Les origines de l'animation | TERRA REPORTER
ANIMATION : HISTOIRE | TERRA REPORTER

NOUS CONTACTER

redaction@terrareporter.fr

FONDATEUR

Laurent FORELLI

SITE WEB

L.F. STUDIOS PRODUCTIONS

COPYRIGHT

2020 FRANCE WEBCREATOR

PRODUCTION

2020 LF STUDIO - TR | LILLE

L'animation est une méthode dans laquelle les images sont manipulées pour apparaître comme des images en mouvement. Dans l’animation traditionnelle, les images sont dessinées ou peintes à la main sur des feuilles de celluloïd transparentes pour être photographiées et exposées sur film.

- 12 000

AVANT

JESUS CHRIST

01

LES ORIGINES DE L'ANIMATION |

PROLOGUE |

Dissipons tout d’abord quelques malentendus : l’animation n’est pas une forme d’art réservée aux enfants, ses propos ne sont pas forcements légers, voire comiques, et les rapports qu’elle entretient avec la bande dessinée ne sont qu’occasionnels. Quant au terme même de caméra d’animation, il regroupe les termes génériques trop souvent utilisé à tort, fait partie, mais ne représente qu’un cas particulier. L’étymologie restant le meilleur moyen de revenir aux sources, il convient de se rappeler que le terme animation prend ses racines dans animos en grec, anima en latin, soit le souffle vital, l’âme. L’essence de l’animation se situe en conséquence dans la capacité à donner la vie. Et à quoi donc ? A tout ce qui est « inanimé », bien évidemment, soit les dessins, les marionnettes, le sable, la pâte à modeler, etc., bref, à des objets ou matériaux qui, figés dans le temps, ne peuvent être considérés comme « vivants ». Certaines peintures pariétales semblent témoigner du désir de simuler le mouvement, en particulier sur les parois de la grotte de Chauvet dans laquelle 400 dessins représentent des animaux sous plusieurs angles et phases de mouvement, et dans les grottes d’Altamira en Espagne (estimées à 12 000 ans avant notre ère). Dans cette dernière, les aurochs y sont dessinés pourvus de multiples pattes, chacune représentant une phase de mouvement de la course. Bien sûr, il ne s’agit pas encore de cinéma (et d’ailleurs le risque d’interprétation anachronique de ces dessins n’est pas à négliger), mais l’idée de susciter un mouvement par une série instantanés temporels témoigne du désir de donner vie l’animal par le mouvement.


Pour quelles raisons l’animation fascine-t-elle ? D’abord par son caractère magique, car elle permet de donner vie à des dessins, à des marionnettes etc. : il s’agit d’une forme d’illusionnisme. Mais également parce que cet art, le « septième bis », curieusement lié ainsi à celui du cinéma, art du XXe siècle, prend ses sources dans tous ceux qui l’on précédé : la peinture, la sculpture, le dessin, la musique, la danse, la dramaturgie… L’idée « d’art total » rêvé par les créateurs d’opéra, incarné par certains cinémas, peut se matérialiser magistralement dans le cinéma d’animation tant il se situe à de multiples carrefours. Depuis 1923, le cinéma est classé comme septième art grâce à Ricciotto Canudo (dans son manifeste du septième art). Le huitième art étant attribué à l’ensemble de la télévision, radio, et photographie, et le neuvième art à la bande dessinée, l’animation se retrouve donc coincée au rang de « septième art bis ». On peut malgré tout se demander si l’antériorité historique de l’animation sur le cinéma de pris de vues réelles ne devrait pas nous autoriser a intervertir ce classement. L’animation deviendrait alors le septième art et le cinéma de fiction ‘celui de prise de vues réelles), le septième art bis, ce dernier pouvant être considéré comme une démarque de l’animation, un cas particulier somme toute : un film dont l’enregistrement des phases successives d’animation se fait en temps réel.

CINÉMA D'ANIMATION |

1908 : son premier dessin animé, Fantasmagorie


1908 : le premier héros de dessin animé, Fantoche


1908 : animation en volume, Les Allumettes animées


1910 :

le premier film de marionnettes Le Tout Petit Faust


le premier dessin animé en couleur Le Peintre néo-impressionniste


le premier dessin animé éducatif, La Bataille d'Austerlitz


1911 : La pixilation, Jobard ne peut pas voir les femmes travailler


1917 :


le premier dessin animé tiré d'une bande dessinée Les Aventures des Pieds Nickelés


la première série de dessins animés Le Chien Flambeau


Les Aventures de Clémentine avec Benjamin Rabier

LES ORIGINES |

Le mouvement fascine depuis toujours. Le fonctionnement anatomique étranger de celui de l’homme également. La mécanique de la marche ou de la course des quadrupèdes à toujours inspiré les observateurs, des hommes des cavernes jusqu’au Maret et Muybridge avec leurs photographies séquentielles.

