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Au-delà de révolutionner la presse pour les jeunes au début des années 70, en inventant une nouvelle forme de magazine pop et coloré, le magazine PODIUM est devenu la vitrine de toute une nouvelle génération d’idoles. Tous avaient en commun des tubes populaires et tellement mémorisables qu’ils sont ancrés dans l’inconscient collectif…

Naissance : 1er février 1939

Décès : 11 mars 1978 à l’âge de 39 ans

Sépulture : Cimetière de Dannemois

Nom de naissance : Claude Antoine Marie FRANCOIS

Pseudonymes : Cloclo, Claudio

I WOAW ! PODIUM : STORY D’UN JOURNAL SUPER FAV…

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Mensuel mythique, PODIUM évoque pour toute une génération de pré-ados des années 70, une époque forcément fabuleuse puisque liée à l’insouciance des jeunes années. Dans cette époque multicolore, libérée après mai 68 de bien des lourdeurs et des préjugés, PODIUM renouvelle le genre de la presse magazine pour jeunes. Des jeunes qui ne sont plus les mêmes que ceux des années 60, mais qui veulent toujours rêver. Rêver pour fuir la monotonie du quotidien et idéaliser la vie d’adulte, en observant celles des stars qui ne s’appellent plus les vedettes. Feuilleter PODIUM c’est plonger dans un coin de paradis, se trouver une famille de substitution, à la vie belle et intense, sans heurts, sans éclats sauf ceux des strass et des paillettes. Une famille d’idoles souriantes qui offrent des photos de vacance de rêve, l’hiver à la montagne et l’été au bord de la mer. Des images de jeunesse et de bonheur aussi, sur fond de propriétés féeriques, au bras de fiancés magnifiques. Le père spirituel de cette famille formidable s’appelle CLAUDE FRANCOIS. Grâce à son esprit innovateur et son talent créateur, Cloclo fait de PODIUM un journal qui ressemble à ses lecteurs. Il capte les attentes de cette nouvelle jeunesse et surtout renoue le dialogue avec elle, grâce à un langage fait de courtes interjections et de formules abrégées, sorte de SMS avant l’heure ! Pas étonnant donc qu’en quelques mois PODIUM s’impose comme le Numéro 1 de la presse jeune, et garde aujourd’hui encore un délicieux parfum de nostalgie.


C’est à l’automne 1971 que débute l’histoire de PODIUM. Claude Bernardini, un accordéoniste toulousain qui a accompagné de nombreux artistes, dont la chanteuse vedette de l’après-guerre, PATACHOU, décide de créer un journal musical. Il n’en est pas à son coup d’essai. Deux ans plus tôt, il avait lancé CONTACT VARIETES, un journal destiné aux professionnels de la musique. Après s’être séparé de ce premier titre au cours de l’été 1971, il invite PODIUM qu’in baptise ainsi en référence aux nombreux podiums sur lesquels il est monté en tant que chef orchestre accordéoniste. Après avoir vérifié que le nom ne soit pas déposé à l’INPI, (il l’était uniquement en matière de vêtements), il recherche une équipe de journalistes pour mener à bien avec lui son projet. Un ami musicien lui recommande alors un jeune homme de la région de Toulouse, qui habite la commune voisine de Rabastens. Il s’appelle Michel, qui occupe déjà des fonctions de monteur de vidéo) l’ORTF, rue Cognacq-Jay à Paris, devient alors rédacteur en chef du magazine.


Le premier numéro, avec Gilbert Montagné en couverture, sort en décembre 1971. La ligne éditorial est alors plutôt pop-rock et ne fait pas une grande place aux artistes de variété. Parmi les journalistes qui signent des articles dans les premiers numéros de PODIUM, on peut citer Patrice Blanc-Francart, Dick Rivers, et même Francois Chalais qui s’occupe de la rubrique cinéma. Au bout de quelques mois d’existence, le magazine survit au rythme moyen de quelque 50 000 exemplaires par numéro. Sans être un échec, ce n’est pas non plus un gros succès de ventes, et au bout de 6 numéros l’argent commence à manquer pour payer le papier et l’imprimeur !


Au cours de l’été 1972, alors qu’il participe à deux galas dans le sud-ouest de la France, Claude Francois donne une interview à SUD RADIO dont les studios se trouent à Toulouse. Profitant de la présence du chanteur dans la région, Claude Bernardini négocie pour les pages de son journal une séance de photo avec Cloclo, via Betty, son attachée de presse. C’est ainsi que le chanteur découvre ce magazine toulousain et demande à rencontrer son fondateur. La rencontre a lieu dans la nuit du samedi 1èr juillet au dimanche 2 juillet 1972. Claude Francois vient de triompher sur scène à Revel et, après son spectacle, il retrouve Claude Bernardini dans une célèbre boîte de nuit toulousaine : l’UBU.


