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Les espèces végétales | Terra REPORTER

Qu’est-ce qu’un OGM ? La consommation de produits issus de cultures génétiquement modifiées est-elle dangereuse pour la santé ? En manipulant les gènes, l’homme joue-t-il à l’apprenti sorcier ? Dès qu’il est question d’OGM les débats s’enflamment...

ÉDITION

2020

On appelle O.G.M. les organismes génétiquement modifiés. Aujourd’hui l’avancée de la science permet de transférer des gènes d’un organisme vivant à un autre, ou de modifier certaines de ses caractéristiques génétiques pour obtenir des qualités intéressantes pour l’homme : rendements supérieurs, résistance accrue aux insectes et à diverses maladies, goût amélioré, etc. Dans le même temps, on s’inquiète des conséquences que de telles manipulations pourraient avoir sur l’homme et sa santé, et plus largement de leurs répercussions sur l’environnement. Le recours aux manipulations génétiques fait couler beaucoup d’encre, soulève bien des débats, déchaîne les passions. Faut-il les craindre et œuvrer à leur disparition ou cette hostilité n’est-elle due qu’à une ignorance de ce que sont vraiment les O.G.M. ?

LES ESPÈCES VÉGÉTALES

PROCHAINEMENT : ATMOSPHÈRES ET EFFETS DE SERRE

Un organisme génétiquement modifié ou OGM (en anglais, Genetically modified organism ou GMO) est un organisme vivant dont le patrimoine génétique a été modifié par l'intervention humaine. Selon les définitions européennes, ces modifications doivent être issues du génie génétique. La définition américaine inclut également les modifications issues de la sélection artificielle. Le génie génétique permet de modifier des organismes par transgénèse, c’est-à-dire l'insertion dans le génome d’un ou de plusieurs nouveaux gènes.

Si on parle beaucoup des manipulations génétiques faites sur les plantes, on parle moins en revanche de celles effectuées sur les bovins, les moutons, les lapins, les cochons, les souris... Ainsi est à l’étude une nouvelle race de poulets, le “poulet rouge pelé”, conçu pour grandir rapidement sans faire de gras et sans... plumes. Prêt à être rôti ! Nos animaux de compagnie, eux aussi, pourraient bien changer d’allure. Bientôt en vente, GloFish, le poisson rouge génétiquement modifié fluorescent ! On lui a inséré la “ protéine vert fluorescent “ d’une méduse.

La fabrication d’O.G.M. a été rendue possible grâce aux énormes progrès qu’a connus la biologie moléculaire ces 25 derniers années. La manipulation génétique consiste à modifier et à transférer un gène d’une espèce à une autre. Elle permet de produire des organismes vivants présentant une combinaison de caractères nouveaux qui n’existent pas à l’état naturel. Les O.G.M. peuvent être des plantes, des animaux, ou des micro-organismes.

 

  • 1983 : Les premiers essais en laboratoire sont réussis sur du tabac de Belgique.


 

  • 1987 : Du maïs transgénique est cultivé pour la première fois aux Etats-Unis.


 

  • 1990 : Première commercialisation d’une plante transgénique. Il s’agit de tabac résistant à un virus, en Chine.


 

  • 1994 : Les premiers aliments issus d’O.G.M. sont commercialisés aux Etats-Unis : des tomates qui mûrissent plus lentement.


 

  • 1997 : La culture de variétés transgéniques se généralise dans le monde.


 

  • 1998 : Les cultures commerciales de plantes transgéniques couvrent près de 28 millions d’ha, répartis inégalement sur 9 pays. L’Amérique du Nord essentiellement utiles à l’agriculture industrielle : le soja, le maïs modifié devient résistant aux insectes. Tomate, tabac, courgettes modifiées deviennent plus résistants aux virus. Le Colza modifié donne une huile plus riche, de meilleure qualité. En France, la vente de semences de trois variétés de maïs transgéniques est autorisée par le ministère français de l’Agriculture. La France devient le premier pays d’Europe à cultiver des O.G.M.


 

  • 1999 : 40 millions d’hectares de plantes transgéniques sont cultivés dans le monde.


 

  • 2000 : Nouvelles règles européennes d’étiquetage. Si la quantité d’O.G.M. contenue dans un produit dépasse 1%, cela doit figurer sur l’étiquette.


 

  • 2002 : Près de 60 millions d’hectares de plantes transgéniques sont cultivés dans le monde. L’Europe ratifie le Protocole sur la biosécurité, dit Protocole de Carthagène. Il rend obligatoire aux pays signataires de mettre à disposition des publics concernés dans les informations relatives aux risques pouvant être engendrés par la circulation et les échanges d’O.G.M.


 

  • 2004 : 81 millions d’hectares de plantes transgéniques sont cultivés dans le monde. La Suède donne son feu vert à des pommes de terre génétiquement modifiées.


 

  • 2005 : Aux Etats-Unis, les cultures O.G.M. représentent 87% des surfaces américaines de soja, 79% de celles de coton et 52% de celles de maïs. 90 millions d’hectares de plantes transgénique sont cultivées dans le monde.

  • Tout d’abord il faut savoir que rien de ce que nous mangeons, depuis que l’homme s’est sédentarisé, n’est naturel. Les plantes cultivées et les animaux élevés sont les fruits de très nombreuses générations de sélection dirigées.