DE MERVEILLEUX JOUETS |

Les lanternes magiques, nées probablement à la moitié du XVIIe siècle, sont de simples boites renfermant une source de lumière (bougie ou lampe à huile) placée devant un miroir concave. Un orifice permet de projeter une image peinte sur une plaque de verre. Ce sont des caméra obscura inversées, les ancêtres du projecteur de diapositive. Ces lanternes ont souvent servi pour des spectacles destinés à convaincre le public qu’il assistait à de réels phénomène surnaturels ou diaboliques, en particulier pendant la période romantique à la fin du XVIIIe siècle.


Les progrès de l’optique introduisent l’usage d’objectif pour une meilleure précision de projection. Cette évolution donne naissance à un type de spectacles contant de petites histoires naïves ou populaires ou même des adaptations de classiques de la littérature. Ces saynètes se répandent vite à travers l’Europe et perdureront jusqu’au début du XXe siècle à Paris.

CAMÉRA OBSCURA |

La caméra obscura est l’ancêtre de l’appareil photo. Il s’agit d’une simple boîte étanche à la lumière pourvue d’un orifice laissant pénétrer l’image du monde lui faisant face et la projetant sur la paroi opposée. Cette chambre (du latin caméra) pouvait être suffisamment vaste pour qu’un peintre y pénètre et décalque la projection sur le mur.

LANTERNE MAGIQUE |

Les lanternes magiques avaient une flamme comme source lumineuse. C’est sans doute ce qui a poussé Richelet à écrire dans son dictionnaire que ne pas connaître le procédé technique pouvait laisser imaginer une opération surnaturelle, il faut dire que les vues des montres dessinés sur plaques de verre agrandies à l’écran devaient diablement sembler vivantes dans le tressaillement de la combustion irrégulière de la bougie !

PERTINENCE RÉTINIENNE |

Le phénomène de persistance rétinienne est observé depuis longtemps. Les Grecs, avec Aristote et Ptolémée, avaient noté que si un tison est déplacé rapidement dans le noir devant notre œil, celui-ci perçoit l’extrémité incandescente comme une ligne rouge.

JOUETS SCIENTIFIQUE |

L’industrialisation permet à ces jouets de devenir des biens de consommation. La publicité fait donc son apparition pour en vanter les mérites. Le Zootrope à miroir inventé par Reynaud est l’aboutissement du genre. Le mécanisme de projection peut sembler bien compliqué pour nous, surtout pour visualiser d’aussi courtes bandes.

LE PREMIER DESSIN ANIMÉ |

En 1892, les Pantomimes lumineuses d'Émile Reynaud, les premiers dessins animés de l'histoire du cinéma, sont présentées au Musée Grévin à l’aide du Théâtre optique, système de projection sur grand écran de dessins tracés et coloriés directement sur une pellicule de 70 mm constituée d'une suite de carrés de gélatine protégés de l'humidité par un recouvrement de gomme-laque (procédé abandonné par la suite, car il ne permet pas le tirage de copies), les pellicules de l’époque sont en noir et blanc.


En 1906, on découvre un procédé nouveau pour le cinéma, ce que l’on nomme le « tour de manivelle », un « procédé (qui) fut appelé en France "mouvement américain". Il était encore inconnu en Europe », car le tour de manivelle provient du studio Vitagraph Company qui l'utilise pour mettre des objets inanimés en mouvement. C'est un américain, James Stuart Blackton, qui réalise alors le premier dessin animé sur support photographique de l'histoire du cinéma (ceux d'Emile Reynaud étant directement dessinés sur la pellicule), Humorous Phases of Funny Faces (Phases amusantes de figures rigolotes), où l'on voit, tracé en blanc à la craie sur un fond noir, un jeune couple qui se fait les yeux doux, puis vieillit, enlaidit, le mari fume un gros cigare et asphyxie son épouse grimaçante qui disparaît dans un nuage de fumée, la main de l'animateur efface alors le tout. Le dessin animé sur pellicule de cinéma argentique 35 mm, est né.


À son tour, Émile Cohl crée Fantasmagorie, qui est projeté pour la première fois le 17 août 1908, au théâtre du Gymnase à Paris, pour la société Gaumont.


De 1908 à 1923, Émile Cohl réalise trois cents films, pour la plupart des films précurseurs en matière de cinéma d'animation, puisqu'il manie avec autant de bonheur le dessin que les allumettes, le papier découpé ou encore les marionnettes, ou les… citrouilles ! Ses films sont réalisés pour les compagnies cinématographiques françaises Lux, Gaumont, Pathé et Éclipse. Il travaille aussi pour les Laboratoires Éclair à Fort Lee aux États-Unis de 1912 à 1914, comme directeur d'animation.


La créativité, aussi bien technique qu'artistique, de ce que nous connaissons aujourd'hui de son œuvre (seuls 65 films d'Émile Cohl ont été retrouvés à ce jour) en fait l'une des personnalités les plus inventives et les plus importantes des premiers temps du Septième art.

