont eu lieu



En mars 2012, est lancé le « Grand Projet Pompéi » estimé à 105 millions d’euros, dont 41,8 millions venant de l’Union européennes : ce projet vise à restaurer cinq maisons endommagées et créer un système de drainage des eaux pluviales afin de protéger les ruines de l’humidité. Cependant, la Camorra est accusée de faire pression sur les surintendants du site depuis l’ouverture des fouilles au XIXe siècles, de détourner les subventions de restauration en rackettant les entreprises appelées à intervenir sur le chantiers 14 et ainsi d'avoir intérêt à ce que les éboulements subsistent pour continuer à bénéficier des financements publics. Cette main basse de la mafia est probablement en lien avec l'inculpation pour corruption, abus répétés de pouvoir, fraude, factures gonflées et escroquerie aux dépens de l’État de Marcello Fiori, commissaire extraordinaire de la Protection civile nommé par le premier ministre Silvio Berlusconi pour gérer Pompéi.



La crise économique que subit l'Italie à la fin des années 2000 et le désengagement de l'État consécutif font qu'il ne reste quotidiennement que 6 ouvriers et 25 gardiens peu regardants sur l'immense site dont la restauration est confiée à des entreprises privées incompétentes, ce qui explique l'existence d'éboulements masqués (9 sur 10 ne sont pas déclarés), de fouilles clandestines, de vols d'objets ou de fresques, de chiens errants dont la stérilisation s'est révélée inefficace, etc.



À la fin de l'année 2015, dans le cadre du Grand Projet Pompéi, six domus restaurées, parmi lesquelles la fullonica de Stephanus, ont été rouvertes au public.