Ce soir-là, le fondateur de PODIUM lui présente les 6 premiers numéros du journal. Cloclo trouve cela intéressant, même si il n’est pas totalement convaincu et séduit par la mise en pages. Désireux de lancer un journal pour les jeunes capable de concurrencer le conventionnelle SALUT LES COPAINS qui ne lui réserve plus trop ses faveurs, Claude Francois décide de s’associer avec Claude Bernardini. Un mois après cette première rencontre, à la rentrée 1972, les deux hommes se retrouvent à Paris et concrétisent leur association à parts égales. Dans l’intervalle, Cloclo n’a pas perdu de temps et a déjà constitué son équipe : Michel Lafon reste rédacteur en chef. Pour les photos, Cloclo a débauché l’assistant de Jean-Marie Perier à SALUT LES COPAINS, Gilbert Moreau. Il confie la direction artistique du journal à Paul Wagner, qui vient du magazine VOTRE BEAUTE, et les illustrations à Christian Cloquie et Christian Goux. Dès le mois de septembre 1972, toute l’équipe est opérationnelle. Elle intègre les bureaux du 122, boulevard Exelmans, le siège des entreprises de Claude Francois. Ce dernier a fait aménager les combles de son hôtel particulier par un achitecte pour en faire les locaux de PODIUM. Claude Francois s’implique énormément dans ce journal, qu’il veut à l’image des magazines pour teenagers américains. C’est d’ailleurs dans les pages de l’un deux, TIGER BEAT qu’il puisera l’idée des petits personnages de favinets qu’il fait redessiner selon ses directives par Christian Goux. Un favinet qui ressemblera d’ailleurs, et sûrement pas par hasard, à l’idole ! C’est aussi outre-Atlantique que Cloclo trouvera l’idée d’une couverture éclatée en plusieurs photos d’artistes et non plus avec une seule photo.


Le premier numéro de PODIUM version Cloclo est le numéro 9. Il doit paraître le 27 octobre 1972. Seul problème, au dernier moment, la Une du magazine avec sa photo en débardeur ne le satisfait pas du tout. Claude trouve que cela fait trop Polnareff. Du coup, les 140 000 premiers exemplaires fabriqués sont envoyés au pilon pour y être détruits. C’est donc avec une semaine de retard que sort un PODIUM relooké, avec en couverture un Claude Francois plus idole que jamais, dans son costume rouge aux revers pailletées. Les deux premiers numéros de cette nouvelle formule de PODIUM sont imprimés en Allemagne à Francfort, à 200 000 exemplaires. Et ce ne sera pas de trop, car le succès va être foudroyant…


Au niveau du contenu, les trois premiers numéros sont difficiles à réaliser car peu d’artistes acceptent de poser et de donner une interview pour un journal qui débute. Maison de disques et attachés de presse sont très réticent et doutent sérieusement de la survie de ce nouveau magazine. Toute l’équipe fait donc jouer ses relations. Gilbert Moreau fait appel en direct à ses amis Eddy Mitchell, Jacques Dutronc et Francoise Hardy, qu’il a souvent photographiés pour SALUT LES COPAINS. Cloclo donne lui-même rendez-vous pour des reportages aux artistes qu’il croise sur des plateaux de télévision. Il refuse également de poser pour la concurrence, histoire de réserver l’exclusivité de ses propres photos à son journal. PODIUM joue aussi la carte des nouveaux talents et met à l’honneur de jeunes artistes débutants, très contents qu’un magazine grand public s’intéresse à eux. Inspiré par ses enfants, Claude intègre dès les premiers numéros la rubrique PODIUM FOLIES dans laquelle il demande aux artistes de faire des grimaces. Il avoue alors : Un jour, j’ai remarqué que mes fils riaient chaque fois que je faisais une grimace. Je me suis dit que si eux riaient, les lecteurs pouvaient rire aussi. On a donc fait des photos sur lesquelles je faisais des grimaces à d’autres.


Pour être sûr de sa couverture, Cloclo a un truc infaillible. Il prend très vite l’habitude de la soumettre à ses fans bureaux. Leurs remarques et leurs avis comptent énormément pour lui, au point d’exiger de son équipe la modification de certains articles ou même de certains titres.


Au fil des mois, PODIUM devient un concurrent sérieux pour ses rivaux SALUT LES COPAINS et HIT MAGAZINE. COPAINS, PODIUM représente la modernité, les maxi-posters, les gadgets, les autocollants où s’étaient en quadrichromie les portraits des idoles du moment.


PODIUM, c’est aussi le journal des scoops et, quand il n’y en a pas, Michel Lafon met tout son génie inventif pour en créer. Ainsi naissent des amourettes improbables entre un chanteur dans le vent en apprenant l’accident, pas trop grave quand même, d’une idole. On rêve devant leurs photos de vacances dans des destinations suffisamment lointaines pour être de Sheila ou de la supposée maladie d’Alain Chamfort.