     
  • La diversité génétique des semences donne aux agriculteurs la possibilité de procéder à des sélections et à des essais, afin d’obtenir de nouvelles variétés plus productives, plus résistantes aux parasites, aux maladies et aux conditions naturelles (sols, températures, etc.) Dans les Andes, par exemple, des communautés agricoles utilisent quelque 3 000 variétés de pommes de terre. Les O.G.M. permettraient de lutter plus efficacement contre la famine et la malnutrition, d’autant que la population mondiale ne cesse de croître et ces problèmes de s’aggraver.


     
  • En l’état actuel des connaissances, il n’y a pas de certitude quant aux risques encourus par les populations du point de vue sanitaire. Les partisans des O.G.M. mettent au contraire en avant qu’ils seraient moins dangereux pour la santé que bien des produits que l’on consomme déjà, rappelant que l’emploi de pesticides, insecticides, colorants, conservateurs font encourir, eux, des risques bien réels.


     
  • Les O.G.M. permettraient de fabriquer en plus grand nombre des médicaments issus de principes actifs des plantes, et donc à des coûts plus bas. C’est donc l’ensemble de la population mondiale qui pourrait en bénéficier, et non plus seulement les pays riches.

  • Les adversaires des O.G.M. soulignent le risque de dissémination des gènes insérés dans les populations naturelles. Les espèces modifiées, mieux armées contre les parasites par exemples, aurait un net avantage par rapport aux autres d’une même niche écologique, ce qui pourrait conduire à la disparition des plus faibles. Or, si celles-ci sont faibles face aux parasites, elles sont peut-être beaucoup mieux armées face à d’autres menaces. Et leur disparition risque d’être une grande perte pour l’humanité.


  

  • C’est aussi, hélas, une affaire de sous... Les semences O.G.M. coûtent cher, beaucoup plus cher que les autres semences. De plus, elles ne sont pas forcément reproductibles par les cultivateurs d’une année sur l’autre, surtout si un gène de stérilité y a été introduit. Chaque année, les cultivateurs (dont ceux des pays les plus pauvres) doivent donc se réapprovisionner, auprès de grandes firmes agro-alimentaires, le plus souvent américaines. D’où certains pensent que les plus grands bénéficiaires des O.G.M. ne seraient pas ceux qui en ont réellement besoin (pour résoudre les problèmes de famine ou de malnutrition) mais ceux qui les produisent...

Un organisme génétiquement modifié (OGM) est un organisme vivant dont l’ADN a été bricolé pour le doter de propriétés qu’il ne possédait pas naturellement.



Aujourd’hui, la création d’OGM sert surtout, dans l’agriculture, à rendre une plante résistante à un herbicide ou à la modifier pour qu’elle produise elle-même un insecticide, ou les deux. Ainsi, cela permet d’utiliser des herbicides sans crainte de tuer ces plantes génétiquement modifiées, et d’éviter le recours à un insecticide pendant la croissance des plantes puisqu’elles le sécrètent elles-mêmes.



Cependant, ce qui peut apparaître comme un progrès présente en réalité de nombreux risques.



Menaces et dangers des OGM

Menaces sur l’environnement : une contamination incontrôlable

La mécanique est simple : les OGM sont des organismes vivants. Ils peuvent donc se reproduire et opérer des croisements avec d’autres plantes dans la nature. Aucune mesure ne permet de prévenir réellement ces contaminations croisées. Or elles présentent un risque de dommages irréversibles pour la biodiversité et les écosystèmes.



À cela s’ajoute d’autres menaces sur l’environnement. Sur une plante génétiquement modifiée, l’agriculteur peut utiliser des herbicides tout au long de la pousse : la plante a justement été conçue pour résister aux herbicides ! Cela entraînera la pollution des sols et des nappes phréatiques. Dans le cas d’un OGM qui produit son propre insecticide, c’est le même schéma. Par ailleurs, les insectes peuvent développer une résistance à l’insecticide à force d’y être exposés. Sans compter que de nombreux insectes non ciblés par l’insecticide sont également affectés par son utilisation (papillons, coccinelles…).



Menaces sur les équilibres économiques et sociaux

Les industriels des OGM voudraient nous faire croire que ces organismes modifiés sont la solution à la faim dans le monde. Les chiffres prouvent le contraire : les OGM n’augmentent pas significativement les rendements agricoles. Pire : leur utilisation, avec celle des pesticides associés, augmentent les coûts de production des agriculteurs. Ces derniers sont les premières victimes de ce cycle économique infernal et nombre d’entre eux se retrouvent ainsi au pied du mur ! Et si les OGM ne peuvent être une solution à la faim dans le monde, c’est tout simplement parce que les industriels de l’agro-alimentaire ne les ont pas conçus pour ça.



Ces multinationales mentent quand elles prétendent pouvoir sauver la planète. La meilleure preuve, c’est que les cultures d’OGM sont exportées vers les pays riches et destinées essentiellement à la nourriture animale et/ou à la production de biocarburants. Elles imposent leur loi aux agriculteurs, voire aux États. Les OGM ne sont pas la réponse. Ils sont le problème, un danger pour la sécurité alimentaire mondiale.



Menaces éthiques

Les OGM posent un problème éthique fondamental : le choix de quelques-uns met en péril la liberté du plus grand nombre.



La culture des OGM empêche toute autre forme d’agriculture. Pour arriver à créer une étanchéité toute relative entre cultures OGM et non-OGM, ces dernières nécessitent des investissements importants. Le surcoût pour un agriculteur non-OGM est ainsi estimé en 2008 de 5 à 37 euros par tonne de maïs non-OGM. C’est clairement une atteinte au principe du pollueur-payeur. Les questions éthiques posées par les OGM appellent à un débat national et européen.