ÉMILE COHL |

Émile est né à Paris, mais à sept ans, à la suite du décès de sa mère, son père le place dans une famille aux Lilas, en banlieue. À 15 ans, il devient apprenti chez un bijoutier, mais il s’intéresse déjà davantage au dessin et à la prestidigitation.


Touche-à-tout de génie, il est tour à tour illustrateur, photographe, auteur de vaudevilles et de pièces de théâtre, comédien, peintre, journaliste, magicien. Caricaturiste reconnu à la fin du XIXe siècle, élève d'André Gill, il flirte avec les mouvements qui influencent plus tard les surréalistes. Il fréquente les cabarets du Chat noir près de Pigalle et du Lapin Agile à Montmartre, et il est membre des groupes artistiques des Hydropathes d'Émile Goudeau, puis des Incohérents. Ses caricatures paraissent dans de très nombreux journaux (La Nouvelle Lune, Les Hommes d’aujourd’hui,) Du 23 décembre 1893 au 14 juillet 1894, il dessine les « unes » de La Libre Parole illustrée (no 24 au no 53), dont quelques-unes présentent un caractère antisémite. Il propose des jeux et des énigmes dans le supplément illustré Nos loisirs (1906).


Il fréquente de nombreux écrivains tels que Victor Hugo et Paul Verlaine. Il rencontre également des cinéastes comme Sacha Guitry et Georges Méliès, qui meurt le même jour que lui à quelques heures d'intervalle.


Marié à l'âge de 24 ans en 1881 avec Marie Louise Servat, il a une fille en 1883, qu'il prénomme Andrée, en hommage à André Gill : il organise une souscription pour soutenir son ami enfermé à l'Asile de Charenton7. À partir de 1886, son épouse entretient une liaison avec Henry Gauthier-Villars, dit Willy (qui sera plus tard le mari de Colette) ; les deux amants ont un fils ensemble. Cet épisode provoque le second duel à l'épée de la vie de Émile Cohl, le 25 octobre 1886 (le premier duel l'ayant opposé à Jules Jouy en 1880).


Sa seconde épouse, Suzanne, fille d'Hippolyte Camille Delpy, peintre de l'école de Barbizon, élève de Jean-Baptiste Corot et Charles-François Daubigny, lui donne un fils, prénommé André.


Émile termine sa vie dans une grande pauvreté et il décède à la suite des brûlures occasionnées par l'embrasement de sa barbe par la flamme d'une bougie. Ses cendres reposent au columbarium du Père-Lachaise (case n°24023).


Son nom a été donné à une distinction qui récompense chaque année un film d'animation : le prix Émile-Cohl.


Un square du 12e arrondissement de Paris porte son nom depuis 1959 ; Paul Pavaux, rédacteur en chef du journal Ciné France, pétitionne en ce sens le Conseil municipal de Paris le 24 janvier 1938.


À Lyon, une école de dessin, l'École Émile-Cohl, a été créée en 1984.


Son petit-fils, Pierre Courtet-Cohl (1932-2008), a beaucoup travaillé pour la connaissance et la reconnaissance de l'œuvre d'Émile Cohl en France et à l'étranger. Très actif dans le milieu du cinéma d'animation et du cinéma des premiers temps, il est notamment à l'origine de la grande rétrospective du Centenaire Émile Cohl, organisée sous l'impulsion de Xavier Kawa-Topor et du Forum des Images à la Cinémathèque Française en 2008, avec le concours des Archives Françaises du film et de la Cinémathèque Gaumont.

JOUETS SCIENTIFIQUE |

Christian Huygens réalise le premier instrument de projection en 1659.


D'abord appelée « lanterne de peur » puis « lanterne mégalographique » et « lanterne thaumaturgique », elle reçoit aussi le nom de « cassette des illusions » avant d'être désignée par son nom actuel en 1668. Son invention doit beaucoup à la fascination de son auteur pour les figures morbides de la Danse macabre. Alors qu'il en peint des représentations de grandes dimensions sur les murs de son jardin en 1646, cette invention lui permet pour sa première projection d'utiliser des dessins de petite taille, afin de représenter un squelette évoquant l'œuvre d'Hans Holbein le Jeune. Ce squelette animé grâce à la présence de plaques de verre, dodeline, agite ses bras et ses jambes et semble inviter le spectateur à le suivre.


La lanterne magique est formée de trois éléments : une source lumineuse, une plaque de verre peinte et un objectif (une lentille convergente). Elle fonctionne sur le principe de la chambre noire, où la source lumineuse (soleil) et les images projetées (paysages) sont remplacées par des éléments artificiels (lampe et plaque de verre peinte). La lumière passe par la plaque de verre, puis par la lentille, pour projeter l'image renversée (haut-bas) peinte sur la plaque.


On en trouve de nombreuses variantes : ajout d'un miroir concave et d'autres lentilles pour condenser la lumière ; source lumineuse de diverses natures (bougie, lampe à huile, ampoule) ; lanterne à double objectif permettant le fondu enchaîné entre deux plaques de verre pour deux images. Les plaques de verre sont parfois munies de petits mécanismes permettant d'animer partiellement l'image.