En jouant ce jeu avec complaisance, les stars touchent leur public en plein cœur et fidélisent des fans. Dans cette presse « people » d’avant l’heure, Cloclo n’est jamais en reste et se livre sans compter à son public en ouvrant les portes de son moulin ou en réservant l’exclusivité des photos de ses enfants. Cloclo supervise tout de A à Z, allant même jusqu’à se faire expédier par avion, sur les lieux de ses concerts, les pages de son journal pré imprimées afin d’en signer le bon à tirer.


Pour Claude FRANCOIS, le courrier des lecteurs représente la colonne vertébrale du magazine. C’est pour cela qu’il porte un soin particulier à la lecture de certaines des quelques 10 000 lettres qu’il reçoit chaque semaine, sélectionnées par sa cousine Lena, en soulignant les remarques importantes. Ayant noté que les problèmes de sexualité faisaient partie des grandes préoccupations des jeunes lecteurs, il a l’idée de consacrer une page sur ce thème encore tabou dans cette première moitié des années 70. Véritable révolution, cette rubrique déclenchera de telles réactions, qu’il sera rapidement contraint d’y renoncer.


Du tirage initial de 200 000 exemplaires, « PODIUM » atteint en quelques mois les 400 000 exemplaires. Imprimé désormais en France, à deux pas des Buttes Chaumont, à Paris, ce magazine est en perpétuelle évolution et s’enrichit de mois en mois de nouvelles rubriques initiées par le chanteur devenu patron de presse.


En 1974, Claude décide de décliner l’une de ces rubriques, « LA FILLE ou LE GARCON DU MOIS », qui présente un garçon ou une fille, déshabillés, en un magazine de charme. Il souhaite que son associé Claude BERNARDINI fasse parti de l’aventure. Au cours d’un week-end au moulin en février 1974 il lui en fait la proposition, mais l’éditeur, qui redoute l mauvaise image de ce genre de magazine, refuse. C’est la rupture entre les deux hommes. Quelques semaines après, Claude FRANCOIS rachète les parts de son associé et devient entièrement propriétaire de « PODIUM ». Claude BERNARDINI  repart à Toulouse, où il est engagé comme chroniqueur à « SUD RADIO » avant de reprendre ses activités dans la presse en devenant directeur éditorial dans le groupe de Robert HERSANT.


Ce bouleversement entraîne un changement au niveau de la rédaction. Très vite, Michel LAFON, trop proche de BERNARDINI, s’en va lui aussi vers d’autres aventures et devient directeur de publication d’un autre magazine de presse jeune, « STÉPHANIE ».


Cloclo fait alors appel à une jeune journaliste qu’il a rencontrée dans les couloirs d’EUROPE 1 : Geneviève LEROY. Le jour de son entretien d’embauche, la jeune femme avoue à Claude qu’elle est enceinte. Malgré cela, et par plaisir d’aller contre l’avis de sa comptable, Cloclo engage Geneviève qui devient la nouvelle rédactrice en chef de « PODIUM » à partir de mars 1974.


Dès lors le journal change de format, il s’agrandit et augmente sa pagination : « PODIUM » passe de 62 à 68 pages. Geneviève multiplie les concours, qu’elle gère elle-même. Désormais, les lecteurs peuvent même gagner de l’argent en jouant les reporters d’un jour, en photographiant un ou une de leurs idoles sur scène, dans les coulisses, au restaurant ou dans les rues de leur ville. Il existe aussi des concours de couvertures. Les fidèles de « PODIUM » peuvent créer leur propre Une, avec leurs stars préférés. Excellent moyen pour Cloclo de prendre le pouls des préférences de son lectorat.


Peu à peu, au fil de la progression des ventes, le regard du microcosme de la musique sur « PODIUM » change. Les reportages-interview vont de plus en plus faciles à organiser, et de moins en moins d’attachés de presse refusent d’y participer.


Durant l’été 1974, toute l’équipe de « PODIUM » suit la tournée d’été de Claude FRANCOIS. Les gros camions mauves transportant la sono des galas sont recouverts en caractères géants de l’inscription : « Je lis PODIUM ». Des animations, des jeux, des élections de Miss PODIUM, des distributions de T-Shirts sont organisés. Dans toutes les villes où passe Cloclo, l’équipe de « PODIUM » crée l’effervescence. Les librairies collent sur leurs vitrines les affichettes annonçant l’événement. Cette tournée promotionnelle a une véritable incidence sur les ventes du magazine, qui augmentent encore dès l’automne 1974.


Au même moment, de nouvelles rubriques se créent. Aux autocollants de favinettes viennent s’ajouter les transferts sur Tee-Shirt à l’effigie de Cloclo. Le langage « PODIUM » réinventé par Claude FRANCOIS lui-même à partir des journaux américains, s’élargit. Aux slogans et onomatopées s’ajoute le principe du rébus. Ainsi, « il est époustouflant » devient « il hait thé pousse touffe lent ». Même si cela peut paraitre aujourd’hui simpliste, ces rébus étaient particulièrement efficaces pour attirer les plus jeunes. Toujours inspiré par la presse anglo-saxonne, Cloclo, installe le système des croix sous les dédicaces pour signifier toute l’affection d’un artiste à ses fans.